Alors que le petit ami de la jeune fille de 14 ans, retrouvée morte jeudi à Klesse, avoue en être l’auteur, son âge lui permettra d’échapper à la prison à vie si sa culpabilité est confirmée.
S’il est détenu pour meurtre, le suspect évitera la prison à vie si sa culpabilité est confirmée. Alors que le petit ami de la jeune fille de 14 ans, retrouvé poignardé à mort jeudi à Cles, Sona et Loire, a reconnu avoir prémédité et commis le meurtre, le procureur de Macon a annoncé qu’il encourt 20 ans de prison.
“Rappelez-vous que ce garçon a 14 ans et que les peines sont plus légères lorsqu’il s’agit de mineurs”, a lancé Eric Jale lors d’une conférence de presse en fin de journée.
En effet, étant donné que l’auteur présumé n’a pas encore 18 ans, il profite de “l’excuse de la minorité” : en vertu de cette règle, la peine maximale est réduite. Dans ce cas, pour meurtre avec préméditation, l’accusé risque d’être condamné à 20 ans de prison, auquel cas le principal suspect serait condamné à la prison à vie.
La détention provisoire d’un mineur ne doit pas dépasser un an
En raison de l’âge du suspect, cette adaptation n’est pas la seule qui fonctionne. Dès sa mise en garde à vue, le mineur bénéficie de plusieurs assouplissements : la durée est réduite, la présence d’un avocat est obligatoire, ainsi qu’une visite chez le médecin. Quant aux personnes âgées, la garde à vue est filmée.
Quant à l’échange avec les enquêteurs, Me Adrienne Gabo, avocate pénaliste, le rappelle : il est fréquent que des agents abordent le détenu.
“Ils peuvent s’adresser à lui comme ils le souhaitent, mais sur des questions de proximité et de cohésion, les enquêteurs sont au courant des détenus”, a-t-il déclaré à BFMTV ce vendredi matin.
Une fois inculpé, le mineur ne peut être maintenu en détention provisoire plus d’un an, ce qui explique qu’il puisse être jugé rapidement. Pendant cette période de détention provisoire et une fois condamnée, une personne âgée de moins de 18 ans peut également bénéficier d’un accompagnement spécifique.
“Il y aura des mesures éducatives visant à l’accompagner pour poursuivre ses études, pour étudier, pour obtenir un diplôme. Il sera accompagné sur le plan social et psychologique”, a précisé Me Adrien Gabeaud.
“immaturité”
L’avocat pénaliste est familier avec ce type d’affaires. Il a notamment défendu le suspect du meurtre de Marjorie, une jeune fille de 17 ans également poignardée à mort en mai 2021. Son client, un adolescent de 14 ans, a évoqué une confusion sur les réseaux sociaux avec Marjorie qui a conduit à sa mort. en action.
“La relation avec un si jeune client pour des faits aussi graves est très inhabituelle. Même au niveau du vocabulaire utilisé : pour des faits de cette nature, si un adulte utilise le terme « bêtise », on dirait qu’il est complètement hors sujet. Pour un mineur de 14 ans, le terme n’a pas exactement le même sens”, a expliqué l’avocat.
Selon lui, cette mauvaise perception de la gravité de l’acte s’explique par un “manque de maturité” chez les adolescents. “Il peut y avoir un sentiment que nous pouvons revenir en arrière alors que, bien sûr, nous sommes dans la vraie vie et non sur les réseaux sociaux, et il n’y a pas de retour en arrière.”
Jugez par les faits, mais aussi par la personnalité
Alors que le suspect du meurtre de Clessé a avoué avoir intentionnellement commis le crime puis a repris sa vie après être allé au lycée, un examen psychologique et psychiatrique et un examen personnel doivent être pratiqués, comme lorsqu’il était un suspect de plus de 18 ans.
« Le but est d’évaluer les éléments de la personnalité : est-elle dangereuse ? Narcissique ? Jalouse ? Y a-t-il un seuil de frustration élevé ou pas ? On juge une personne sur le critère de ce qu’elle a fait, mais aussi sur le critère de sa personnalité. “, conclut Me Adrien Gabeaud, sur BFMTV.
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