Alors qu’une septième vague de cas de COVID-19 a été confirmée au Québec jeudi, le premier ministre François Legault a déclaré qu’une campagne de vaccination pour la quatrième dose débuterait à la mi-août, en prévision de la rentrée scolaire.
La santé publique recommande déjà aux personnes à risque de recevoir une dose de rappel dès que possible si leur dernière dose de vaccin (ou leur dernière exposition) remonte à plus de trois mois, a rappelé M. Lego lors d’une conférence de presse. Cependant, l’opération sera bientôt étendue, a noté le Premier ministre. « À partir de la mi-août, nous le ferons systématiquement », a-t-il déclaré après avoir annoncé sa candidature à la course de Châteauguay.
Puis son cabinet a précisé que cette campagne de vaccination était déjà prévue à l’approche de l’automne. « Depuis la mi-août, ici [aura] campagne de vaccination pour des doses de rappel pour toute la population », a fait écho le presseur Ewan Sowes.
La semaine dernière, le directeur national de la santé publique, le Dr Luke Boileau, s’était contenté d’évoquer une campagne “pour les groupes prioritaires” à la fin de l’été et au début de l’automne.
M. Lego a souligné jeudi que la rentrée scolaire augmentera sans aucun doute la propagation du virus SRAS-CoV-2 au Québec. Il faut préparer le mois de septembre où les enfants retourneront à l’école, a-t-il insisté. Ils seront contagieux, ils [contaminer], ils le donneront à leurs parents, leurs grands-parents. »
Le premier ministre a également confirmé qu’il respecterait les recommandations de la santé publique si certaines mesures sanitaires — port obligatoire du masque, par exemple — devaient être rétablies en septembre, alors même que la campagne électorale québécoise battra son plein. “J’écoute les recommandations de la santé publique depuis deux ans et demi. Je n’écoute pas Éric Duhaime », a-t-il dit en référence aux critiques du chef du Parti conservateur du Québec.
La présidente du comité d’immunisation du Québec, la Dre Carolyn Quach-Tan, partage également les inquiétudes du premier ministre quant à un possible pic de cas à la rentrée. “Lorsque nous retournerons à l’intérieur à l’automne, nous devrons voir s’il y a une nouvelle variante et comment elle fonctionne.” Mais il est certain que la ventilation [dans les écoles] il n’aura pas changé de façon extraordinaire entre l’automne dernier et l’automne prochain. »
“Dans la septième vague”
Plus tôt jeudi, le directeur national de la santé publique a confirmé pour sa part que le Québec connaît une nouvelle vague de cas de COVID-19. Accusant le non-respect des règles d’isolement actuelles par plusieurs patients, le Dr Boileau n’a toutefois pas montré qu’il était prêt à serrer la vis aux Québécois.
“Pour moi, on est dans la septième vague”, a-t-il confirmé lors d’une conférence de presse en compagnie du ministre de la Santé Christian Dubé. Cela, a-t-il ajouté, « dépasse déjà ce que nous avons vu lors de la quatrième vague » – celle de l’été dernier – à la fois en termes de nombre de personnes infectées et d’hospitalisations associées au virus de la maladie.
L’augmentation des cas devrait “commencer à s’estomper dans les prochaines semaines” une fois le pic atteint, a prédit le Dr Boileau. «Mais il y a beaucoup d’incertitudes», a-t-il prévenu: les nouvelles sous-variantes Omicron BA.4 et BA.5 — presque aussi contagieuses que la rougeole — «sont bien établies» et se propagent rapidement au Québec.
Depuis près d’un mois, les hospitalisations liées à la COVID-19 augmentent au Québec, ainsi que les nouveaux cas de la maladie, dans un contexte estival marqué par le retour des festivals sans restriction sanitaire, ainsi que la fin du port du masque est obligatoire dans les transports en commun et dans presque tous les lieux publics (sauf les hôpitaux).
“Le Covid se propage et cela affecte également nos travailleurs de la santé, nous devons donc être conscients que notre système peut être plus affaibli en été”, a noté le Dr Boileau.
Respect de l’isolement
Christian Dubé, pour sa part, s’est voulu rassurant jeudi. “Nous n’aimons pas l’augmentation des cas, mais elle est toujours sous contrôle” dans les hôpitaux de la province, a déclaré le ministre de la Santé. Cependant, nous devons “rester très vigilants”, a-t-il ajouté, et suivre les règles d’isolement si nous avons contracté le COVID-19.
Luc Boileau estime également que la principale raison de cette augmentation réside dans le fait que les gens ont “beaucoup de contacts” alors qu’ils souffrent de la maladie. “C’est pour ça que ça s’infecte autant : parce que les gens ne suivent pas cette règle pendant 10 jours”, a-t-il dit, visiblement irrité par la situation.
Cependant, “je n’ai vu aucune donnée pour étayer cette pensée”, note le Dr Caroline Quach-Tan dans une interview. “J’ai plutôt l’impression que la grande majorité des personnes contagieuses ne le savent pas car elles présentent peu ou pas de symptômes et ont reçu un test faux négatif”, estime le microbiologiste.
Pour contrôler la propagation du COVID, les gens sont encouragés à suivre les règles d’isolement et à se faire vacciner. Un tableau est également disponible pour indiquer clairement qui doit recevoir sa dose de rappel. pic.twitter.com/HttNmheaFE
– Christian Dubé (@cdube_sante) 7 juillet 2022
Doses de rappel et tests PCR
Les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques devraient également recevoir une dose de rappel du vaccin COVID-19 si elles ne l’ont pas déjà fait, a déclaré le Dr Boileau. ” À l’heure actuelle, [la COVID-19] faire le tour et c’est le bon moment pour aller faire une piqûre de rappel », a-t-il déclaré.
De plus, le directeur national de santé publique n’envisage pas de rendre à nouveau les tests PCR accessibles à tous les Québécois: ses équipes sont en mesure d’obtenir des données pertinentes sur l’évolution de la pandémie en analysant les eaux usées municipales, dit-il.
La limitation de cette approche ne fait cependant pas l’unanimité parmi les experts. “C’est une vision à relativement court terme de dire qu’on peut compter sur les eaux usées” pour bien analyser l’évolution des cas, déplore Lara Gauthier, professeure de santé publique à l’Université de Montréal notamment, qui réclame un retour à l’accès universel à la PCR essais.
Avec Nikoo Pajoom
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