Monseigneur Dominic Ray aurait donc attendu le jour où il devait ordonner quatre prêtres pour reconsidérer la demande du Vatican de “suspendre” ces ordinations. Dimanche 26 juin, dans un communiqué publié sur le site de son diocèse, Fréjus-Toulon, il est revenu sur “cette décision romaine (qui) a causé des problèmes judiciaires” et “une grande émotion dans tout le diocèse”.
Adressant ses premiers mots aux ordres qui vivent “ce moment avec douleur et poids”, Mgr Ray a reconnu que “cette résiliation de l’ordination nécessite une action et une clarification supplémentaires”. C’est pourquoi il est “en dialogue” avec le Saint-Siège – et “plus directement” avec le cardinal Mark Wellett, préfet du diocèse des évêques, co-auteur de la décision – pour “trouver tous les moyens possibles d’améliorer le fonctionnement du diocèse, le soutien des communautés.” , l’accueil et la formation des vocations”.
En effet, tout en déclarant “je veux poursuivre” l’acceptation généralisée des collectivités de Fréjus-Toulon, M. Ray a formulé un mea culpa, reconnaissant qu’il “pourrait faire des erreurs de reconnaissance” sur cette question, tout comme avec l’accompagnement de ” certains prêtres” de son diocèse. “A tous ceux qui ont eu à souffrir, je demande sincèrement pardon”, a-t-il écrit avant de poursuivre : “Avec votre aide, nous devons certainement avancer et améliorer notre façon de concilier audace et prudence, liberté et responsabilité. , et prendre toutes les mesures nécessaires. »
“Affiliation” du séminaire à l’Eglise catholique de Lyon
Disant qu’il “attend les décisions romaines”, Mgr Ray a déjà indiqué quelques orientations – témoignant ainsi que, contrairement à certaines rumeurs, il ne prévoit pas que sa mission à Toulon ne se poursuive pas. Il déclare vouloir « renforcer les modalités d’observation des différentes communautés accueillies », « rendre plus fluides les rapports entre les différentes sensibilités liturgiques », « œuvrer à l’unité » et adopter une « plus grande présence fraternelle » dans les 250 prêtres du diocèse, notamment par des visites pastorales.
Le séminaire de Castille, lieu diocésain de formation des futurs prêtres et donc directement marqué par la demande du Saint-Siège, devra aussi voir “des aménagements pour un équilibre toujours plus fructueux”. Parmi ces éléments, cités par l’évêque de la Communauté Emanuel, il y a notamment un “projet d’intégration à la Faculté catholique de Lyon” et un “projet de formation inter-séminaire en Provence” – deux éléments qui permettraient d’intégrer formation en un tout plus grand et donc moins indépendant. Mgr Ray a également déclaré vouloir travailler à “l’amélioration du repérage et de l’identification des séminaristes” qui viennent de “communautés aux sensibilités liturgiques et aux charismes ecclésiaux différents”.
Un « lien de confiance » avec Mgr Avellin
La lettre de l’évêque de Fréjus-Toulon se terminait par l’assurance qu’il « entretenait » une « relation de confiance » avec M. Jean-Marc Avellin, archevêque de Marseille, qui avait visité le séminaire de Castille avant la décision romaine. « Je travaille fraternellement (avec lui) », dit Mgr Ray.
Le jeudi 2 juin, un communiqué de Mgr Ray annonçait que le Saint-Siège lui avait demandé de “suspendre” les ordinations presbytérales et diacres prévues quelques semaines plus tard. Comme d’habitude, le Vatican a refusé de commenter la demande, qui a été brutalement acceptée dans le diocèse. Une enquête de La Croix à Rome et dans le Var a révélé que la mesure avait été prise après de graves exactions dans certaines communautés, saluées par celui qui dirige depuis vingt-deux ans le diocèse de Fréjus-Toulon.
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