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RAPPORT. Le premier parc éolien en mer sort progressivement de l’eau à Saint-Nazaire “un mois à l’avance”

Encore en phase de test, la première éolienne du parc éolien de Saint-Nazaire à fonctionner semble irréaliste. Ses pales, qui se déploient sur soixante-quinze mètres, semblent même hésiter à tourner. Cette semaine, cependant, l’énorme machine a produit de l’électricité : la première éolienne offshore de France et un prélude à un vaste programme qui prévoit la construction de cinquante autres champs offshore au large des côtes françaises.

Quelques-unes des vingt-sept éoliennes déjà installées dans le parc près de Saint-Nazaire. (GRÉGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

“Quatre-vingts fondations ont été installées en un an seulement”, a déclaré Céline Boden, chef de projet pour EDF Renouvelables, qui a du mal à cacher sa fierté : “Nous avons un mois d’avance sur le calendrier”. 27 éoliennes ont déjà été plantées sur ces fondations. Les câbles sont posés, ce qui doit former une toile d’araignée sous-marine. C’est cette voie qui reliera chaque mât à une sous-station électrique, quelque chose comme un bâtiment maritime qui collectera toute l’électricité pour la redistribuer “en deux câbles” jusqu’à Kurans Beach avant de se diriger vers le réseau national.

Des navires aux formes étranges circulent entre les mâts blancs, et les câbles tournent derrière eux comme de longues cordes. Baptise Chanson, de Louis Dreyfus Armateurs, est responsable de cette opération pas toujours facile en mer. mauvais temps soudain, pour réussir à faire passer le câble et se mettre à l’abri ».

Le projet a été l’occasion de trouver des solutions pour les prochains parcs offshore, des solutions techniques, comment poser des câbles sans casser les fonds rocheux et des solutions de conseil pour permettre aux pêcheurs de continuer à travailler. Elle a également lancé une nouvelle filière maritime, selon Gaël Cayo, directeur des activités énergies renouvelables chez Louis Dreyfus Armateurs. « La France a une culture maritime très forte liée à la pêche et aux loisirs. Mais la culture de l’offshore, de la construction de parcs éoliens, n’existait pas. »

Le premier essai à Saint-Nazaire a permis de créer un référentiel, “tout ce qui touche à l’aspect réglementaire des conditions de travail, l’adaptation des codes de la construction navale, c’est quelque chose que nous avons construit au fil du temps avec les autorités”. Le champ de Saint-Nazaire fonctionnera à pleine capacité en décembre. Il produira 480 mégawatts, soit un peu moins de la moitié d’un réacteur nucléaire.

Eolien offshore Saint-Nazaire – Reportage de Grégoire Lecalo

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