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Macron tente de gagner du temps… au risque de grever encore sa majorité

à travers l’Associated PressMacron tente de gagner du temps… au risque de forcer encore plus sa majorité

POLITIQUE – Après avoir consulté l’opposition, Elizabeth Bourne le dira. Le président de la République a pris la parole samedi 25 juin pour participer, dans un entretien à l’AFP, à une sorte d’opération de clarification une semaine après son échec à obtenir la majorité absolue à l’Assemblée lors des élections législatives.

Le Premier ministre, confirmé à son poste, en “durée”, est chargé de discuter avec les groupes parlementaires d’un “accord de gouvernement” afin de constituer une équipe “d’action” pour pallier l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale. … qui ressemble beaucoup à celui de la semaine dernière, entre consultations et négociations.

Malgré ces quelques précisions – et la confirmation du déplacement du RN et de LFI dès les négociations à venir – Emmanuel Macron reste dans le flou sur sa stratégie pour sortir du blocus au Palais Bourbon. Quel édifice politique veut-il ? Accord gouvernemental ? Majorité au cas par cas ? Des rassemblements à venir ? Elizabeth Bourne doit remettre les premières propositions au chef de l’Etat jeudi 30 juillet, après son retour du G7 et du sommet de l’Otan.

Les doutes de Bayrou

Un nouveau délai, après les 48 heures laissées à l’opposition, sonne comme une tentative pour l’exécutif de gagner un peu de temps supplémentaire face à la situation politique délicate du pays. Rien d’anormal pour Emmanuel Macron, le “chef de l’horloge”, peu enclin à répondre aux urgences.

Mais dans ce contexte inédit, la majorité, déjà divisée sur le soutien de Mathillon à Elizabeth Bourne, commence à montrer des signes d’impatience ou d’interrogations. Tel est le cas de l’un des plus lourds de l’entourage présidentiel, François Bayrou. Le chef du MoDem et allié majeur du chef de l’Etat ne semble pas avoir bien compris l’intérêt des discussions qui vont s’engager à Matignon autour d’Elizabeth Bourne.

“Je ne crois pas que cela puisse se faire par des accords avec les partis”, a-t-il insisté à plusieurs reprises sur BFMTV ce dimanche, interrogé sur le nouveau cycle de discussions entre le Premier ministre et les leaders de l’opposition. Le maire Poe, après avoir plaidé pour un locataire “politique” plutôt que “techno” de Matignon, n’a d’ailleurs pas caché ses désaccords avec le président de la république sur le fait que certaines formations soient écartées du débat public.

Une habitude pour François Bayrou, toujours prompt à faire entendre sa petite musique, même si elle contredit celle du chef de l’Etat. Plus problématique pour Emmanuel Macron, le patron du MoDem n’est pas le seul à émettre des doutes sur le cours des événements.

Des ministres battus mais soutenus

Certains préfèrent parler à une personne fermée pour raconter le semblant de tension qui s’installe chez Macroni face aux déboires de l’exécutif. Le changement, prévu début juillet, aura du mal à convaincre ceux qui s’inquiètent de ce report et du soutien actuel des ministres vaincus aux législatives.

“Il ne faut pas perdre trop de temps avant de commencer à travailler. Il ne faut pas laisser la suspicion s’installer », grinçait l’un des leaders de la majorité auprès du HuffPost en fin de semaine dernière, interrogé sur les cas Monschalin, Bénin et Bourguignon. Et l’élu de citer la période de latence de ces dernières semaines en exemple non reproductible : « La campagne pour les législatives a déjà été difficile avec ce tunnel, où Jean Castex a repris le rôle de premier ministre alors qu’il était au départ . (…) La vacance n’est jamais une bonne chose.»

Il est clair que cette situation, sous la forme d’un intermédiaire, est en fait testée pour l’inaction. La ministre des Outre-mer Yael Brown-Pivet, par exemple, est largement critiquée dans les Outre-mer depuis qu’elle a annoncé sa volonté de briguer la présidence de l’Assemblée nationale… loin de leurs préoccupations.

“Des territoires sensibles qui ont largement fait entendre leur colère lors de la dernière élection législative”, a déclaré jeudi notre source à la majorité, regrettant le concours de circonstances. “Ils ont besoin d’un ministre à plein temps pour prendre des décisions”, nous a-t-il dit. Hélas, Yael Brown-Pivet a depuis démissionné.

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