Seize mois après le meurtre de Meryem Bundaui, 15 ans, un crime qui a suscité l’indignation publique, les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont arrêté le premier suspect lundi matin, ont confirmé des sources de La Presse.
Publié à 12:58 Mis à jour à 14:02
Daniel Reno La Presse
Salim Tuaibi, 26 ans, a déjà été arrêté pour un autre crime et a été interpellé au centre de détention Riviera de Prairie.
Il sera accusé du meurtre au premier degré de Meryem Bundawi lundi après-midi au palais de justice de Montréal. Il sera également accusé de tentative de meurtre sur quatre autres personnes qui se trouvaient sur les lieux lorsque le crime a été commis.
Il y a quelques jours, Tuaibi a plaidé coupable à des accusations de possession non autorisée d’une arme à feu et de conduite désordonnée dans une autre affaire. Sa peine sera prononcée plus tard. Dans la même affaire, il a été acquitté des charges de détention forcée, de vol et d’usage d’armes à feu.
En 2020, Salim Tuaibi a été condamné à 24 mois de prison pour une autre affaire de possession d’armes à feu, mais en soustrayant le temps passé en détention provisoire, il lui restait cinq mois à purger.
Tuaibi a également des antécédents de trafic de drogue depuis 2017, pour lesquels il a été condamné à 90 jours de prison.
Une victime innocente
Meryem Bundaui, une Algérienne d’origine qui était à Montréal pour étudier et qui vivait avec sa sœur à La Prairie, a été abattue le 7 février 2021. Elle devait avoir 16 ans le mois prochain.
Elle était avec un ami, passager d’une voiture immobilisée dans le stationnement d’une boulangerie de la rue Jean-Talon, dans le Petit Maghreb, dans le quartier Saint-Léonard, lorsque le crime a été commis.
PHOTO PATRICK SANFASON, ARCHIVES LA PRESSE
Trois obus ont traversé la vitre de la voiture dans laquelle conduisait Meryem Bundawi avant d’atteindre la jeune fille de 15 ans à la tête.
Selon nos informations, le jeune homme qui accompagnait l’adolescent parlait à d’autres jeunes lorsqu’une voiture avec deux personnes à son bord est passée à proximité du groupe se tenant près du véhicule et a ouvert le feu dans sa direction.
L’un des jeunes hommes se tenant près du véhicule a été blessé, mais des obus ont touché la tête de l’adolescente assise dans la voiture et elle est morte sur le coup.
Immédiatement après ce crime, qui a choqué le public, les enquêteurs en chef du SPVM ont lancé une enquête d’envergure, au cours de laquelle ils n’ont pas lésiné sur l’argent. Cette enquête est toujours en cours, soit dit en passant.
Selon des sources, Tuaibi conduisait le véhicule utilisé au moment du meurtre. Ce véhicule, dans lequel on tenterait d’effacer les traces du crime, serait retrouvé par les enquêteurs.
Conflit entre deux groupes
Selon nos informations, la cause du crime est une dispute entre deux groupes, survenue à la suite d’un vol commis à l’extérieur du Québec, et un conflit entre deux familles en raison d’un problème de stationnement.
Après le meurtre, des proches de la victime ont déclaré que les suspects étaient connus dans la région.
Un an après le drame, en février dernier, des proches et amis de la famille de Meryem Bundawi ont commémoré sa mort, disant qu’ils espéraient que justice serait rendue.
“Ce fut une longue enquête, les enquêteurs travaillent très dur pour rassembler des preuves. Meryem Bundawi n’a rien à voir là-dedans. Il était une victime innocente d’un crime qui n’aurait jamais dû être commis. Je suis très content », a déclaré à La Presse l’ancien chef du SPVM Sylvain Caron, qui était encore en poste au moment du début de l’enquête.
Les enquêteurs en chef du SPVM sont également déterminés à faire la lumière sur le meurtre d’un autre adolescent l’an dernier, celui de Thomas Trudel, dans une ruelle du nord de la ville en novembre.
Selon nos informations, la principale hypothèse encore privilégiée par la police pour ce crime est le « scoring », c’est-à-dire que les suspects choisiraient au hasard une victime sur le territoire d’un groupe ennemi pour faire passer un message.
Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, domestique 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou envoyez un courriel à La Presse.
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