En réponse à de nombreuses critiques, le gouvernement du Québec prendra en main le projet du Réseau express métropolitain de l’Est (REM) avec la Ville de Montréal. La partie centrale sera également abandonnée.
• À lire aussi : Refonte des titres de transport : accueil mitigé dans le grand Montréal
• À lire aussi : L’appel d’offres pour le démantèlement de la station de pompage de Craig a été annoncé
Les deux partenaires travailleront avec la Société de transport de Montréal (STM) en collaboration avec l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) pour finaliser la planification et la conception du projet.
Jusque-là, il était développé par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).
“Malgré les nombreuses initiatives présentées ces derniers mois, il reste un manque d’acceptabilité sociale pour certains tronçons”, indique le communiqué accompagnant le communiqué.
Agence photo QMI, TOMA IČKOVIC
La ministre Chantal Roulo, le premier ministre François Lego, la mairesse de Montréal Valérie Plant et la mairesse de la Riviera de Prairie-Pointe-O-Tremblay, Caroline Bourgeois.
Dans la nouvelle version qui sera introduite, la section au centre-ville sera retirée du REM de l’Est. Cependant, ses branches au nord de la métropole et son extrémité est resteront en place.
En mars dernier, CDPQ Infra annonçait qu’elle suspendrait le projet sans un soutien clair de l’administration Plante. Ce dernier a répondu en demandant à la Caisse de décider “clairement et publiquement” s’il souhaitait ou non coopérer avec la Ville.
Agence photo QMI, TOMA IČKOVIC
Après sa réélection, la mairesse Valérie Plante a demandé à la Ville de prendre place à la table décisionnelle afin qu’elle puisse avoir son mot à dire sur le projet. Demande rejetée à plusieurs reprises par CDPQ Infra, qui considère que la participation de la Ville aux différents comités consultatifs est suffisante.
Lors de la campagne électorale, Mme Plante a également promis d’investir 500 millions de dollars pour revoir le développement urbain et mieux intégrer le REM dans le paysage métropolitain.
- Écoutez le résumé de l’actualité avec Alexandre Dube au micro de Benoit Dutrizak sur QUB radio :
Agence photo QMI, TOMA IČKOVIC
Bien que perdant le contrôle du projet du REM de l’Est, CDPQ Infra est toujours en charge du REM de l’Ouest, dont la première succursale devrait ouvrir à l’automne.
Archives photos, Joël Lemay
Commentaires
Depuis son annonce, le projet du REM de l’Est suscite bien des polémiques sur son tracé aérien, qui défigurera la partie centrale de la métropole aux yeux de plusieurs groupes.
Le Chinatown Task Force a condamné le projet, estimant qu’il aurait de nombreuses conséquences négatives pour le secteur.
Dans Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, plusieurs citoyens s’opposaient également au tracé aérien en raison de sa proximité avec des secteurs résidentiels et parce qu’il passerait près du parc Morgan, site du patrimoine culturel.
Dans une note interne reçue de QMI, la Société de transport de Montréal (STM) critique également le projet du REM de l’Est.
Selon celle-ci, la majorité des futurs usagers utiliseront déjà les transports en commun et donc le REM cannibalisera les infrastructures existantes. Elle a également estimé que les coûts de fonctionnement à la charge de la ville augmenteraient “jusqu’aux nues”.
L’Administration régionale métropolitaine de transport (ARTM) a également dévoilé les grandes lignes d’un rapport concluant que le REM de l’Est causerait beaucoup d’inconvénients et que d’autres options devraient être envisagées, en lien avec les conclusions de la STM.
Exo, qui exploite le réseau de trains urbains, a également fait part de ses inquiétudes dans une déclaration publique en février dernier.
Add Comment