France

Ottawa fait la sourde oreille à la polémique sur le gouverneur général

Le gouvernement fédéral ne veut même pas entendre les arguments dans le dossier pour contester la nomination de la gouverneure générale Mary Simon, qui ne parle pas français.

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En fait, Ottawa s’apprête à déposer une requête en rejet d’une affaire de la Cour suprême intentée par Justice pour le Québec selon laquelle le représentant de la Reine au Canada doit être capable de parler dans les deux langues officielles.

«Cela veut dire qu’ils croient qu’il ne faut pas utiliser les ressources de la justice pour entendre cette cause», explique l’historien Frédéric Bastien, fondateur de la justice collective pour le Québec. Son équipe a reçu un avis de requête en destitution du procureur général du Canada, qui devrait être déposé d’ici le 25 novembre.

La Constitution

Contre les conventions, le gouvernement Trudeau a nommé Mme Simon à ce poste hautement symbolique, même si elle ne parle que l’anglais et l’inuktitut.

Mais Justice pour le Québec a jugé que le poste devait être comblé par une personne qui parle les deux langues officielles, en vertu de l’article 16 de la constitution canadienne. Celle-ci prévoit que le français et l’anglais « auront un statut, des droits et des privilèges égaux quant à leur usage dans les institutions du Parlement et du gouvernement du Canada ».

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Frédéric Bastien historien

L’équipe de M. Bastien est également encouragée par une décision de justice au Nouveau-Brunswick, où la nomination d’un lieutenant-gouverneur non monolingue a été jugée inconstitutionnelle. L’affaire a été portée en appel.

« Comment dans ce contexte peuvent-ils prétendre qu’il s’agit d’un détournement des ressources de la justice ? dit Frédéric Bastien.

L’historienne et militante est d’autant plus préoccupée par l’annonce que la fonction publique fédérale envisage maintenant de permettre la nomination de hauts fonctionnaires parlant une langue autochtone et une seule des deux langues officielles, au lieu du bilinguisme anglo-français actuellement requis.

Le cabinet du ministre fédéral de la Justice, David Lametti, n’a pas renvoyé notre plainte.

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