Des captures d’écran d’un rapport publié en novembre 2021 circulent sur les réseaux sociaux. On y voit notamment des prévisions selon lesquelles une épidémie de monkeypox débutera en mai 2022. Explications.
Il faut dire que c’est gênant. Un rapport publié en novembre 2021 propose des simulations pour un exercice dans lequel une épidémie va se produire. Mais il s’avère que les scientifiques basent leurs prédictions sur l’émergence d’une nouvelle souche de… monkeypox.
Dans les captures d’écran transmises sur Twitter, on voit notamment que le virus est mentionné pour la première fois le 15 mai 2022 et que les scénarios envisagent la propagation rapide du monkeypox, ce qui donne lieu à certaines théories du complot.
Le scénario de l’épidémie de variole a été planifié il y a plus d’un an, en mars 2021, par The Nuclear Threat Initiative (NTI) (p. 12) – https://t.co/IZZMkaievO …
Une coïncidence? Exactement au jour le jour. Extrêmement suspect. pic.twitter.com/hFGMEKebhv
– #Eric #Dystoshow\u00ae\ufe0f (@dystoman) 20 mai 2022
C’est quoi ce rapport ?
Il s’agit du rapport d’un exercice de simulation réalisé en mars 2021 et publié en novembre par la Nuclear Threat Initiative (NTI). L’ONG travaille à “réduire les menaces nucléaires et biologiques pour l’humanité”, a déclaré Checknews, qui s’intéresse au document.
Dans l’introduction du rapport, l’objectif du rapport est énoncé dès le début : “NTI s’associe à la Conférence de Munich sur la sécurité pour mener un exercice d’analyse comparative sur la réduction des menaces biologiques à fort impact”. Cette étude intervient en réponse à la pandémie de Covid-19.
« Tant que les dirigeants nationaux et mondiaux se concentrent correctement sur les appels immédiats à une réponse au COVID-19, la communauté internationale ne peut pas retarder la mise en œuvre des mesures nécessaires pour se protéger contre les futures menaces biologiques », indique le rapport.
Pourquoi le monkeypox est-il mentionné ?
Dans cette histoire, les chercheurs expliquent qu’ils ont utilisé un exercice de simulation dans lequel le scénario était le suivant : “Une pandémie mondiale mortelle impliquant une souche inhabituelle du virus de la variole du singe qui est apparue dans la nation fictive de Brinia et s’est propagée dans le monde entier en 18 mois. .”
Pourtant, le choix de ce virus, mis en parallèle avec son apparition récente, est une coïncidence troublante. Très en vue dans ce contexte, NTI a décidé de mettre en ligne une page de questions-réponses pour offrir plus de transparence à ce rapport.
Lorsqu’on lui a demandé pourquoi le monkeypox avait été choisi pour l’étude, la réponse a été : “L’un des facteurs de sélection du monkeypox était la valeur de choisir un agent pathogène avec des caractéristiques différentes du virus SARS-CoV-2, ce qui a encouragé les participants à l’exercice à considérer des problèmes au-delà de ceux qui ont déjà mis en lumière par la pandémie actuelle. »
Que fait Bill Gates dans cette histoire ?
Parmi les théories du complot répandues sur les réseaux sociaux, le nom de Bill Gates apparaît régulièrement. Avec ce scénario imaginant une pandémie de monkeypox, certains internautes ont fait un raccourci vers l’OMS, tandis que d’autres accusent Bill Gates d’être derrière tout ça.
Le programme monkeypox existe depuis mars 2021 dans le rapport de simulation NTI. Nous sommes confrontés à un CRIME CONTRE L’HUMANITÉ, fomenté par Bill Gates, Biden Macron et d’autres. Objectif : Réduire la population mondiale grâce à la sélection naturelle # BillGatesBioTerrorist pic.twitter.com/1OwHVxhRQb
— Éric Naish (@ERIC_MINOT) 22 mai 2022
Pourquoi : Puisque la Fondation Gates est l’un des contributeurs financiers de NTI, Jaime Yassif, l’un des employés de l’institution, a confirmé à l’AFP.
A la place prise par l’OMS ou encore Bill Gates dans l’élaboration de ce scénario, ce dernier précise que “même si un membre de chacune de ces organisations a participé à la simulation en tant qu’expert individuel, aucune de ces organisations n’a joué de rôle dans son organisation ou “Ni la Fondation Gates ni l’OMS n’ont joué de rôle officiel dans l’exercice.”
Doit-on avoir peur du scénario prévu ?
Le premier cas confirmé de monkeypox a été découvert au Royaume-Uni le 7 mai. De nouveaux cas sont rapidement apparus dans divers pays européens et, le 21 mai, l’OMS a confirmé le virus dans douze pays hors d’Afrique, où la variole est courante. En France, le premier suspect aurait été retrouvé le 19 mai.
Cependant, dans le scénario imaginé par les scientifiques, les premiers cas de ce modèle de singe modifié sont apparus le 15 mai. “Nous n’avons aucune raison de croire que l’épidémie actuelle implique un agent pathogène modifié, car nous n’avons pas vu de preuves convaincantes pour étayer une telle hypothèse”, a déclaré NTI dans ses questions et réponses.
Pour l’institution, il s’agit d’une coïncidence, qui n’est pas suspecte étant donné que ce virus est déjà très bien documenté, a déjà fait l’objet de tels scénarios et figure “sur la liste des agents et toxines sélectionnés aux États-Unis, sur la base de son potentiel constituent une menace sérieuse pour la santé humaine et animale. »
L’OMS se veut rassurante
Interrogée ce lundi 30 mai, dans le cadre d’un point presse, Rosamuld Lewis, spécialiste de la rougeole du singe à l’organisation, a tenu des propos rassurants sur la situation actuelle.
“Nous ne sommes pas actuellement préoccupés par une pandémie mondiale. Il est encore possible d’arrêter cette épidémie avant qu’elle ne se propage.” A ce jour, dix-sept cas de monkeypox ont été confirmés en France, dont deux en Occitanie.
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