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Réserve faunique des Laurentides : Wendake appelle au calme et au dialogue

En entrevue exclusive avec Radio-Canada, le chef du Grand conseil huron-wendat a exprimé sa tristesse et son étonnement face aux mots utilisés cette semaine par plusieurs peuples autochtones pour décrire les événements qui se sont déroulés dans la réserve faunique.

Le chef de la première nation, Maschewiatsch, a déclaré que des actes criminels de vandalisme avaient été commis par la nation huronne-wendat sur des terres pour lesquelles des membres de la communauté innue avaient reçu des permis de résidence de leur conseil de groupe.

Jeudi, tous les chefs des nations innue, atikameq, maliset et abénakise ont condamné le braquage de Huron-Vendat. Selon eux, Wendyk renierait ainsi les valeurs de partage, de respect et d’entraide entre les premières nations.

Selon les Innus de Mashteuiatsh, des pierres et des arbres ont été posés sur le sol et une tranchée a été creusée, ce qu’ils qualifient de vandalisme.

Photo : Avec l’aimable autorisation de Claude Paul

Ces positions ont ému le grand chef Remy Vincent.

Des mots tels que vandalisme, pillage et destruction ont été sur-proférés et repris avec bonheur par les médias, alors que les actions de ces derniers jours ne peuvent en aucun cas être décrites comme telles, ni sur le fond ni sur la forme, a-t-il déclaré vendredi. reconnaissant qu’il était malade.

“Je n’accepte pas qu’on nous accuse de violer nos valeurs ancestrales communes et qu’on essaie de nous donner une leçon. »

– Citation de Remy Vincent, grand leader de la nation huronne-vendat

Le grand chef défend le droit de sa communauté à l’autodétermination et à l’autonomie gouvernementale lorsque d’autres viennent empiéter et chasser sur nos terres. Le fait que nous voulions avoir un territoire et l’occuper s’inscrit dans la volonté partagée par tous nos peuples de favoriser la transmission des savoirs traditionnels, a-t-il ajouté. La nation huronne vendat, dit-il, ne fait pas exception.

Nous voulons rester diplomates, a-t-il insisté, ajoutant que les deux nations ne sont pas en confrontation directe. Comme le patron d’Inu Gilbert Dominic plus tôt cette semaine, Remy Vincent a appelé au calme. Il espère que le dialogue entre frères et sœurs pourra reprendre au plus vite.

Le grand leader croit que la discussion est la seule possibilité et veut à tout prix empêcher les gens [des deux communautés] s’élever jusqu’aux limites du territoire. Ce n’est vraiment pas ce que nous voulons.

Conflit historique

Cependant, le chef chef des Wendat nie que les événements récents dans la réserve faunique des Laurentidis aient obscurci les fondements d’un conflit dans lequel quatre grands chefs wendak se relaient sans parvenir à s’entendre avec les Inu.

Nous sommes surpris par la tentative de renforcer la division entre les nations et de simplifier grossièrement un dossier délicat, complexe et très long, a-t-il dit de la prise en charge politique de l’incident par certaines communautés.

Réserve faunique des Laurentides

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Dans le même ordre d’idées, il a rappelé que la nation huronne-vendat avait émis un avertissement aux Inus de Mashteuiatsh en février au sujet des terres visées après avoir appris que des permis avaient été délivrés pour des territoires contestés. Nous avons fait comprendre au chef Dominic […] que, pour mener les négociations de bonne foi, il doit respecter les frontières indiscutables de son territoire.

Devant une réponse jugée insuffisante, reçue par le chef inu, les Huron-Vendat adoptent en avril une déclaration d’autodétermination territoriale. Ce qui est considéré comme du vandalisme pour certains est décrit comme un retour à l’état naturel du territoire par le Conseil des Nations Huron-Wendat.

Les Innus ont accompagné cette photo d’une note avertissant que les travaux effectués sur le terrain n’étaient pas autorisés par le Conseil de la Nation huronne-wendat.

Photo : Avec l’aimable autorisation de Claude Paul

Chevauchement territorial

Les deux aborigènes revendiquent depuis longtemps des droits sur la Réserve faunique des Laurentides, établie par le gouvernement du Québec il y a 126 ans.

Les Hurons-Wendat croient que la réserve fait partie intégrante de leur territoire ancestral, le Nionwentsïo. Leurs revendications s’appuient notamment sur le traité huron-britannique de 1760, reconnu par la Cour suprême en 1990, et sur des cartes montrant l’occupation des lieux par leurs ancêtres au cours des derniers siècles.

Selon le grand leader Remy Vincent, le Conseil Inchei des Mashcheats savait que l’octroi de permis pour s’installer à Nyonventzio provoquerait notre nation. D’autant plus que les terres contestées près du petit lac Jacques-Cartier sont plus au sud et donc plus profondes dans les terres revendiquées par les Hurons-Wendat.

Une enseigne située dans la réserve faunique des Laurentides déclarant Nitasinan, un territoire revendiqué par les Inu.

Photo : Radio-Canada / Guy Bois

Les Innus, pour leur part, prétendent que la réserve faunique des Laurentides est entièrement située sur Nitasinan (notre terre) et y revendiquent des droits de succession. La communauté de Mashteuiatsh a mené des recherches pour étayer ses affirmations.

S’ils reconnaissent un certain chevauchement, les parties ne s’entendent pas sur l’endroit où tracer la ligne. Les Innus dénoncent particulièrement la demande d’exclusivité des Hurons-Wendat, tandis que les Wendake dénoncent le déni de leur présence historique sur ces territoires.

« J’aimerais que la partie innue soit responsable, vienne s’asseoir avec nous et règle enfin tout ça. S’il y a vraiment des preuves historiques et archéologiques satisfaisantes, eh bien, nous signerons un contrat et tracerons une ligne. »

– Citation de Remy Vincent, grand leader de la nation huronne-vendat

Pas seulement la réserve faunique

Le conflit entre Innus et Hurons-Wendat touche bien plus que la réserve faunique des Laurentides.

En 2004, quatre communautés inu, dont celle de Mascheiatsh, ont conclu une entente générale de principe avec les gouvernements provincial et fédéral, qui comprenait la partie dite sud-ouest.

Cet accord politique se veut une base de négociation en vue d’un traité reconnaissant le territoire des Inu. Cependant, la partie sud-ouest n’a toujours pas de statut spécifique à ce jour.

Cet ajout revendiqué à l’Innu Nitassinan s’étend jusqu’au Nionwentsïo sur un très grand territoire au nord du fleuve Saint-Laurent, incluant la ville de Québec, une partie de la réserve faunique des Laurentides et même Wendake, le siège de la nation huronne-wendat.

Dans cette optique, les Inuis revendiquent les terres excédentaires de la Défense nationale de Sainte-Foy au Québec, alors qu’elles sont également surveillées par les Hurons-Wendat.

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L’Accord général de 2004 décrivait en principe les territoires des quatre premières nations inu, y compris Mascheiatsh. La partie bleue est la partie sud-ouest revendiquée par les Innus et se situe au cœur de Nyonventzio, le territoire des ancêtres de la nation huronne-vendat, délimité en rouge.

Photo : Conseil de la Nation Huron-Vendat

Québec et Ottawa critiqués

Selon Rémy Vincent, cette entente, conclue sans la participation de la nation huronne-wendat, a jeté les bases d’une version plus moderne du différend.

Le Grand Leader a également accusé Québec et Ottawa d’avoir créé le problème de la signature de l’entente de principe en 2004. Après l’avoir signée, Rémy Vincent a confirmé que la présence d’Inu était de plus en plus appuyée sur le territoire revendiqué par sa nation. , créant les frictions observées aujourd’hui.

Le Conseil Huron Vendet dénonce depuis longtemps l’ambiguïté entourant ces territoires. Le prédécesseur de Rémy Vincent, le grand leader Conrad Siui, avait approché le Tribunal fédéral pour que la situation soit clarifiée et que des lignes soient enfin tirées.

Le chef de la Première nation Gilbert Dominic Mascheiatsch a condamné le comportement de la nation huronne-vendat cette semaine.

Photo : Radio-Canada / Dolphin Jung

Le Canada doit immédiatement entamer des discussions sérieuses et approfondies avec le candidat [la Nation huronne-wendat] en vue de concilier, dans la mesure du possible et d’une manière compatible avec l’honneur de la couronne, les différences entre la nation huronne-vendat et les premières nations des Masheyatsh et des Innus d’Égypte quant au territoire à couvrir [l’entente]a essayé De Montini en décembre 2014.

Le problème n’est toujours pas résolu près de huit ans plus tard.

“Nous sommes toujours prêts à ouvrir des livres ensemble pour rappeler les fondements historiques, archéologiques, anthropologiques et juridiques qui renforcent notre légitimité sur notre territoire”, a déclaré Rémy Vincent lors de l’entrevue, invitant le Grand Chef Gilbert Dominic à sa table.

Les gouvernements provinciaux et fédéral doivent également travailler, a-t-il insisté.