“Vive la Nouvelle Union Ecologique et Sociale Populaire !” “Ce tweet, qui sonne comme un cri de joie, a été rédigé ce lundi par Sandrine Rousseau suite à l’accord signé hier soir entre EELV (Europe Ecologie Les Verts) et La France Insoumise (LFI) pour les législatives. Si les discussions se poursuivent avec les socialistes Parti (PS) et PCF (Parti communiste français), l’accord semble marquer un nouveau départ pour la gauche en France, avec le pacte Inter Inter même qualifié d'”historique” par Manuel Bompar, directeur de la campagne des législatives de la France insoumise.
Cependant, soyez prudent. Selon le politologue Pascal Perino, ces cris de joie ne peuvent être que des bruits assourdissants. “L’accord de la France Insoumise avec les Verts, qui ont remporté 5% de l’élection présidentielle, n’est pas vraiment historique. Il faut voir ce qui va se passer ensuite, car pour le moment ce n’est qu’un accord partiel », a déclaré le spécialiste de la sociologie électorale. Même constat du politologue Bruno Coutres, qui ne trouve rien de comparable aux précédents accords établis par la gauche, par exemple en 1997, lors des multiples gauches de Lionel Jospin.
“Il faut attendre de voir quel est le but de cet accord”, a déclaré Bruno Coutres. Si nous voulons envoyer un message aux électeurs de gauche qu’une nouvelle construction politique commence, c’est raisonnable, mais cela prendra du temps et quelques étapes. Si l’idée est de formuler un accord électoral visant à minimiser les pertes de chacun, les élections législatives décideront qui dira si cela a fonctionné ou non.
“Sous la tente à oxygène”
Le nouveau pays, selon Pascal Perino, réside avant tout dans la radicalité imposée par cet accord. « Historiquement, l’union de la gauche s’est toujours rangée du côté du Parti communiste. “C’est la première fois dans l’histoire qu’il y a une alliance avec l’extrême gauche, la gauche de la gauche”, a-t-il insisté. Et de souligner : “Jean-Luc Mélenchon peut s’en réjouir, car il a atteint ses objectifs et s’est imposé comme un rassembleur, comme un compositeur de la gauche française, qui est dans un état déplorable.”
Après les faibles résultats des candidats Yannick Jado, Fabien Russell et Anne Hidalgo à la présidentielle, l’union de la gauche semble enfin avoir trouvé une place dans les discussions… les mêmes qui échouent depuis des mois. “Je pense qu’il y a beaucoup de panique au sein d’EELV et du PS”, estime Pascal Perino. Ils ont obtenu un résultat encore plus bas que prévu. Ils tentent de se mettre sous une tente à oxygène, celle de La France insoumise, mais cela risque de les étouffer politiquement à terme. Si ces accords sont trouvés, on assiste à une énorme radicalisation de la gauche française, qui sera encore plus marginalisée. »
Un tiers des électeurs
Si donc ce premier accord avec EELV ouvre la voie à d’autres signatures à gauche, Pascal Perino reste prudent sur leur poids politique aux législatives. “S’il y a un accord qui inclut le PS et le PC, ce qui semble probable, c’est un accord d’une famille politique, la gauche française, qui reste minoritaire. Il suffit de prendre le premier tour des élections et de constater que leurs résultats réunis ne font pas plus d’un tiers des électeurs », a déclaré le politologue.
Selon les deux politologues, les partis de gauche devront également anticiper, en cas de victoire, les futurs désaccords au sein du gouvernement. “Il reste encore un long chemin à parcourir pour gouverner ensemble avec de nombreux éléments importants de la différenciation idéologique entre ces formations politiques”, a déclaré Bruno Coutres. De son côté, Pascal Perino n’envisage pas de compromis entre les parties. “Comment fais-tu des compromis quand tu pèses 2% et que l’autre pèse 22% ? Ce n’est pas possible”, compare le politologue.
Et maintenant ?
Selon Pascal Perino, le Parti socialiste aurait gagné plus en “gardant la vieille maison”, comme Léon Bloom en 1920, à la chute de la SFIO. “Dans la défaite, les socialistes vendent ce qu’ils sont, c’est-à-dire la tradition d’un gouvernement de gauche qui gouverne les grandes villes, les régions, les départements. Il risque vraiment de briser ce qui reste du Parti socialiste. Et Bruno Coutres d’ajouter : “Leur candidate à la présidentielle, Anne Hidalgo, vient de faire campagne pour la retraite à 62 ans, pour l’engagement européen et l’Otan. Supprimer tout cela hors de contrôle pendant une très courte période de temps montre qu’il n’y a aucune mesure pour permettre aux électeurs d’adhérer pleinement. “Au siège de La France Insoumise, dans le 10e arrondissement de Paris, les discussions entre le PCF et le PS ont encore lieu ce lundi soir.
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