France

quand la généalogie génétique révolutionne la recherche

En France, le cas d’Elodie Kulik, violée et tuée à Soma, a été révélé grâce à l’ADN en 2017. NOVA PRODUCTION 2021

FRANCE 5 – DIMANCHE 15 MAI À 20H55 – DOCUMENTAIRE

Mélange de généalogie, de big data et de séquence ADN, la généalogie génétique a permis à six enquêteurs américains d’arrêter, en seulement quatre mois et demi, le tueur en série Joseph DeAngelo, recherché en vain par la police californienne depuis quatre décennies : le premier, tenue le 24 avril 2018. Depuis, le « cold case » est résolu chaque semaine aux États-Unis grâce à cette technique, qui est sur le point de révolutionner les enquêtes criminelles, de manière si spectaculaire que la formule peut sembler magique.

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La réalisatrice Gabriel Drean a également mené ses propres enquêtes des deux côtés de l’Atlantique. Elle tire ses conclusions dans un film documentaire écrit comme un thriller et particulièrement captivant dans sa première moitié, consacré à l’émergence de la généalogie génétique.

Bluff, coïncidence, tension… Tous les ingrédients sont réunis dans l’histoire de Paul Howles, l’officier et ancien scientifique qui a consacré sa carrière à l’affaire Golden Gate Killer. Il revient sur les treize meurtres, brutalement, sur le modus operandi du meurtrier et du violeur, sur l’échec de ses enquêtes, qui tournent à la folie. Jusqu’à ce qu’il rencontre par hasard Sisi Moore, une ancienne actrice, passionnée de généalogie, autodidacte et future star de la généalogie génétique. Elle lui donne une idée.

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Quatre mois avant de prendre sa retraite, Paul Hole a envoyé par la poste un échantillon d’ADN prélevé sur l’une des scènes de crime et toujours intact dans l’un des kits alors en vogue. Et puis bingo : les membres de la famille du suspect ont été identifiés. Il ne reste plus qu’à la police de mener une enquête “classique”.

Atteinte aux libertés

Mais bien sûr, il y a un “mais”. Si aux Etats-Unis des données génétiques sont répertoriées dans des fichiers, y compris pour ceux qui le souhaitent, si vous n’avez pas commis de délit – après recherche de paternité par exemple – en France, seul l’ADN des contrevenants est enregistré dans une empreinte ADN nationale fichier (FNEG), créé en 1998 et répertoriant 3,5 millions de profils ; et la généalogie génétique est interdite, au grand dam des familles des victimes.

Deux cas sont une petite exception. Celui de la “petite martyre de l’autoroute A10” (en août 1987) a été résolu grâce à l’ADN, mais par hasard, en 2018. Et le cas d’Elodie Kulik, violée et tuée à Soma, résolu en 2017 grâce à une procédure judiciaire vide . Sur la base de ces exemples, Corinne Hermann, spécialiste française des “non résolus”, veut changer le regard des juges et des enquêteurs sur la généalogie génétique et “standardiser” cette technique.

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Face à elle, la crainte d’une atteinte aux libertés reste bien ancrée en France. Ainsi, le documentaire se concentre sur les dangers potentiels des fichiers génétiques dans une deuxième partie plus conventionnelle. Sauf en s’écartant des “portraits génétiques”, portraits de robots réalisés par certains organismes privés à partir d’échantillons d’ADN et qui ont surtout séduit les autorités de Hong Kong. Ainsi, ils ont autorisé l’affichage dans le métro de “portraits génétiques” de personnes qui jetaient des ordures ou des mégots par terre. “Nous avons tous les éléments pour créer un régime totalitaire”, a déclaré Elizabeth Vazquez, directrice de recherche du Science and Observation Project à New York.

DNA, the End of Crime ?, un documentaire de Gabriel Drean et Jeremy Frey (Fr., 2022, 73 minutes). Diffusion en France 5.

Catherine Pacari