France

Présidentielle : Deux maires du Gers condamnent la suppression des votes de leurs communes

C’est un petit drame de l’élection présidentielle. Deux maires du Gers ont fermement condamné vendredi l’annulation de leurs communes au second tour de l’élection présidentielle, l’un demandant au Conseil constitutionnel de “lever la stigmatisation et le discrédit” ainsi jetés sur ces communes. Les suffrages exprimés en 1974 à Eauze ainsi que 894 à Nogaro ont été annulés car le délégué, un magistrat du Conseil constitutionnel, “a constaté lors de sa visite qu’un seul membre du bureau de vote était présent”, a indiqué mercredi l’institution dans un communiqué. .

“Le Conseil compte sur ce rapport faux et nuisible. Il dit qu’il y avait une personne par bureau de vote, c’est n’importe quoi ! », a déclaré le maire d’Eauze, Michel Gabas. “Quand elle est venue, j’étais le jour des déportés pendant 40 minutes pour déposer des fleurs devant la tombe commémorative. A cette époque, quatre députés étaient présents dans la section », a-t-il précisé.

Le maire de Nogaro, Christian Peyre, a ajouté : “Quand le magistrat est venu, j’étais devant la salle et en tant que président du bureau de vote, j’ai discuté avec les habitants.” “Elle m’a dit que ma place était à l’intérieur, pas devant, d’un ton furieux et grossier. “Je ne pensais pas que nous allions annuler le scrutin”, s’est-il plaint. Disant avoir “signalé l’incident au préfet dimanche”, Michel Gabas, maire d’Eauze depuis quatorze ans, a écrit au président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius.

“Surprise”, “désordre”, “incompréhension”

Dans ce courrier, il exprime “surprise”, “angoisse”, “incompréhension” et évoque la “méconnaissance des démarches administratives” par le magistrat délégué, “une interprétation déviante qui porte évidemment atteinte à la réputation et au sérieux de chaque ville”.

“S’il vous plaît, retirez la honte et le discrédit qui s’abattent sur notre municipalité et notre administration”, a-t-il écrit au président du conseil, se disant conscient qu'”aucune action en justice ne peut être intentée”. De toutes les communes et services dont les votes ont été révoqués dimanche, Eauze avait le vote de 1974 qui comptait le plus, selon les données publiées par le Conseil constitutionnel.

Une autre abrogation a déclenché des troubles à Lourdes-Ischer, dans les Pyrénées-Atlantiques, où Jean Lassalle, candidat malheureux à la présidentielle, a exprimé publiquement son abstention au second tour sans passer par l’isoloir.