Les différends continuent d’enfler au sujet des burqas. Gérald Darmanin a qualifié mardi de “provocation inacceptable pour la collectivité” d’autoriser le port de ce maillot de bain dans les piscines municipales de Grenoble.
Le conseil municipal de Grenoble, dirigé par le maire de l’Environnement Eric Piol, a en effet confirmé lundi à une faible majorité un amendement au règlement intérieur des piscines, qui permettrait d’autoriser le port du Burkina Faso.
M. Piol, avec le soutien de M. Mélenchon, joue une provocation publique inacceptable, contraire à nos valeurs. J’ai chargé le préfet de renvoyer la discussion sur le port du burkini à la “laïcité” et, le cas échéant, d’exiger son retrait.
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) 17 mai 2022
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“M. Piol, soutien de M. Mélenchon, joue une provocation publique inacceptable contraire à nos valeurs”, a tweeté le ministre de l’Intérieur démissionnaire. “J’ai instruit le préfet de renvoyer la discussion qui autorise le port du burkini à ‘la laïcité différée’ et, le cas échéant, d’exiger son retrait”, a-t-il ajouté. La saisine du préfet relève du contrôle de la légalité des actes des collectivités territoriales.
Piol nous demande de relire la loi de 1905 au lieu de la déformer
La réponse d’Eric Piol ne s’est pas fait attendre. « Darmanin, le ministre dont le dossier est la loi des séparatismes, qui trouve Marin Le Pen trop mou, rebelle aux rayons halal et casher des magasins, se permet de donner des leçons ? “Lisez la loi de 1905 au lieu de la dénaturer”, a également réagi le maire de Grenoble sur Twitter.
En revanche, le préfet de l’Iser avait déjà indiqué dimanche soir, avant la délibération du conseil municipal, qu’il saisirait le tribunal administratif de Grenoble pour bloquer la mesure, sur instruction de Gérald Darmanin. Pour cela, il doit faire appel à une disposition introduite par la loi séparatisme votée en août 2021, qui traite des actes “portant gravement atteinte au principe de laïcité et de neutralité du service public”. Eric Piol, qui a cité la lutte pour le “féminisme”, la “santé” et la “laïcité”, s’est dit lundi “satisfait que le gouvernement nous attaque”, notant qu’il “n’a pas attaqué Rennes” lorsque la ville a fait un accord similaire il y a quatre ans.
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