France

Pour Elizabeth Bourne et son gouvernement, premières questions à l’Assemblée sous pression

La Première ministre Elizabeth Bourne répond aux questions des députés à l’Assemblée nationale le 12 juillet 2022. BERTRAN GUY/AFP

Sécurité, “dossiers Uber”, pouvoir d’achat et hôpital au menu : les premières Questions au gouvernement (QAG) d’Elizabeth Bourne ont provoqué plusieurs sursauts de tension mardi 12 juillet devant l’Assemblée, dans un demi-cycle émouvant. Les députés nouvellement élus en tant que nouveaux ministres semblaient assez confiants en eux-mêmes lors de cette session à la mahométane – les propos des uns et des autres étaient interrompus tantôt par la majorité présidentielle, tantôt par l’opposition. « Nous ne sommes pas en manifestation ! “, a déclaré la présidente de l’Assemblée nationale, Yael Braun-Pivet.

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Cheffe de file du premier groupe d’opposition, Marine Le Pen (Assemblée nationale, RN) a lancé les QAG à 15h00, revenant sur la proposition du ministre de l’Intérieur d’expulser « tout étranger » qui « a commis des actes graves » : « Je salue cette démarche envers nous », a d’abord déclaré le leader d’extrême droite, avant de demander au gouvernement s’il entendait imposer des obligations de quitter le territoire.

“Je ne solliciterai pas les voix du Rassemblement national”, a répondu le Premier ministre, alors que le leader d’extrême droite s’adressait à son voisin Sébastien Chenoux. “Il y aura toujours quelque chose qui se dressera entre nous, ça s’appelle des valeurs”, a ajouté Elizabeth Bourne sous les acclamations de la majorité. En réponse, Mme Le Pen lui a envoyé un signe de zéro point.

“ils crient”

Le député de la Renaissance (anciennement La République en marche) Benjamin Haddad s’est immédiatement rendu à la sécurité sous le “hello, hello” de l’opposition, qui croyait que l’affaire avait été “téléphonée” par le gouvernement. “Quels sont les deux principaux sujets abordés par le RN et la Macronie dans les questions au gouvernement ?” Xénophobie et sécurité (…). La course à la mort de l’échalote est lancée”, a commenté la “rebelle” Danielle Obono sur Twitter.

Le député « insoumis » Daniel Simonet (au centre), lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, mardi 12 juillet 2022. BERTRAN GUY/AFP

Dans la foulée, son confrère de La France insoumise Daniel Simonet a ramené le fer au sujet des révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et de quarante-deux médias partenaires, dont Le Monde, sur les liens passés entre Emmanuel Macron et Uber : “Voilà le scandale d’Etat” avec des “accords secrets à Bercy”, a dénoncé l’élu LFI. Olivia Grégoire a eu du mal à lui répondre. « Ils crient ! “, a-t-elle protesté auprès du président de l’assemblée. Le ministre de l’Economie de l’époque « a fait son boulot » et a obtenu Uber comme Netflix ou BackMarket, a-t-elle estimé, avant d’affirmer : « Ces acteurs sont aujourd’hui au cœur de l’économie d’aujourd’hui. »

Les questions se sont succédées sur la facture du pouvoir d’achat – “Rendez l’argent aux Français”, a exhorté l’élu LR Fabrice Brun. « Si on additionne toutes les demandes que vous faites, ça fait 100 milliards d’euros, il va falloir que la TVA double pour financer votre projet », s’est exclamé Gabriel Atal, ministre délégué aux comptes publics, avant de poursuivre : « Vous nous avez accusés de demander brûlons le caisse enregistreuse, mais vous voulez casser votre tirelire ! »

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“Notre système de santé est malade”

La situation de l’hôpital, qui a subi une “hémorragie de démissions”, selon les socialistes, a également été évoquée. Le nouveau ministre de la Santé, François Browne, s’est retrouvé plusieurs fois sur le gril. L’urgence de la crise n’empêchera pas les Français de trouver “toujours un soignant pour prendre soin d’eux” et “les guider vers la meilleure solution” à l’hôpital ou ailleurs, a-t-il dit, interrogé par plusieurs députés. “Notre système de santé est malade, notre système de santé souffre, nous devons l’admettre”, a-t-il déclaré.

Le ministre de la Santé, François Brun, à l’Assemblée nationale, mardi 12 juillet 2022. BERTRAN GUY / AFP

Interrogé par la députée (PS) du Finistère Mélanie Tomin, notamment sur les propositions “inadéquates” de la “mission éclair” menée juste avant sa nomination au ministère, M. Brun a reconnu qu’il ne s’agissait “pas de solutions qui résoudront tous les problèmes” et nié toute volonté de “fermer les services d’urgence [ou] empêché nos concitoyens d’y avoir accès ». “C’est complètement faux. Nos concitoyens ne trouveront pas porte fermée, ils trouveront toujours un soignant pour les prendre en charge et les rediriger », a assuré cet urgentiste professionnel.

Malgré la tension, “les urgences vitales seront toujours assurées en tout point du territoire”, a encore insisté le ministre en réponse au Député (Horizons) du Calvados Jérémy Patrie-Leitus, qui a relevé plusieurs cas de fermetures nocturnes dans son département. “Ma mission est de permettre à chaque Français d’être pris en charge de manière adéquate”, ce qui “ne veut pas forcément dire dans un service d’urgence”, a rappelé M. Brown.

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Alors que l’hémicycle se vidait peu à peu, un nouveau temps fort est venu avec le discours de Rachel Keke (LFI), la première servante choisie. « Mes camarades » qui travaillent dans les hôtels, les aéroports, « veulent tous une augmentation de salaire » et « ce gouvernement n’a pas l’air d’écouter », dit-elle en levant brièvement le poing. “Le loyer n’est pas payé avec des primes et des chèques”, a assuré le député, qui a été accueilli par des “ovations” par des élus de gauche.

Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Intégration, a répondu : « Nous connaissons une inflation comme nous n’en avons pas connue depuis 1985 et face à cette inflation, le gouvernement agit avec un bouclier tarifaire, avec l’aide de les ménages les plus vulnérables et le pouvoir d’achat, qui est proposé à l’examen de votre assemblée, représente un engagement de 30 milliards d’euros ». “Les législatures passent, votre groupe ne change pas : vous êtes dans le charme, nous sommes dans l’action”, a répondu M. Dusopt.

Un bref moment d’harmonie

De son côté, Giovanni William, député de la Martinique du groupe Gauche démocrate et républicaine, a interrogé le ministre chargé de l’outre-mer sur les algues sargasses lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. “En distribuant simplement des fonds risibles, vous n’apportez aucune solution adaptée à l’ampleur du phénomène”, a-t-il jugé.

Jean-François Carrenko, ministre délégué à l’outre-mer, répond aux questions du gouvernement, mardi 12 juillet 2022. BERTRAND GUAY / AFP

Jean-François Carrenko a répondu que le gouvernement était “conscient de l’ampleur de ce phénomène et de ses multiples impacts sur la biodiversité, sur le tourisme, sur le cadre de vie et surtout sur les préoccupations concernant les émissions de gaz”. [des sargasses] “. “Les ministères concernés, en collaboration avec [agences régionales de santé] et les préfets, étudient d’éventuelles mesures à prendre en urgence, notamment en matière d’information des femmes enceintes et d’assurance de leur protection », a déclaré M. Karenko, louant « le plan Sargas-II, doté d’un budget de 36 millions d’euros, alloué à cet effet ». an’.

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“Mais le sujet n’est pas clos et il nous reste à travailler, donc à la demande du ministre Darmanin, je me rendrai en Martinique et en Guadeloupe la semaine prochaine”, a annoncé le ministre de tutelle de l’étranger.

La séance de deux heures n’a eu qu’un bref moment d’harmonie, grâce à l’intervention de Boris Vallo (Parti socialiste) sur l’Ukraine. Ce conflit dure depuis “cinq mois” et “nous pouvons rendre hommage” au peuple ukrainien, a exhorté le Premier ministre, avant que tous les députés se lèvent et applaudissent.

Le monde avec l’AFP