Montréal renforce la surveillance des automobilistes qui stationnent illégalement dans les voies cyclables. Après le Réseau express vélo (REV) Saint-Denis, les policiers circuleront désormais sur sept essieux achalandés pour délivrer des constats d’infraction. Et bientôt ils pourront aussi tracter des voitures qui bloquent la route.
Posté à 5h00
Henri Ouellet-Vezina La Presse
« Il est illégal de stationner sur une voie cyclable et nous voulons que cela se sache », a résumé la chef du comité exécutif des transports et de la mobilité de Montréal, Sophie Mozerol, en entrevue avec La Presse.
Fin mai, lors de l’annonce de son programme vélo 2022, l’administration Plante révélait que le REV Saint-Denis ferait l’objet d’un projet pilote de surveillance continue pour sévir contre les véhicules stationnés dans les voies cyclables, un phénomène “de plus en plus signalé” aux municipales. les autorités. Des agents de l’Agence pour la mobilité durable (AMD) y sont affectés.
Sept axes ont récemment été ajoutés à ce projet pilote : la rue Peel, entre la rue Smith et la rue Ottawa, l’avenue Laurier, entre le boulevard Saint-Laurent et l’avenue Papineau, la rue McGill, entre la rue Saint-Jacques et de la Commune, la rue Verdun, la rue Adam , dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, l’axe Prieur-Sauriol, dans Ahuntsic, et l’axe REV Viger/Saint-Antoine, dans Ville-Marie et le Sud-Ouest.
Sur la rue Peel, notamment, “nous sommes particulièrement interpellés par des problématiques néfastes”, assure Mme Mauzerolle.
PHOTO DE MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES DE PRESSE
Sophie Mausrol, responsable transport et mobilité au comité exécutif de Montréal
Nos agents vont non seulement déposer des constats, mais dans les semaines à venir ils pourront également remorquer les véhicules sur place. C’est un geste important.
Sophie Mausrol, responsable transport et mobilité au comité exécutif de Montréal
Entre le 1er juin et le 1er août – les deux premiers mois du projet pilote, dont celui où le REV Saint-Denis était la seule zone surveillée – la Ville affirme avoir délivré plus de 400 contraventions à des automobilistes s’étant garés illégalement dans une voie cyclable , ce qui équivaut à sept par jour. L’amende est de 173 $.
PHOTO PAR SARAH MONJO-BIRKET, LA PRESSE
La piste cyclable de la rue Peel, entre les rues Smith et Ottawa, fait partie des parcours à surveiller par l’Agence de la mobilité durable.
“Notre désir reste d’étendre éventuellement cela à tous les niveaux, mais nous y arrivons progressivement.” En attendant, AMD va identifier les secteurs où il semble y avoir plus de retard, précise Sophie Mauzrol. L’idée, à commencer par le REV Saint-Denis, était de voir le degré d’intervention que cela nécessiterait et le nombre d’employés nécessaires. C’est aussi un axe avec des secteurs plus commerciaux, d’autres plus peuplés, donc ça donne une idée d’où sont les principaux problèmes. »
La sécurité d’abord
Chez Vélo Québec, le président-directeur général, Jean-François Reault, a applaudi l’initiative. « Nous sommes particulièrement heureux de voir la ville s’adapter rapidement après un projet pilote au cours de l’année. REV Saint-Denis n’est pas l’axe où il y a le plus de problèmes. L’ajout de McGill et de Verdun sera particulièrement utile. Ce sont eux que nous avions nommés pour l’avenir”, a-t-il répondu.
Quant au remorquage des véhicules bloquant le passage, M. Roe a rappelé qu’une telle pratique est déjà utilisée dans plusieurs villes, certaines le faisant même dans des voies réservées. « Cela aide certainement à résoudre le problème de sécurité, et immédiatement. Il contribue également à l’éducation, au changement de comportement. Quand ça nous arrive, on s’en souvient et on y prête attention”, explique le directeur général.
Il appelle la ville à “continuer à collecter des données” sur le développement du réseau cyclable, à “s’ajuster en permanence” et à ajouter encore plus de surveillance sur plus d’axes à mesure que le nombre de traversées quotidiennes augmente.
Souvent, lorsqu’un véhicule est garé dans une piste cyclable, la façon de le signaler est d’appeler le 911. Mais ce n’est vraiment pas le meilleur outil. Selon lui, avoir une équipe dédiée améliorera vraiment la sécurité des cyclistes qui sont déjà plus vulnérables.
Jean-François Reault, PDG de Vélo Québec
Tout cela survient alors que le Québec a connu une augmentation importante du nombre de cyclistes hospitalisés pendant la pandémie, un phénomène complètement à l’opposé de la tendance dans le reste de la population. Selon les données publiées mardi par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), le nombre d’hospitalisations dues à des blessures à vélo a augmenté de 20 % entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2021. Environ 1 199 cyclistes se sont rendus aux urgences pendant cette période, comparativement à 1 001 pour la même période l’année précédente.
Pendant ce temps, alors qu’on demandait aux Québécois de rester chez eux en raison de la pandémie, le nombre d’hospitalisations a fortement diminué, passant de 67 374 à 60 792 par rapport à l’année précédente, soit une baisse d’« environ 10 % ».
L’hypothèse de l’ICIS pour expliquer ces statistiques est assez simple : le nombre de cyclistes a décuplé pendant la pandémie en raison du manque d’autres possibilités sportives disponibles.
Avec le concours de Vincent Larin, La Presse
Appel à tout le monde
Avez-vous vu des véhicules garés dans une piste cyclable ? Quelles mesures privilégier pour favoriser la coexistence des automobilistes et des cyclistes ?
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