ARTÉMIDE. Après deux lancements de programmes spatiaux annulés, aucun nouveau lancement de la fusée de la NASA vers la Lune n’est actuellement prévu. Cependant, les options de date sont maintenant avancées jusqu’à fin décembre 2022.
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[Mise à jour le 6 septembre 2022 à 15h57] Le lancement de la mission Artemis I vers la Lune est souhaité. Après avoir annulé ses deux lancements précédents en raison de problèmes techniques autour de son lanceur SLS, dont une fuite d’hydrogène potentiellement mortelle, la NASA fait face à une période de lancement limitée. Selon la réglementation, l’agence spatiale américaine et ses partenaires doivent retester le système d’autodestruction de la fusée après une période de 25 jours. Il faudra donc attendre le 19 septembre 2022 au plus tôt pour espérer une nouvelle tentative de lancement.
Sur son compte Twitter, Thomas Pesquet a relativisé le nouvel échec du lancement de la fusée Artemis : “Onze navettes spatiales ont dû quitter le pas de tir pour regagner le hangar, et deux d’entre elles l’ont fait deux fois de suite… Artemis, pour la première mission, ne fait pas exception.” 50 ans après les derniers pas de l’homme sur la lune, Artemis est une mission spatiale historique qui vise à ramener un équipage sur le sol lunaire et à installer une nouvelle station spatiale en orbite. Quelles sont les différentes options de date pour une nouvelle tentative de lancement ? Quelles sont les différentes étapes du programme Artemis et que contient la fusée au premier lancement ? Réponses à toutes vos questions.
Aucune nouvelle date de lancement n’a été fixée pour la fusée, bien qu’il existe plusieurs fenêtres de lancement pour la fusée Artemis jusqu’à fin 2022 :
- 19 septembre – 4 octobre : 14 opportunités de lancement, aucune disponibilité de lancement les 29 et 30 septembre,
- 17 octobre – 31 octobre : 11 opportunités de lancement, aucune disponibilité de lancement les 24, 25, 26 et 28 octobre,
- 12 novembre – 27 novembre : 12 opportunités de lancement, aucune disponibilité de lancement les 20, 21 et 26 novembre,
- 9 décembre – 23 décembre : 11 opportunités de lancement, aucune disponibilité de lancement les 10, 14, 18 et 23 décembre.
Qu’est-ce que le programme Artemis de la NASA ?
50 ans après le dernier pas d’un homme sur la Lune, le programme Artemis, organisé par la NASA en coopération avec les agences spatiales européenne, canadienne et japonaise, s’apprête à réitérer l’exploit. Mais si ce programme prévoit de remettre le pied sur notre satellite naturel, la Lune, ses ambitions sont plus grandes. Le programme Artemis est la première étape vers un objectif plus vaste : Mars. Le programme Artemis comprend actuellement trois phases qui devraient aboutir au retour des humains sur la Lune d’ici 2027. Le séjour des astronautes sur le sol lunaire devrait durer 6,5 jours, et l’équipage sera composé de quatre Américains, dont une femme et une personne de couleur, rapports de la NASA.
L’avancée majeure qui distingue ce nouveau programme lunaire des missions Apollo des années 1960 et 1970 est la conception d’une station lunaire permanente. Baptisée “Moon Portal”, cette structure située en orbite autour de la Lune est l’un des principaux enjeux de ce nouveau programme. En effet, cette station spatiale est une escale et un véritable laboratoire pour l’étude de la Lune, mais aussi une base avancée pour de futures missions vers la planète Mars.
Comment fonctionne la mission Artemis I de la NASA ?
Pour cette première mission sans pilote du programme Artemis, le voyage durera entre 39 et 42 jours et consistera en un aller-retour vers la Lune. Si le processus semble simple, les enjeux sont colossaux. L’objectif de cette première étape est de tester la fusée SLS conçue pour l’occasion, ainsi que la capsule Orion, qui embarquera à terme quatre astronautes.
Le lancement aura lieu à Cap Canaveral, en Floride. La fusée décollera alors avant de se séparer des deux fusées. L’étage principal, la partie rouge de la fusée, poursuivra sa course avant de se séparer de l’appareil. Ce sera ensuite au tour du deuxième étage d’entrer en action et de propulser la sonde Orion en orbite autour de la Lune avant de se séparer.
Ainsi, Orion restera en orbite autour de la Lune pendant plusieurs semaines, durant lesquelles il pourra effectuer quelques mesures de rayonnement et tester ses dispositifs de communication avec la Terre. Enfin, utilisant son moteur et la gravité lunaire, Orion reviendra et devrait mettre environ 3 jours pour revenir sur Terre. Après cela, il devra passer une ultime épreuve : traverser l’atmosphère terrestre. Grâce à son bouclier thermique, la partie habitable du module doit être protégée des fortes températures causées par les frottements lors de la chute et être récupérée au large de la Californie, dans l’océan Pacifique.
Pour mener à bien un programme de cette ampleur, la NASA s’est dotée d’équipements à la hauteur de ses ambitions. Ainsi, après plus de 10 ans de développement, le célèbre lanceur Space Launch System (SLS) est enfin prêt à entrer dans l’histoire de l’exploration spatiale. Plus puissante que Saturn V, le lanceur d’Apollo 11, la fusée SLS est la fusée la plus puissante jamais conçue par la NASA. D’un coût de plus de 2 milliards de dollars, la fusée représente à elle seule la moitié du budget de la mission Artemis.
La capsule Orion est un véhicule spatial conçu pour transporter des astronautes. D’une capacité de quatre personnes, c’est la capsule qui accueille les astronautes, placée dans la coiffe de la fusée. C’est dans ce module que les astronautes des missions Artemis II et III reviendront sur Terre. Sa résistance aux conditions extrêmes qu’il rencontrera lors de son voyage doit être irréprochable pour assurer le retour en toute sécurité de ses futurs occupants.
Vue d’artiste du vaisseau spatial Orion dans l’espace © dimazel – stock.adobe.com
Conçue par l’Agence spatiale européenne (ESA), la capsule Orion devra faire ses preuves lors de cette première mission Artemis, qui servira notamment à tester le bouclier thermique qui la protège de la chaleur lors de sa rentrée dans l’atmosphère terrestre. Ce vol sera également l’occasion de tester certaines manœuvres qu’Orion doit effectuer lors de la mission Artemis IV pour assembler les modules Lunar Gateway Station. Pour cette première mission d’Artemis, la capsule Orion n’accueillera pas d’astronautes, mais uniquement des mannequins qui permettront d’évaluer les conséquences d’un tel vol sur certains tissus et organes du corps humain.
Avant d’envoyer des astronautes dans l’espace à bord de la capsule Orion, le programme Artemis prévoit d’effectuer quelques tests sur trois mannequins nommés Helga, Zohar et Moonikin. Équipés d’un grand nombre de capteurs, ces passagers serviront à évaluer les effets de ces déplacements sur le corps humain. Moonikin est un mannequin américain qui prendra la place de capitaine du navire.
Moonikin Campos attaché dans un siège du module d’équipage @NASA_Orion Artemis I au sommet de la fusée @NASA_SLS dans la baie haute 3 du bâtiment d’assemblage de véhicules à @NASAKennedy. Artemis I devrait être lancé au plus tôt en août. 29, avec des dates de repli des 2 et 5 septembre. pic.twitter.com/JT6CC83ioX
– Systèmes d’exploration du sol de la NASA (@NASAGroundSys) 5 août 2022
À leur tour, Zoar et Helga ont été fournis par les agences spatiales israélienne et allemande. Il s’agit de bustes féminins, qui devraient permettre de mesurer les effets des radiations auxquelles seront exposés les astronautes.
Dans le cockpit de ce premier vol sans pilote d’Artemis, il n’y a pas que les trois modèles Helga, Zohar et Moonikin. Un animal en peluche de Snoopy, le personnage principal de la bande dessinée Peanuts, a également un rôle dans la mission Artemis : il servira “d’indicateur d’apesanteur pour Artemis I”, a précisé la Nasa dans un communiqué. Ainsi, Snoopy fournira “un indicateur visuel lorsque le vaisseau spatial aura atteint l’apesanteur de la microgravité”, selon la NASA. L’animal en peluche est vêtu d’une combinaison orange, de gants, de bottes et porte un écusson de la NASA :
Saviez-vous que ce n’est pas la première fois que Snoopy va dans l’espace ? En 1990, une figurine de Snoopy était à bord de la navette spatiale Columbia en mission STS-32, puis en 2019 à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Enfin, on peut dire que la connexion entre Snoopy et l’espace a commencé en 1969. Lors de la mission Apollo 10, l’équipage a nommé le module lunaire Snoopy.
Qu’est-ce que la mission Artemis II de la NASA ?
Actuellement prévue pour mai 2024, la poursuite du programme Artemis devrait permettre d’envoyer un équipage d’astronautes autour de la Lune. Là encore, aucun atterrissage sur notre satellite n’est prévu, car la mission consistera à atteindre l’orbite autour de la Lune puis à revenir sur Terre à l’aide du module Orion. Il s’agit de la première mission habitée du programme Artemis et représente la phase finale de test des différents systèmes du module avant la troisième étape du programme.
Le lancement de la mission Artemis II est actuellement prévu pour mai 2024. La fusée décollera de la même rampe de lancement que la précédente à Cap Canaveral en Floride. Cependant, cette date dépend des aléas de la météo, qui…
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