France

“Nous sommes à environ 500 000 € d’augmentation”

Les festivals sans restrictions sanitaires sont de retour cet été. Une bonne nouvelle à première vue pour les organisateurs. Mais entre pénurie de travailleurs non permanents (beaucoup ont quitté le métier pendant le Covid), suroffre et explosion des coûts de production, l’inquiétude ronge le secteur.

Comme chaque année, le Festival interceltique de Lorient, lancé à partir du vendredi 5 août, est l’un des plus fréquentés de France, avec près de 800 000 personnes devant les scènes. Pour cette édition 2022, les frais d’organisation explosent surtout en coulisses. “Nous augmentons d’environ 500 000 euros. C’est quand même beaucoup sur un budget de 7,3 millions”, explique Jean Peters.

Les dates estivales ont connu cette année des turbulences ponctuelles – canicule, pluies torrentielles, artistes annulés pour cause de Covid-19 – mais surtout structurelles. La liste des coûts croissants continue de s’allonger. “Nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter que ce sont des postes auxquels nous ne pouvons pas renoncer pour le festival”, explique Nadezh Kuruse, directeur de la production du King Arthur Festival., organisée fin août à Bréal-sous-Montfort, en Ille-et-Vilaine.

“Entre l’augmentation du carburant, l’augmentation de la nourriture, l’augmentation des matériaux, l’augmentation de l’assurance, tout est très important.”

Nadège Courussé, directrice de production du King Arthur Festival.

franceinfo

Quant au Festival Interceltique, les organisateurs ont eu une mauvaise surprise avec l’annulation d’une délégation irlandaise. “A la dernière minute, quelques jours avant le festival, l’entreprise dit non, car le prix qui avait été convenu n’était plus là intéressant. Alors on a pris beaucoup, environ 100 000 euros rien que pour ça », regrette Jean Peters. Mais pour le président du festival, pas question de renoncer à la délégation irlandaise. « Si vous n’avez plus d’Irlandais, ce n’est pas plutôt un festival interceltique », souffle-t-il.

Pour survivre, les festivals s’engagent à offrir la meilleure expérience aux festivaliers. Certains développent des parrainages. “Nous sommes environ 500 compagnies partenaires du festival”, souligne Julien Sauvage, directeur du festival Cabaret Vert à Charleville-Mézières (Ardennes). Mais ce n’est pas forcément pérenne sur le long terme : « Grâce à ça, on s’en est clairement sorti. Mais à un moment donné, cela aura ses limites. Et puis le prix du billet aujourd’hui sera, je pense, une vraie question”. Ce qui pose clairement la question de « modèle économique de nos événements », lâche Julien Sauvage. Un modèle économique déjà fragile. Aujourd’hui, pour être rentable, faire le plein est désormais indispensable. Selon lui, “les festivals ne peuvent pas se permettre moins de 90 à 95% d’occupation”.

Après deux ans de pandémie, les festivals de musique, désormais confrontés à l’inflation, peinent à récupérer leurs coûts – Reportage d’Arthur Fradin

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