Des habitants des régions de Louhansk et de Donetsk votent lors d’un référendum sur les régions rejoignant la Russie, à Sébastopol, en Crimée, le 23 septembre 2022. AP
Sept mois après le début de l’invasion de l’Ukraine par Moscou, les habitants des régions ukrainiennes séparatistes ou occupées par la Russie votent samedi 24 septembre lors d’un référendum sur l’annexion. Ouverts vendredi, les bureaux de vote resteront ouverts jusqu’à mardi. Ces élections, rejetées d’avance par Kyiv et ses alliés occidentaux, sont organisées dans les régions séparatistes de Donetsk et Louhansk (à l’est) et dans les régions occupées par la Russie de Kherson et Zaporijia (au sud).
Dans son discours quotidien à la nation vendredi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé le reste du monde à condamner les consultations. “Le monde réagira avec la plus grande précision aux pseudo-référendums” et ils “seront condamnés sans équivoque”, a-t-il assuré. Le répétant, le président américain Joe Biden a averti la Russie que les États-Unis « travailleraient avec [leurs] alliés et partenaires pour imposer des mesures économiques supplémentaires rapides et sévères à la Russie » si elle annexe un territoire en Ukraine.
“Les référendums russes sont une imposture, un prétexte pour tenter d’annexer par la force des parties de l’Ukraine”, a condamné M. Biden, qui a déjà pris plusieurs séries de sanctions économiques et financières contre le régime de Vladimir Poutine, dans un communiqué. “Nous savons que ces référendums seront manipulés”, a déclaré Karin Jean-Pierre, porte-parole de la Maison Blanche.
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Des manifestations ont été organisées en soutien au vote en Russie
Dans un communiqué commun, les pays du G7 – Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni – ont appelé “tous les pays à rejeter sans équivoque ces référendums fictifs”, des “simulacres” qui n’ont “aucun effet juridique”. ou la légitimité. . Sans aller jusqu’à condamner les sondages, la Chine, partenaire le plus proche de Moscou, s’est néanmoins mise à critiquer, appelant au respect de “l’intégrité territoriale de tous les pays”.
Des centaines de bureaux de vote ont dû être ouverts dans les quatre territoires et d’autres en Russie pour que les personnes déplacées puissent voter. “Nous espérons qu’après le référendum, ils arrêteront de nous bombarder, que nous aurons la paix et l’ordre”, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Vladimir Chotov de la région de Louhansk, au bureau de représentation de Donetsk à Moscou.
Un rassemblement organisé à Saint-Pétersbourg, en Russie, en soutien aux référendums d’annexion dans les régions d’Ukraine sous contrôle russe, le 23 septembre 2022. OLGA MALTSEVA / AFP
Dans la capitale russe, mais aussi à Saint-Pétersbourg et dans d’autres villes, les autorités ont organisé des manifestations de soutien au vote avec de nombreux drapeaux et slogans. “Ces référendums sont un pas vers cette paix”, a déclaré Viktor Souvorov, 40 ans, participant au rassemblement à Moscou, à deux pas de la Place Rouge.
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En Ukraine, à Shevchenkove, le responsable ukrainien Andriy Kanachevych a lui-même protesté auprès de l’AFP contre les élections “illégales”. “Honnêtement, c’est de la merde”, s’exclame-t-il. “Toute annexion d’un territoire appartenant à un État par un autre État à la suite de la menace ou de l’usage de la force constitue une violation de la Charte des Nations Unies et du droit international”, a averti le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
Près de 450 corps exhumés à Isium
Une commission d’enquête de l’ONU a également admis que “des crimes de guerre ont été commis en Ukraine”, évoquant notamment des bombardements russes de zones civiles, des exécutions, des actes de torture, des mauvais traitements ainsi que des violences sexuelles.
Dans le même temps, les autorités ukrainiennes ont annoncé avoir exhumé 447 corps d’un cimetière de masse à Izium, ville reprise aux Russes dans le nord-est du pays, précisant qu’il s’agissait de 425 civils – dont 5 enfants – et de 22 militaires. Ukrainiens.
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Le gouverneur de l’oblast de Kharkiv, Oleg Sinekhubov, a déclaré que “la plupart présentaient des signes de mort violente et trente présentaient des signes de torture”, tels que des mains liées, des membres cassés ou des “organes génitaux amputés”. Moscou nie avoir commis ces crimes et a qualifié la découverte des tombes d’Izyum de “mensonge”.
Le monde avec l’AFP
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