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Près de 160 maisons construites sans autorisation : le maire de Sainte-Julienne en difficulté

Le maire de la commune de Sainte-Julienne dans Lanaudière enfreint les règles de sa propre ville depuis plusieurs années en tant que propriétaire d’un camping où environ 160 résidences ont été construites sans aucun permis.

Pire encore, cette situation est connue des élus et de l’administration municipale depuis le début des années 2000, lorsque les premiers travaux ont commencé.

Le rapport d’enquête du Service municipal de l’intégrité, enquêtes et poursuites de la Commission municipale du Québec, qui vient d’être publié, frappe déjà Richard Desormiers au coeur d’une tempête depuis plusieurs mois.

Photo de courtoisie

M. Desormiers, qui a refusé de répondre à nos questions, a été élu maire de Sainte-Julienne en 2021 après avoir été conseiller municipal depuis 2013. Il est également propriétaire du camping Domaine de la Pride, situé dans la même Municipalité.

Après que les citoyens ont remarqué l’abattage des arbres, ils ont commencé à poser des questions et ont pu apprendre au conseil municipal en mars de l’année dernière que les résidences à côté du camping avaient été construites sans autorisation et que les arbres avaient été coupés sans autorisation, et c’est aussi un site protégé domaine forestier. Les résidences ont une valeur allant de 5 600 $ à 255 000 $.

Plusieurs résidences n’ont rien à voir avec le mobil-home, comme le montrent certaines photos diffusées dans le rapport d’enquête.

Photo de courtoisie

La Commission municipale du Québec (CMQ) rappelle aux propriétaires de maisons et de terrains qu’ils s’exposent à des amendes pouvant atteindre 5 000 $ pour chaque infraction. Et pour chaque jour où la construction est sans permis, c’est une nouvelle infraction. Alors les amendes peuvent s’accumuler et la facture risque d’être particulièrement salée. La Haute Cour peut également ordonner la démolition des maisons.

Toutefois, le CMQ rappelle qu’il appartient à la Ville d’imposer ces amendes ou d’aller en justice pour arrêter la construction et la démolir (les citoyens peuvent également utiliser ce dernier recours).

Le rapport ajoute qu’il serait difficile de simplement changer le règlement municipal pour permettre des maisons déjà construites, car cela ne respecterait pas le schéma d’aménagement de la MRC, qui interdit des habitations comme celle du Domaine de la Pride en milieu forestier. .

Le maire était au courant de son statut irrégulier, indique le rapport, et n’a jamais tenté de se conformer. Au lieu de cela, il s’est contenté d’une “demande” que la Municipalité trouve une solution. Or, c’est plutôt aux contribuables de veiller à la conformité, et la ville n’a aucune obligation de chercher à mettre en conformité un ensemble d’appartements déjà construit sans permis, peut-on lire.

Photo de courtoisie

“L’enquête n’a pas pu montrer pourquoi, tout le monde [les élus et l’administration] ont toléré la situation sans poser de questions ni essayer de comprendre l’étendue du développement de logements », poursuit le rapport.

« Nous semblions satisfaits de percevoir la taxe d’habitation sans nous soucier de la conformité. » Il y a aussi un conseiller vivant au camping.

Le stratège en communication Jean Poloni, dont le cabinet appuie la direction générale de la Ville dans la gestion du dossier, a précisé que la direction générale actuelle est en place depuis mars 2021 et est au courant de la situation depuis l’été dernier.

« L’administration municipale est en train de finaliser un rapport complet pour établir l’état de la situation, les actions qui ont été prises par la municipalité et son plan d’intervention au sein du dossier du Domaine de la Fierté. Ce rapport sera présenté au conseil d’administration de la MRC de Montcalm. Par conséquent, nous ne commenterons pas davantage l’affaire dans ce contexte”, a-t-il déclaré.