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Rivière Saint-Charles : une opération d’envergure pour retrouver les disparus

Malgré la présence de maîtres-chiens, de plongeurs, d’un drone et d’un hélicoptère, la principale opération pour retrouver deux jeunes adultes noyés dans les eaux tumultueuses de la rivière Saint-Charles n’était pas définitive lundi à Québec.

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Vers 18 heures dimanche, un homme et une femme d’une vingtaine d’années seraient tombés à l’eau au parc des Saules près du pont de la piste cyclable et de la maison d’O’Neill. Jusqu’à présent, la recherche a été infructueuse.

La thèse accidentelle est actuellement privilégiée par la police. «Nous mettons tout en œuvre pour les retrouver le plus rapidement possible», a déclaré David Peletier, porte-parole de la Sûreté du Québec (SPVQ).

Photo par Agence QMI, Marcel Tremblay

Un ami du disparu a confié à un journal que ce dernier avait peut-être plongé pour sauver la jeune femme tombée à l’eau.

“C’est fort probable. Il a suivi des cours de natation au PEPS. Il est ambitieux, amical et honnête. Nous avons essayé de contacter sa famille au Cameroun. Sa mère pleure. Elle est inconsolable», a déclaré Williams, qui dit avoir contribué à l’intégration du jeune homme, qui vivait sur le campus de l’Université Laval depuis moins d’un an.

Photo par Agence QMI, Marcel Tremblay

Des plongeurs et un hélicoptère de la Sûreté du Québec (SQ) sont appelés en renfort. Pendant la majeure partie de la journée, l’avion a survolé la zone de basse altitude, suivant méthodiquement le cercle du ruisseau sinueux.

La recherche s’étend sur plus de dix kilomètres le long de l’eau et des rives, à pied et en bateau, jusqu’à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent.

Photo par Agence QMI, Marcel Tremblay

La recherche a également impliqué l’unité de dressage de chiens du SPVQ, son unité navale et un drone. En milieu d’après-midi, les secteurs qui pouvaient être parcourus à pied étaient presque tous visités.

Dès dimanche, de nombreux efforts ont été déployés par les forces de l’ordre et les pompiers jusque tard dans la soirée.

Citoyens tristes

Les événements ont attristé de nombreux citoyens et usagers du parc qui surveillaient le fleuve d’un œil beaucoup plus attentif lundi, à la recherche d’indices pouvant apporter des réponses aux familles.

“J’ai la chair de poule. Même si nous ne les connaissons pas, cela compte toujours pour nous. Je me promène souvent ici dans le parc, puis là, j’aurai un peu envie de regarder, d’ouvrir les yeux », raconte Mario Thibault, un habitant des Saules.

Photos Agence QMI, Marcel Tremblay

Les gens ordinaires ont remarqué que le dimanche à Saint-Charles était plus orageux que d’habitude, probablement à cause de la pluie des jours précédents.

Au moment de l’incident, son débit était d’une trentaine de mètres cubes par seconde (m3/s), selon la station ministérielle, située à plusieurs centaines de mètres. C’était lundi. A titre de comparaison, elle est généralement inférieure à 5 m3/s en été.

Sous le pont où s’est produit le drame, la profondeur de l’eau est estimée à dix pieds.

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“[Dimanche] Je vous dirais que je ne voudrais pas tomber dedans. J’ai vu le courant et même un nageur professionnel, là, sauter dans le courant du même…”, soupire M. Thibault.

Vendredi, la Société de la rivière Saint-Charles a annulé la descente traditionnelle, qui devait avoir lieu dimanche, en raison du débit déclaré « très élevé ». Depuis 25 ans, l’événement s’est toujours produit en dessous de 10 m3/s.

“Soyez prudent lorsque vous sortez au bord de la rivière”, écrivait lundi l’organisation sur Facebook après le drame. Il a rejeté notre demande d’interview.

“C’est vraiment triste, surtout pour la famille. J’espère vraiment qu’ils les retrouveront », a déclaré Sophie Caro, une citoyenne qui n’habite pas très loin. Dimanche soir, elle s’est précipitée près des ponts de l’espace vert avec son mari et ses deux enfants pour aider aux recherches.

Au moins 12 noyades cette année

Si les décès sont éventuellement confirmés, l’incident de dimanche sur la rivière Saint-Charles entraînera 14 noyades survenues au Québec depuis le début de l’année, comparativement à 17 à la même période en 2021.

Cet événement est malheureusement représentatif d’un phénomène documenté au Québec, puisque 74 % des noyades surviennent dans des plans d’eau naturels et 4 sur 10 dans des rivières, rappelle Reynold Hawkins, PDG de l’organisme.

“Quand on connaît la rivière, on la respecte dans tous les sens du terme, car parfois elle a l’air calme en surface, mais il y a des courants et des tourbillons en contrebas”, a-t-il dit, conseillant de rester sur les chemins balisés.

“S’il n’est pas aménagé pour vous rapprocher de l’eau, on n’y va pas et il faut penser à la rivière uniquement pour les sports nautiques, sauf s’il y a une zone de baignade bien aménagée”, a-t-il ajouté.

La demande devrait reprendre mardi.

“En collaboration avec Jean-François Racine.”