France

Plus d’éolien et de nucléaire : Macron fixe le cap – 22/09/2022 at 20:38

Le président Emmanuel Macron visite le parc éolien offshore de Saint-Nazaire, au large de la presqu’île de Guérande en Loire-Atlantique, le 22 septembre 2022. (POOL / STEPHANE MAHE)

Emmanuel Macron a annoncé jeudi vouloir “aller deux fois plus vite” dans le déploiement des énergies renouvelables et accélérer la mise en service de nouveaux réacteurs nucléaires alors qu’il inaugurait le premier parc éolien en mer de France au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

“Un jour heureux, un jour glorieux !”, a-t-il lancé après avoir découvert depuis un bateau le champ de 80 éoliennes, situé à 12 à 20 km des côtes, qui produiront de l’électricité pour 700.000 personnes.

“Mais tout cela se passe à un moment compliqué et cela prend encore trop de temps”, a-t-il noté, évoquant la hausse des prix de l’énergie et les risques de pénuries provoqués par la guerre en Ukraine, qui nécessitent plus que jamais une “diversification”.

Pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles, “nous devons produire plus d’électricité”, “40% de plus d’ici 2050”, a-t-il déclaré. La France devra aller “au moins deux fois plus vite” dans les projets d’énergies renouvelables, notamment éolien et solaire, a souligné le chef de l’Etat.

Cette accélération doit passer par une réduction de “trois à six mois” des “délais d’enquêtes publiques et d’autorisations gouvernementales”, a-t-il précisé.

Les délais des contentieux judiciaires devraient être ramenés à un maximum de deux ans et demi contre quatre ans aujourd’hui, a-t-il souligné. “Nous devons créer un consensus dès le début et essayer de bloquer le retard”, a-t-il insisté.

Aujourd’hui, il faut en moyenne dix ans pour qu’un site offshore soit opérationnel en France, contre cinq en Allemagne et six au Royaume-Uni. Pour l’éolien terrestre, c’est sept ans, soit deux fois plus qu’en Espagne ou en Allemagne, et le solaire ne fait guère mieux.

Ces mesures seront inscrites dans le projet de loi d’accélération des énergies renouvelables, qui sera soumis lundi en Conseil des ministres, ainsi que dans des décrets et amendements gouvernementaux.

– Du vent sur terre aussi –

Carte des éoliennes offshore existantes et prévues en France, avec les principaux détails de capacité, date de livraison (AFP /)

Le 10 février à Belfort, Emmanuel Macron s’est fixé l’objectif d’installer une cinquantaine de parcs éoliens offshore en France d’ici 2050 d’une capacité de 40 gigawatts.

Jusqu’à présent, sept parcs ont été attribués à des exploitants, mais la mise en œuvre des projets a été entravée par de nombreux recours et la France accuse un retard par rapport aux pays voisins.

Après Saint-Nazaire, la construction débute à Saint-Brieuc, sujet de friction avec les pêcheurs, Courseulles-sur-Mer et Fécamp. Des recours ont été déposés à Oléron pour retarder le projet plus au large.

“Il va falloir produire de l’éolien à terre”, a-t-il aussi exhorté, après avoir annoncé à Belfort un doublement de sa capacité non plus en 10 ans, mais en 30 ans.

“L’énergie éolienne terrestre est concentrée dans très peu de zones”, s’est-il plaint, appelant à “ouvrir le jeu” dans la zone.

Parmi les pistes de développement solaire, le chef de l’Etat a évoqué “libérer des terrains” pour installer davantage de panneaux sur les friches, citant les extrémités des autoroutes et des voies ferrées, mais aussi certaines terres agricoles avec l’agrovoltaisme.

Sur le nucléaire, “la démarche sera la même”, il faut “aller beaucoup plus vite” en “simplifiant les choses”, a insisté Emmanuel Macron.

– “Nous n’avons pas investi” –

A Belfort, le chef de l’Etat a également annoncé la relance du nucléaire avec la construction de six réacteurs EPR2 d’ici 2035. Un audit publié en février évoquait l’horizon 2037 pour la première mise en service.

A l’instar des énergies renouvelables, le texte de loi permettra “d’adapter les procédures existantes en matière d’urbanisme pour favoriser le développement des premiers sites identifiés” et de lancer “le programme dès maintenant pour ne pas perdre de temps”, a-t-il ajouté. a dit.

Emmanuel Macron a également promis un meilleur “partage de la valeur” des projets renouvelables avec les collectivités et les riverains, qui s’appliquera majoritairement aux éoliennes offshore, souvent contestées.

Jean-Louis Ball, président du Syndicat pour les énergies renouvelables (SER), a salué le “discours ironique” et le “besoin de l’éolien terrestre” réaffirmé par le chef de l’Etat.

Pour Amandine Lebreton, directrice du plaidoyer à la Fondation Nature et Homme, en revanche, “il n’est pas vrai de dire que le retard est dû à des blocages locaux ou administratifs”. “Nous n’avons pas investi”, dit-elle.

Devant le chef de l’Etat, Jean-Christophe Gavalle, président de France Nature Environnement, a mis en garde contre des consultations publiques trop limitées, qui seraient totalement “contre-productives” selon lui. “On va finir par radicaliser les positions”, avec le risque de réactions “plus violentes”, a-t-il prévenu.