France

“Nous n’avons pas de bars gays ici dans les zones rurales”, a déclaré l’association LGBT + Mayen.

La municipalité s’y prépare depuis plusieurs jours : banderoles avec un arc-en-ciel sur la façade de la mairie, affiches collées un peu partout… Pour sa première marche des fiertés, samedi 18 juin, le centre LGBT+ du Mayen nommé La Gom’ Le 53, a vu de grandes choses : village associatif, marche et soirée officielle, le tout soutenu par la mairie de Laval.

“Cet événement permettra de montrer que les personnes LGBT sont présentes sur le territoire”, a déclaré Julien Bastin, co-fondateur et vice-président de Gom’53. Il sera temps de montrer que oui, nous sommes potentiellement vos boulangers, vos avocats, vos coiffeurs, les personnes que vous croisez tous les jours sans vous en rendre compte.

Des affiches placardées dans les rues de Laval (Mayenne) annoncent la marche des fiertés. (Le Gom’53)

Laval, 49 000 habitants en pleine campagne, n’est pas la ville où les homosexuels et les transgenres sont les plus visibles. La faute aux discriminations et à ces actions anti-LGBT, toujours d’actualité, rappelle Julien Bastin : “Certains entendent cinq ou six propos en se promenant à Laval. D’autres le sont parce qu’ils sont trop polis aux yeux de certaines personnes ou acceptent des remarques parce qu’ils osent tenir la main de leur camarade.” Jusqu’à ce qu’ils finissent par se cacher : la rue. “

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Aussi, il faut parfois vivre avec le sentiment d’être seul, voire rejeté. Mateo, 19 ans, en a payé le prix. Il a perdu un ami du lycée : “Il m’a refusé quand il a découvert que j’étais gay et du coup il n’a plus voulu me parler. Il me bloque de tous les réseaux sociaux. Il est très clair qu’il n’aime pas les personnes LGBT car il était très catholique, très religieux et ne le supportait pas du tout. »

18 juin 2022 : #Laval se mobilise pour protéger les droits de la communauté LGBTQI+. Ce samedi, à l’occasion des #marchedesfiertés, @LaGom53 en partenariat avec @Laval_la_Ville, propose un rassemblement festif depuis Boston Square. pic.twitter.com/AIOOg0eTvu

— Laval la Ville (@Laval_la_Ville) 17 juin 2022

Pour Pierre, 41 ans, la marche des fiertés est à la fois l’occasion de se mettre en valeur et de discriminer. “On n’a pas de bars gays ici !” Le bibliothécaire, natif de la capitale, assure qu’habiter à Paris ou à Laval, comme les personnes LGBT, ce n’est pas la même chose.

“Beaucoup de fenêtres sont décorées en prévision de la marche… Mais ce n’est pas toujours bien accueilli.” Preuve en est ce sentier aux couleurs de l’arc-en-ciel, détruit le lendemain de son installation. « C’est pourquoi cette marche est très importante », a-t-il conclu en invitant tous les Lavallois à participer à la marche, qu’ils appartiennent ou non à la communauté LGBT.