France

Pas d’éducation | Les centres de cours gratuits se multiplient

Inexistants au Québec il n’y a pas si longtemps, les centres de gratuité dits « écoles démocratiques » se sont multipliés au cours des trois dernières années. Le gouvernement cherche à légiférer pour éviter les dérives.

Posté à 5h00

Paroles : Tristan Péloquin La Presse

Photos : Olivier Jean La Presse

Par un bel après-midi du début juin, le Centre d’apprentissage libre Alternature près de Shawinigan bourdonnait d’activité et les enfants pleuraient. Au bord d’un lac surplombant un immense toboggan aquatique, six garçons de 6 à 10 ans se lancent joyeusement hors de la boue, et à quelques mètres de là huit filles du même âge apprennent une pièce qu’elles présenteront à leurs parents pour la fête de la fin de l’année.

Cela ressemble à un camp d’été, et c’est presque le cas. Depuis deux ans, le centre d’enseignement gratuit, fréquenté par une quinzaine de familles d’enfants scolarisés à domicile, s’est installé « en nature » sur le site d’une colonie de vacances qu’il loue hors saison.

  • PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

    Alternance installée sur le site d’un camp d’été.

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    Alternance installée sur le site d’un camp d’été.

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    Alternance installée sur le site d’un camp d’été.

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    Alternance installée sur le site d’un camp d’été.

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    Alternance installée sur le site d’un camp d’été.

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Inspiré par la philosophie des écoles démocratiques, Alternature tient un « conseil de vie » hebdomadaire où les enfants votent sur les grandes orientations et les activités à venir. Pour les encadrer, le centre emploie une « animatrice », Mathilde Ayotte-Bournival, une ancienne professeure de théâtre et de mathématiques au primaire qui a quitté le système scolaire en raison de ses convictions.

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Mathilde Ayotte-Bournival, ancienne enseignante et ‘facilitatrice’ chez Alternature

Son rôle est d’accompagner et de soutenir les enfants dans les activités qu’ils souhaitent faire. « Il y a des jours où il n’y a absolument rien de prévu dans le programme. Il faut commencer par les enfants”, explique-t-elle.

Les parents, qui paient 70 $ par semaine par enfant pour fréquenter le site, doivent faire du bénévolat une journée sur 16, mais n’ont aucune obligation d’organiser des activités éducatives.

« Vous avez besoin d’une sorte de déprogrammation. Il n’y a pas de sonnette, les enfants mangent quand ils veulent”, raconte Marion Valleran, co-fondatrice du centre et mère d’un des garçons lanceurs de boue.

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Rose Belmar, co-fondatrice d’Alternature, parle à un enfant.

Un projet de règlement sur la table

Alors qu’elles n’existaient pas au Québec avant 2016, il existe aujourd’hui une dizaine de ces « écoles démocratiques », dont la plupart ont ouvert leurs portes au cours des trois dernières années. Deux autres ouvriront cette semaine, à Saint-Lazare, en Montérégie, et dans la petite municipalité d’Irlande, près de Thetford Mines, en Chaudière-Appalaches.

Le gouvernement Legault travaille actuellement sur un projet de règlement pour encadrer leurs activités. “Nous voulons nous assurer que ces centres ne deviennent pas des écoles illégales”, a déclaré cette source gouvernementale, qui n’était pas autorisée à s’exprimer publiquement à ce stade du processus.

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En principe, les “leaders” n’ont pas le droit d’enseigner les matières inscrites au programme scolaire.

Les « animateurs » et les « animateurs » n’ont généralement pas le droit de proposer des matières qui sont prévues dans le programme scolaire. Le respect du programme scolaire obligatoire relève de la seule responsabilité des parents, mais plusieurs centres admettent qu’ils ne vérifient pas si les enfants suivent un programme éducatif à la maison.

Les dirigeants croient que les enfants apprennent en jouant.

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Marc-Alexandre Prudhomme, PDG du Centre Mont-Libre

Lorsque les enfants étudient une pièce de théâtre, ils développent définitivement des compétences en lecture de différents textes et en communication orale, comme l’exige le ministère dans leur programme.

Marc-Alexandre Prud’omme, PDG du Centre Mont-Libre à Montréal

Tout le monde s’accorde à dire que ce type d’éducation n’est pas pour tout le monde. “Mais le modèle de l’école, où tout est prédéfini d’en haut, ne marche pas non plus pour certains enfants”, constate l’animatrice Mathilde Ayotte-Bournival. Personnellement, j’ai même l’impression que c’est une minorité pour qui ça marche très bien », dit-elle.

Entrer au cégep ou à l’université n’est pas un problème

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Rose Bellemarre, co-fondatrice d’Alternature, discute avec des enfants.

Même s’ils n’ont pas suivi de programme formel, les enfants non scolarisés parviennent dans la plupart des cas à entrer au cégep ou à l’université, disent plusieurs parents qui suivent le mouvement.

Dans certains cas, les enfants doivent obtenir leur « équivalence middle 5 » en passant un test dans les centres de services scolaires. Mais de nombreux enfants non scolarisés expriment également le désir d’entrer à l’école en 3e, 4e ou 5e année.

« Un jeune qui veut aller au cégep a la motivation et la maturité d’un jeune de 16 ans. Si je prends du retard, je me rattraperai dans deux mois et ça…