21:08, 21 mai 2022
À peine nommé et déjà férocement attaqué. Il aura fallu moins de quelques heures à l’historien Pap Ndiaye, nouveau ministre de l’éducation d’Emmanuel Macron, pour être la cible d’une violente campagne de diffamation. De Marin Le Pen, qui voit dans cette nomination “la dernière pierre de la destruction de notre pays, de ses valeurs et de l’avenir”, à Eric Zemmour, qui le décrit comme “local, wokiste et obsédé par la race”, d’extrême droite , à l’unisson, attaqué dès le début. Les Républicains (LR) n’étaient pas en reste : « On sait déjà où est le ministre de l’Éducation nationale : un adepte de la gauche islamiste et un militant contre les flics ! « Horrible », s’est offensé Eric Siotti sur Twitter.
Méfiance exprimée
Question : Les positions de Pap Ndiaye sur certains sujets de société, comme la discrimination raciale ou les violences policières. Historien, normaliste et spécialiste des États-Unis, mais aussi de « l’État noir », titre d’un de ses essais, cet universitaire de renommée internationale critique la notion de « gauche islamique ». Au contraire, son prédécesseur Jean-Michel Blanker, qui a contribué à institutionnaliser le concept et a notamment participé à un colloque sur le concept à la Sorbonne en février.
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Donc, un surprenant contrepoint dans la séquence Rue de Grenelle, mise en scène par Emmanuel Macron – qui avait déjà nommé le pape Ndiaye en 2021 à la tête du Musée national d’histoire de l’immigration – pour actualiser “l’idée d’aller au-delà”, chère à lui, Selon un conseiller des ministres : « C’est la force du président. Il ne veut pas mettre les gens dans des cases, il ne se laisse pas non plus mettre dans des cases. Mais certains macronistes ont déjà exprimé publiquement leur méfiance à l’égard du nouveau ministre. Comme le député LREM Jean-Louis Bourlange, qui a déclaré à franceinfo que “la nomination du pape Ndiaye pose problème”.
Dans l’entourage présidentiel, on déminage : “Blanker n’est pas le laïc contre Pap Ndiaye, le communiste. L’important est d’avoir des personnalités profondément républicaines et universalistes. A trois semaines des législatives, la nomination d’une personnalité de gauche, ainsi que de la première personne noire à occuper un ministère de premier plan depuis Christian Taubira dans la Justice, ressemble fort à une promesse faite à l’électorat de gauche. Pourtant, cette triangulation ne fait pas l’unanimité chez les partisans du président. “Il faut faire attention au retour du boomerang”, a déclaré un proche du ministre. Les gens qui voient Macron comme un président laïc de centre-droit pourraient être déçus avant les élections législatives. À peine nommé et déjà dans un champ de mines.
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