Emmanuel Macron, à l’Elysée, le 3 juin 2022. JULIEN DE ROSE / AFP
Emmanuel Macron rejoint la campagne. Enfin, disent ses troupes. Mais les Français eux-mêmes regarderont. A une semaine du premier tour des législatives, le 12 juin, le chef de l’Etat entame sa deuxième bataille électorale, tout aussi décisive pour le sort qu’il entend se forger. Très absent de la scène nationale depuis sa victoire le 24 avril, le locataire de l’Elysée a décrit en détail ce que sera ce nouveau quinquennat dans une interview accordée à plusieurs quotidiens régionaux, vendredi 3 juin. Après un déplacement à Cherbourg (Manche) trois jours plus tôt sur la santé et un autre à Marseille la veille, où il a esquissé la “nouvelle méthode” qu’il entend introduire pour réformer l’éducation, le chef de l’Etat a dévoilé son projet, donnant un mois et un moitié après sa réélection, le signal du début de son second mandat.
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Emmanuel Macron, qui a promis au pays une “révolution” en 2017, n’a pas renoncé à son ambition. Mais le chef de l’Etat, qui dit avoir « appris » d’un mandat rempli de crises et de soulèvements populaires (« gilets jaunes », retraites, etc.), entend changer de paradigme. Le but est inchangé, mais la forme n’est plus la même. Le président de la République, qualifié de “Jupiter”, qui décide de tout depuis l’Elysée, entend désormais s’appuyer sur un “Conseil national pour la reconstruction” pour fédérer “les forces politiques, économiques, sociales, associatives, les élus des territoires et citoyens tirés au sort ».
Ce conseil sera chargé d’identifier les moyens d’atteindre ses objectifs – indépendance (industrielle, militaire, alimentaire, etc.), plein emploi, neutralité carbone – et de repenser les services publics pour assurer l’égalité des chances. Enfin, il se verra confier la mission de penser la « relance démocratique » par la réforme institutionnelle.
“Paris doit être au service du terrain”
Emmanuel Macron n’hésite pas à faire un parallèle avec le Conseil national de la Résistance. Une autorité qui a mené après la Seconde Guerre mondiale les réformes économiques et sociales d’un pays, détruit tant économiquement que moralement. “Nous vivons une telle époque. “Nous sommes dans une ère historique qui nécessite un profond changement de modèle, et puis la guerre est là”, a-t-il déclaré.
L’instance rappelle également le “Conseil national de la République” proposé par Jean-Louis Borlo, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, dans son texte “L’Alarme”, publié avant le premier tour de l’élection présidentielle. On peut également y voir l’inspiration de la “caméra du futur” prônée par l’essayiste David Jazz dans son livre Le nouveau modèle français (Allary, 2021).
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