L’écologie oui, mais pas pour les riches ? Mercredi 8 juin, le Parlement européen a voté un texte historique interdisant la vente de véhicules thermiques en Europe en 2035.
Le texte fait partie du paquet législatif “Fit for 55”, qui doit permettre à l’UE d’atteindre ses objectifs climatiques. Il a été voté pour par 339 voix contre 249, avec 24 abstentions. Une révolution écologique, selon les écologistes, mais aussi une révolution pour l’industrie automobile, qui ne peut plus fermer les yeux et retarder sa métamorphose. Si certains constructeurs ont pris les devants ces dernières années, tous les autres devront travailler dur pour maintenir leur position sur le marché automobile. En fin de compte, presque tout le monde, car certains ont réussi à passer entre les gouttes.
La réparation libère des voitures de luxe
Par un changement discret, les fabricants de produits de luxe sont dispensés de passer au “zéro émission de carbone”, comme l’a déclaré notre homologue du Monde Audrey Garrick sur Twitter.
Cet amendement dit Ferrari stipule que les modèles produits à moins de 1 000 unités par an ne sont pas concernés par l’interdiction. Une question qui peut être discutée par rapport aux inégalités déjà constatées en matière d’écologie. Mais qu’est-ce qui peut justifier une telle dérogation ?
L’industrie automobile italienne est au cœur de cet amendement visant à protéger certains des fleurons de son économie. Dans une interview accordée à Bloomberg TV en 2021, Roberto Chingolani, ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Draghi et ancien membre du conseil d’administration de Ferrari, justifiait plus difficilement cette demande pour les modèles haut de gamme. profit.
Une transition plus difficile
Citant Ferrari et Lamborghini, il a expliqué que le faible volume de modèles produits rend plus difficile le passage à des moteurs plus propres en raison des quelques économies d’échelle réalisables. Si Ferrari annonce en 2021 que son premier modèle 100 % électrique sera lancé en 2025, il reste encore beaucoup de travail pour le constructeur et ses homologues avant de passer entièrement à l’électrique.
Toutefois, Roberto Chingolani a tenu à rassurer, affirmant que l’Italie “s’apprêtait à lancer un programme de giga-usine pour la production de batteries à grande échelle” afin d'”atteindre une autonomie de batterie performante”.
Interrogée par 20 Minutes, la députée européenne Karima Deli (EELV) a insisté sur la symbolique de cet amendement qui « profite toujours aux plus riches » et a souhaité que le Conseil de l’Europe l’abroge le 28 juin : « Dans ce cas, la présidence française de l’Union européenne doit agir. On a un ancien ministre des Transports, Jean-Baptiste Jebari, qui l’a transformé en hydrogène, non ? Le gouvernement doit user de tout son poids pour invalider cet amendement et appliquer les dispositions à tous. »
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