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Reconstruction de la place de La Laurentenne : enjeux patrimoniaux et défis techniques

Conçue en même temps que les pavillons Lionel-Groulx, Maximilien-Caron et du 3200, rue Jean-Brilant qui l’entourent, la place de La Laurentenne est représentative de l’architecture fonctionnaliste. Financée à parts égales par l’Université de Montréal et le Fonds pour l’amélioration de la vie étudiante, constitué de contributions facultatives des étudiants de l’UdeM, la rénovation de cet important lieu de rencontre au cœur du campus était attendue. Nous avons discuté avec Sylvie Jellinas, chargée de projet à l’Université de Montréal, et Marie-Ive Parent, architecte paysagiste et designer chez Lemay.

Projet complexe

C’est en parcourant le site que l’on prend conscience de l’ampleur et de la complexité de ce projet. Car avant même de penser à l’aménagement des places publiques, il a fallu réaliser d’importants travaux de construction comme l’étanchéité et le scellement de trois galeries souterraines, ainsi que l’intégration de sept bassins de rétention.

« Le plus gros défi technique a certainement été la construction des bassins de rétention », précise Sylvie Gélinas. La forte baisse est un grand défi lors de fortes pluies et maintenant l’endroit devrait être en mesure de gérer l’eau de pluie. Les bassins de rétention se remplissent et réduisent les risques de débordement du réseau public d’eau. Avant, l’eau de pluie entrait dans l’aqueduc municipal et se déversait dans la rivière, mais les règles ont été modifiées, ce qui est bien. »

Escalier Monumental Jean-Brillan

L’escalier monumental à l’entrée de la place, rue Jean-Brillan, a nécessité un gros coffrage en bois pour permettre le coulage de la structure en béton. “La construction a été installée, maintenant nous attendons les marches préfabriquées, qui seront bientôt installées avec une grue. La roche était plus profonde que prévu à cet endroit, les rochers avaient des formes totalement incompatibles avec les piliers en béton, et il y avait un égout pluvial de la Ville que nous ne pouvions pas déplacer : c’était un énorme défi. pour le construire structurer! s’exclame Sylvie Jellinas. Il y avait autrefois un petit escalier de six pieds de large, sur la gauche il a été enlevé. Nous avons dégagé le gabbro, la base du mont Royal, que nous voulions mettre en valeur, et restauré les surfaces avec des graminées et autres espèces indigènes approuvées par la ville.

Protéger et agrandir la couverture en bois

Depuis le début du projet, un spécialiste de la foresterie urbaine visite régulièrement le site pour s’assurer que les arbres préservés sont arrosés adéquatement. “Plusieurs fosses entoureront les arbres qui seront plantés en face de la terrasse Valère : c’est un système de caissons mis en place avant le coulage du béton, qui protège le bois et assure qu’il y a suffisamment de terre et d’espace sous le béton pour que les racines puissent continuent de croître. se répandent », a déclaré Sylvie Gélinas.

Le plan de plantation prévoit une augmentation de 25 % du couvert arboré, dont 68 feuillus, dont dorés et tilleuls, 222 arbustes feuillus et plus de 1 000 vivaces, graminées et fougères. « Dans le secteur près du pavillon Lionel-Groulx, 20 arbres ont déjà été détaillés, sélectionnés et conservés, en tenant compte de la taille et du diamètre minimal du tronc, qu’il fallait respecter », a précisé le chargé de projet. Des chênes seront plantés dans les trois bancs triangulaires dont le diamètre du tronc sera plus grand que les autres essences, qui sont toutes des essences originaires du mont Royal. La surface de l’usine couvrira plus de 3500 m2.

Gabro, la base du mont Royal

Outre les défis techniques, d’autres enjeux liés au respect du patrimoine ont retenu l’attention des concepteurs. Les trouvailles rocheuses, que l’on retrouve un peu partout sur le campus, et plus particulièrement autour de la place de La Laurentienne, font partie des nombreux atouts naturels du site, mis en valeur en 1968 par l’architecte paysagiste Jean-Claude La Haye, qui dessina à l’époque le plan général. pour les installations du campus. Il était important pour Marie-Ève ​​Parent de conserver cette empreinte, tant dans les éléments naturels disponibles que dans les caractéristiques des aménagements construits.

“Vous sentez vraiment cette influence organique descendre de manière décisive sur la place. Les révélations rocheuses révèlent des amas de gabbro, la base du mont Royal, que nous avons tenté d’exposer et de mettre en valeur, comme dans le mur qui court dans les escaliers du pavillon Samuel-Bronfman ou l’arnaque près du pavillon Lionel-Groulx, que nous venons de nettoyer, qui sera entouré d’une nouvelle végétation locale et sur lequel reposera l’escalier monumental. C’est un des éléments que nous gardons du concept de M. La Hay, ce sera génial ! » pointe vers l’architecte paysagiste.

Pavés hexagonaux et béton

Il est également essentiel de conserver et d’améliorer les éléments caractéristiques des aménagements, tels que le motif hexagonal des pavés de béton de forme triangulaire, repris du tracé original de Jean-Claude La Haye (trois nuances de gris, décliné en six textures ) ou même des matériaux de surface en béton.

« Nous avons travaillé avec un glossaire de formulaires conçu par M. La Haye et retrouvé à plusieurs endroits sur le campus de la montagne », explique Marie-Ive Parent. C’était un principe de base de notre concept : conserver ces éléments, voire les renforcer, en respectant le design d’origine, mais pas seulement de manière esthétique. Nous voulions agir sobrement, ce que nous avons fait dans les meubles. Nous nous sommes donc inspirés de ce qu’il faisait et avons imaginé des meubles plus modernes qui conservent des formes géométriques très nettes. »