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Que sait-on de “Bridge”, au coeur d’un nouveau scandale dans une maison de retraite ?

Suite au scandale Orpea, un autre groupe s’est concentré sur la gestion des Ehpad, selon Radio France.

Nouvelles allégations d’abus dans Expad. Suite au scandale avec le groupe Orpéa, révélé par le journaliste Victor Castane dans son livre “Les Fossoyeurs”, la cellule d’investigation de Radio France révèle les pratiques du Bridge.

Le groupe, fondé en 2017 par Charles Memon, ancien consultant d’Ernst & Young, a racheté 34 établissements en 5 ans, pour une capacité totale d’un peu plus de 2 000 lits. Au cœur des constats se trouve le manque de personnel, qui entraîne des difficultés dans la continuité des soins.

Bonus supprimés car “l’Ehpad n’est pas assez rentable”

Dans son enquête, Radio France s’intéresse particulièrement à la création de Horbourg-Wihr, près de Colmar (Haut-Rhin). Selon des proches des habitants interrogés, la donne a changé depuis le rachat par le groupe Bridge en décembre dernier.

“Quinze jours après la reprise, Bridge est venu nous dire que les prix allaient augmenter, que les salaires étaient trop élevés, que les Ehpad n’étaient pas assez rentables, les primes ont été supprimées”, a déclaré Bleu à France en février. Pierre-Emmanuel George, gériatre à l’Ehpad des Fontaines à Horbourg-Wihr. Ces primes, selon une étude de Radio France, sont des primes de remplacement, d’assiduité et de participation, qui représentent entre 100 et 150 euros nets sur le salaire d’un soignant.

Gouvernante et aide-soignante pour le suivi de 84 “clients”

A son arrivée, le groupe Bridge a demandé à la directrice de l’Ehpad Horbourg-Wihr de supprimer huit équivalents temps plein, mais elle a refusé et a été licenciée pour “désobéissance”. Son adjoint restera en poste pendant six semaines, a indiqué le Canard enchaîné. Entre les départs forcés ou volontaires, l’établissement n’emploie plus que trois auxiliaires paramédicaux par étage, contre cinq auparavant au deuxième étage pour 42 résidents très dépendants et quatre au premier étage pour 42 résidents un peu plus autonomes.

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Le Canard Enchainé a fait état de la situation dans la nuit du 27 février, lorsque, faute d’effectifs, la direction a fait appel à une femme de ménage et à une aide-soignante pour surveiller 84 résidents, que le groupe qualifie de “salariés” de ses salariés, précise l’hebdomadaire. .

Des averses rares, des couches les unes sur les autres…

Conséquence : la santé des habitants se dégrade. Les douches sont données au hasard, détérioration de l’état de santé faute d’appel des résidents… Les aides-soignants sur place constatent la dégradation des conditions de travail et de vie des résidents.

Le Canard Enchainé a livré des témoignages fin mars, rappelant aux habitants de porter deux couches l’une sur l’autre, voire des douches trop éloignées. Réponse de la direction : “Nous respectons le refus de certains résidents de prendre une douche.” L’ARS, prévenue par leurs soignants et les familles des résidents, a expliqué à Radio France être consciente de la “dégradation du climat social” et des “difficultés de ressources humaines” dans cet Ehpad.

EHPAD, interdit d’accepter de nouveaux pensionnaires

Des témoignages de proches de pensionnaires d’autres établissements gérés par Bridge témoignent des mêmes difficultés. A Lutherbach : “Samedi dernier, c’était 15h30. J’avais prévenu que je venais avec mon père. Mais encore une fois, ma mère était en pyjama. Papa a fait semblant de ne pas voir. Quand je l’ai ramené à la maison, il a eu une larme et il a dit : ‘mais c’est ma femme, qu’est-ce qu’ils lui font ?’ C’est très difficile”, a déclaré Christian à Radio France.

Le groupe Bridge a confirmé à Radio France que les problèmes décrits existaient déjà dans les trois établissements de l’Est de la France rachetés fin décembre 2021. Cependant, ces pannes ne concerneront pas que les établissements de cette partie de la France. Les agences régionales de santé d’Ile de France, de Normandie et du centre Val de Loire ont également reçu des signalements de familles et de salariés du groupe.

Un restaurant du Calvados a même été placé sous administration provisoire début mars en raison de “graves dysfonctionnements” avant d’être renversé par un tribunal. Cependant, l’établissement s’est vu interdire d’admettre de nouveaux résidents pendant 6 mois en raison d’un “manque chronique de personnel (…) qui n’assure pas une prise en charge satisfaisante des occupants lors des toilettes, des repas et du sommeil”.

Bridge nie les allégations

Un ancien responsable d’un établissement tenu par Bridge explique : “Lors de la visite pré-familiale, un ensemble de présentations est montré dans la future chambre du résident : une couverture, un beau cadre, un vase de fleurs et un fauteuil très confortable… retirés immédiatement, une fois le contrat signé », a-t-elle déclaré à Radio France, évoquant « des seringues périmées » ou encore « une pièce sans chauffage depuis deux ans ».

Les accusations ont de nouveau été rejetées par la direction du groupe : “Les audits internes du réseau, ni la récente inspection inopinée de l’ARS, n’ont révélé des incohérences dans la gestion des seringues. Si l’audit révèle une quelconque non-conformité, nous prendrons les mesures nécessaires dans les meilleurs délais.”

Selon Radio France, dans plus de la moitié des restaurants, le groupe Bridge accueille plus de résidents que ne le permet l’ARS. La direction du groupe affirme qu'”elle n’a jamais dépassé l’emploi autorisé pour les places financées au cours de l’année”. Une pratique pour laquelle Orpéa est également à part.

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