“Il faut qu’elle s’occupe de ça”, s’amuse le directeur exécutif socialiste. Si Elizabeth Bourne devait rencontrer les différents présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée en début de semaine prochaine, le calendrier s’est accéléré. Le Premier ministre a finalement commencé ses rencontres le jeudi 23 juin 2022, et devraient se poursuivre jusqu’à vendredi soir.
>> Législatives : suivez l’actualité politique dans notre direct
Suite à l’accueil par Emmanuel Macron à l’Elysée en milieu de semaine de diverses oppositions, afin d’éviter le terrible “blocage institutionnel”, Elizabeth Bourne a continué à se concerter, cette fois par téléphone, diplomatiquement. Mais en coulisses, le ton est beaucoup plus faible : l’opposition n’attend pas grand-chose. Alors, dubitative, la députée Génération.S Sophie Ty-Polyan est sceptique : “On ne comprend pas de quoi il s’agit, d’autant que ce n’était pas très productif avec Emmanuel Macron.”
Toujours du côté de Nupes, Eric Cockerel de l’Insoumise s’interroge aussi : “Elle peut faire semblant de montrer qu’elle travaille pendant que Macron est parti.” Le chef de l’Etat s’est en effet rendu à l’étranger lors d’une série marquée notamment par la guerre en Ukraine. “Pourtant, on sait que ce n’est pas décidé par elle”, a conclu le député du Sen Saint-Denis. “Elle fait ce qu’elle aurait dû faire si le président ne l’avait pas complètement occultée en faisant elle-même ces consultations”, a déclaré le porte-parole du PS Pierre Jouvet. Et de demander, “Qu’est-ce qu’elle obtiendra de plus que lui n’obtient pas?”
Il n’y a qu’à droite que ces rencontres sont jugées utiles : “Macron devient un roi nu. Le chef du gouvernement est celui qui mène les coalitions en régime parlementaire et c’est là qu’on “va”, a théorisé le député LR Pierre-Henri Dumont, assez emballé par cette idée d’une majorité différente selon les textes proposés.
De son côté, la Première ministre Elizabeth Bourne a déclaré jeudi soir sur LCI ne pas “se poser de questions” sur son avenir à Matignon, malgré les appels à sa démission de l’opposition. Lorsqu’on lui a demandé si elle serait “prêtée”, elle a répondu : “Je ne me pose pas de telles questions, je suis en action”.
Aucune démission visible
Dès lors, Elizabeth Bourne reste soutenue par Emmanuel Macron… pour l’heure. Mais si “et c’est difficile”, avoue la ministre, “les coups les plus durs, elle les ramène à la maison”. Citant François Bayrou, qui attaque frontalement le Premier ministre, exhortant le locataire de Matignon “à faire de la politique, qu’on n’a pas le sentiment que la technologie gouverne le pays”. Pour autant, le fait qu’Emmanuel Macron ne l’ait pas mentionné lors de son allocution de mercredi soir n’est pas considéré comme “lâché”, selon un conseiller du gouvernement : “La ferraille à l’Assemblée, elle saura le faire”, a ajouté un autre, simplement comme ” négociation, elle l’a déjà montré avec les partenaires sociaux. » Et puis “remplacer le Premier ministre, pourquoi le faire ?”, ajoute-t-il.
Bref, l’idée du moment est de lui donner une chance. Jean Castex, qui a été sous le feu des critiques à son arrivée, est aussi souvent cité. D’autant que la séparation d’Elizabeth Bourne poserait un double problème à Emmanuel Macron : créer le sentiment qu’il se renie, d’abord, puis, ensuite, qu’il doit prendre en charge l’expulsion de la deuxième femme seule à Matignon, nommée là-bas. pendant 5 semaines. La précédente, Edith Cresson, a occupé le poste pendant 10 mois et 18 jours.
Add Comment