Le maire de Lille Martin Aubrey lors d’une manifestation contre le racisme et l’extrême droite, le 5 février 2022 DENIS CHARLET / AFP
Elle soutient l’accord entre le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI), “non sans de grandes réserves”, mais “appelle les socialistes” à le confirmer. Silencieux ces derniers jours, le maire de Lille Martin Aubrey a finalement annoncé son élection dans un communiqué diffusé jeudi matin, quelques heures plus tard par le Conseil national du parti, prévu à 19 heures, pour envisager la veille un accord avec LFI.
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“Je partage les propositions de justice sociale telles que l’augmentation du pouvoir d’achat, la retraite à 60 ans pour tous ceux qui sont épuisés par le travail, la protection des services publics, notamment l’école et la santé, l’égalité entre les hommes et les femmes, le développement de la culture. Je soutiens clairement les mesures en faveur d’une action décisive pour le changement climatique, ainsi que pour plus de démocratie », a commencé Mme Aubrey, notant que « cet accord n’est pas à tous égards [ses] convictions profondes ».
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“J’ai de grandes réserves sur l’Europe”, prévient-elle. “Autant le fonctionnement actuel de l’Union européenne, qui a trop favorisé la libéralisation économique et échoué à protéger les plus vulnérables face aux ravages de la mondialisation, est critiquable, autant la place de la France est et reste dans l’UE”, a-t-elle déclaré. Aubrey. “Le non-respect des contrats et des directives n’est pas une option. Les réviser pour plus de justice sociale et environnementale, en revanche, doit être notre objectif. Nous devons le faire en nous battant en interne, notamment avec des pays qui sont dirigés par une majorité à gauche », a déclaré le socialiste.
“Forte poursuite de l’unité et de l’unité”
“Je suis conscient des limites de notre proposition d’accord. Comme tout accord pour opposer la droite et l’extrême droite, il suppose que chacun fasse des pas vers l’autre. Pendant trop longtemps, nous, à gauche, n’étions plus habitués à cela, décourageant beaucoup de ceux qui plaçaient sur nous leurs espoirs d’un avenir meilleur”, a encore écrit Mme Aubrey, disant qu’elle comprenait “qu’un tel accord puisse être une déception pour les candidats”. du Parti socialiste, qui préparaient leur candidature dans toutes les circonscriptions du pays. »
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“Les électeurs de gauche ont cependant exprimé une forte volonté de rassemblement et d’unité lors du premier tour de l’élection présidentielle. Ce message doit être entendu. C’est pourquoi j’appelle les socialistes à confirmer ce projet d’accord », a-t-elle poursuivi, avant de conclure :
Répondons à ce que les femmes et les hommes de gauche attendent de nous et mettons tout en œuvre pour que le plus grand nombre d’élus de gauche soit présent à l’Assemblée nationale pour barrer la route au projet défendu par Emmanuel Macron et le candidats de La Repubblica dans les Marches.
Un certain nombre d’« éléphants » du PS ne veulent pas de cet accord
Un appel rappelant une lettre mercredi des maires socialistes Natalie Aperi (Rennes), Benoit Arive (Cherbourg en Cotentin), Olivier Bianchi (Clermont-Ferrand), Mathieu Klein (Nancy), Johanna Roland (Nantes), Cédric Van Styvendael Villeurbanne), qui tenir compte de la répartition des candidatures sur nos territoires, qui reflète inégalement les actions de nos majorités locales. “En réponse, nous appelons les socialistes à approuver cet accord, qui ouvre la perspective d’un rapprochement entre gauchistes et défenseurs de l’environnement”, ont-ils écrit.
Pourtant, pour de nombreux “éléphants” et élus du PS, il ne peut s’agir de se ranger sous la bannière de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) – qui fédère La France insoumise (LFI), le Parti communiste français ( PCF) et Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Et ce malgré le résultat historiquement bas constaté par leur candidate Anne Hidalgo à l’élection présidentielle (1,75%).
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Parmi les plus farouches opposants à l’accord avec les insoumis figurent l’ancien ministre de l’Agriculture Stefan Le Fol, l’ancien ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a annoncé mercredi son départ, et l’ancien secrétaire général parlementaire Jean-Christophe Cambadelis, président de la région Occitanie Carol Delga, ainsi que l’ancien président François Hollande. Chacun estime que sa ligne politique est incompatible avec celle jugée radicale par Jean-Luc Melanchon sur l’Union européenne, la laïcité, les institutions ou la question des retraites.
Pour que la fronde fleurisse, les opposants à ce mariage entendent non seulement souligner leurs divergences d’opinion avec les “rebelles”, mais aussi mettre en avant le petit nombre de circonscriptions obtenues par le PS lors des négociations. Au nombre de soixante-dix, dont une trentaine, jugées rentables, elles sont en effet loin des plus de trois cents investies par PS en 2017.
Rassemblement pour la victoire
Le premier secrétaire du Parlement, Olivier Faure, a défendu l’accord conclu avec les “rebelles” jeudi matin sur BFM-TV. Il considère que « le vrai parti socialiste est un parti socialiste qui a accepté dans son histoire d’être un parti qui combat [François] Mitterrand, s [Lionel] Jospin, qui a accepté l’idée d’aller vers une forme de radicalité.
Le premier secrétaire a admis qu’il “ne sait pas[t] pas ce que ce sera[it] la décision » du Conseil national du PS. ” Je crois [aux membres du conseil national]. Je leur dirai où nous sommes. “Nous devons tenir compte du fait que la gauche doit s’unir pour gagner”, a-t-il déclaré. Pour saluer l’accord en vue des législatives, M. Faure a expliqué qu’il ne souhaitait pas “étaler le tapis rouge sous les pieds de la majorité présidentielle, ce qui entraînera une grave régression pour les Français et les Françaises”. “Nous avons déjà vécu la réforme de l’assurance-chômage. Nous préparons maintenant la réforme des retraites. »
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