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Roxana Maracineanu appelle à un “front républicain” contre Rachel Keke, la gauche indignée – Libération

Dossier élections législatives 2022 La gauche proteste contre l’abus de cette expression, vouée à la lutte contre l’extrême droite par l’ancienne ministre des sports et candidate LREM, qui a appelé à un “front républicain contre l’extrême gauche” contre la candidate du Nupes, soubrette et syndicaliste Rachel Kéké.

“barrage” et “Front républicain”. Ce sont des mots que l’on croyait réservés à la lutte contre l’extrême droite. A chaque fois que le Front national, devenu Rassemblement national (RN), se qualifie pour le second tour des élections, la droite et la gauche s’accordent pour lui barrer la route. Oui, mais c’était avant. Les macronistes ont maintenant inventé “Front républicain” contre ce qu’ils appellent “extrême gauche”. Rachel Keke, femme de ménage franco-ivoirienne qui s’est battue victorieusement pendant vingt-deux mois avec ses collègues de l’Ibis Batignolles pour exiger de meilleures conditions de travail, en a fait les frais à ses dépens. En tête du second tour avec 37,22% des suffrages, le candidat de la Gauche unie affrontera dimanche l’ancienne ministre des Sports Roxana Maracineanu (LREM), arrivée deuxième avec 23,77%. Un écart important qui inquiète la macronie.

Invitée de France Info lundi matin, Roxana Maracignanu a appelé “Quiconque n’a pas voté pour Rachel Keke” pour la rejoindre “Front républicain”. Des mots surprenants. Rappelons que cette digue existe pour installer un cordon sanitaire autour des partis ou candidats qui s’inscrivent hors du champ républicain. Ou du moins qui constituerait une menace pour la république. Plus tard dans la matinée, l’ancien champion de natation lui a remis un manteau. “J’ai toujours lutté contre les extrêmes. C’est pourquoi j’appelle tous ceux qui ne veulent pas de la gauche radicale à me rejoindre. » Murmura-t-elle, renvoyant dos à dos “extrêmes” peu importe. Une stratégie très appréciée des macrons, qui ne s’est pas démenti depuis plusieurs jours face au Nupes.

« Une culpabilité politique impardonnable » pour David Cormand

La gauche, très remonté contre les propos de Roxana Maracinanu, monte en puissance. La ministre en disgrâce sombre dans l’humiliation alors qu’elle demande que Rachel Keke soit “bloquée”, raconte Matild Panot, candidate LFI dans le Val de Marne et présidente du groupe rebelle à l’Assemblée. Au contraire, elle se dit “fier” envoyer “à la réunion la première femme de chambre de l’histoire”. D’une seule voix, les écologistes, les communistes et les socialistes ont emboîté le pas. David Cormand, député européen d’EE-LV, se veut particulièrement dangereux. “Privés de tout repère, les candidats LREM se perdent dans l’eau salée. En n’appelant pas le RN à gagner tout en revendiquant un front républicain face aux Nupes, ils banalisent l’extrême droite. », il a dit. Avant d’être puni un “Pacte de Faus” qui aux yeux de Cormand représente “erreur politique impardonnable”.

Ian Brosat, adjoint au maire PCF de Paris, assommé : “Ces gens sont pathétiques.” Cette séquence intervient, dit-il, après que la majorité a fait « Louer des valeurs communes avec la gauche entre les deux tours de la présidentielle ». Les propos de l’ancien ministre ne passent pas pour François Rufin. Le député et candidat de Nupes, arrivé en tête au premier tour avec plus de 40 % des suffrages à Soma, a remporté : “Quand Rachel Kekes du pays nettoie les toilettes de vos chambres d’hôtel, vous n’appelez pas le front républicain là-bas.”