Parcourant l’est de Montréal, accompagné entre autres du ministre de la Santé sortant Christian Dubé et de son collègue Lionel Carman, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a présenté son plan pour une plus grande inclusion du secteur privé dans le modèle québécois.
Il veut donc construire deux centres médicaux, l’un dans l’est de Montréal et l’autre au Québec. Ces installations, entièrement construites et exploitées par des entreprises privées, comprendront des groupes de médecine de famille (GMF) et des mini-hôpitaux destinés, entre autres, à traiter les urgences mineures.
“Il y a des gens qui pensent que le mot ‘privé’ revient à parler du diable. »
— Citation de François Legault, chef de la Coalition avenir Québec
Mais pour François Legault, il n’est pas question de faire payer les Québécois pour les soins qu’ils reçoivent dans ces centres médicaux. Pour nous, le secteur privé doit être gratuit pour les patients, a-t-il répété.
Ainsi, les activités médicales seront remboursées par la Régie de l’assurance maladie du Québec.
Si cela fonctionnait, nous saurions
Lors de sa conférence de presse, François Legault a dit qu’il s’attendait à ce que sa proposition suscite toutes sortes de débats.
Et il n’avait pas tort. Les autres partis de la campagne ont réagi rapidement.
Le chef du Parti québécois, Paul Saint-Pierre Plamondon, affirme que la CAQ veut couper dans les services publics.
Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache
C’est le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre-Plamondon, qui a lancé le bal, il a complètement fermé la porte à cette idée. Il faut voir où ça va. Elle s’oriente vers une dégradation planifiée des services publics, a-t-il dit.
Pour lui, la volonté de la CAQ de réduire les impôts vise à réduire les sommes disponibles pour financer le réseau de la santé et à ouvrir la porte à l’intervention des entreprises privées dans les services publics.
Même son de cloche du côté de Québec Solidaire. Le coprésident Gabriel Nadeau-Dubois a critiqué la proposition. La médecine privée, si ça marchait, on le saurait, a-t-il répété lors d’un point de presse à Rimouski.
Selon lui, les agences de placement privées et les CHSLD privés sont la preuve que le secteur privé n’est pas la solution aux problèmes du Québec.
“François Legault est tombé amoureux du secteur privé et je pense que l’amour l’a aveuglé. »
— Citation de Gabriel Nadeau-Dubois, co-animateur de Québec solidaire
Gabrielle Nadeau-Dubois critique la proposition de François Legault de se tourner vers le secteur privé pour régler les problèmes du réseau de la santé.
Photo : Radio-Canada / Danny Pilot
Pour sa part, le chef libéral Dominic Anglad s’est également dit opposé à une intervention plus privée dans les soins de santé, mais avec une mise en garde. La seule fois où nous regardons le secteur privé dans le domaine de la santé, c’est pour accélérer les opérations, a-t-elle soutenu.
“Le mot ‘p'”
Pour Gabriel Nadeau-Dubois, cette proposition est la preuve que les tendances conservatrices sont bien présentes à la CAQ.
Je pense que François Legault est influencé par Eric Duheim, a-t-il dit en réponse à la question d’un journaliste. C’est le cas dans le dossier de GNL Québec […], et cela s’applique également à la santé. M. Lego tourne à droite.
François Legault a planifié cette attaque. Moi à gauche, à droite, ça m’est égal, a-t-il déclaré lors d’un briefing samedi matin. Les résultats sont importants pour moi. Je suis une personne pragmatique.
De son côté, le chef conservateur s’est réjoui de la comparaison. “Voir que la CAQ considère tranquillement le ‘mot-P’ un peu moins tabou est une bonne nouvelle”, a commenté Eric Duhaime en conférence de presse samedi après-midi.
Le chef du Parti conservateur, Eric Duhaime, s’est rendu dans un vignoble de Sainte-Anne-de-la-Pérade pour proposer la fin du monopole de la SAQ sur la vente d’alcool au Québec.
Photo : Radio-Canada / Sébastien Desrosiers
La mauvaise nouvelle, c’est qu’elle vient de François Lego, a-t-il ajouté. Selon lui, le patron de la CAQ n’est pas sincère dans sa volonté de renouveler la structure du système québécois.
Son parti estime que cette proposition ne va pas assez loin. Il veut permettre la concurrence dans le réseau de la santé pour que le patient en ait pour son argent, selon son candidat Karim Elayoubi.
libérer le vin
Et ce n’est pas seulement dans le domaine de la santé que le chef conservateur souhaite une plus grande intervention du secteur privé.
Il visitait un vignoble à Sainte-Anne-de-la-Pérade pour proposer de mettre fin au monopole de la Société des alcools du Québec (SAQ) sur la vente d’alcool au Québec.
Ainsi, Eric Duheim veut libérer le vin à la campagne. Il jure que son parti n’est pas contre la SAQ, mais déplore le fait que les producteurs québécois soient soumis à une réglementation trop stricte.
C’est trop compliqué, dit M. Duhaime, qui veut que l’alcool soit considéré comme un bien de consommation normal.
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