Devant, Martin Deron, chargé de projet pour le défi numérique, Chemins de Transition, de l’Université de Montréal et de retour dans le cyberespace, Guillaume Pitron, journaliste, réalisateur et auteur de Digital Hell : Journey to the End of LIKE, conférencier à l’événement . (Photo: gentiment)
LA TECHNO PORTE CONSEIL est une rubrique qui vous fait découvrir des plateformes, de nouveaux outils ou de nouvelles fonctionnalités pouvant être facilement et rapidement implémentés dans votre travail quotidien, en plus de démystifier les tendances technologiques actuelles.
CONSEIL POUR LEUR PORTE. Prolongez la durée de vie de votre parc informatique en favorisant les réparations. Voilà quelques-unes des actions concrètes que les organisations peuvent poser dès maintenant pour réduire l’empreinte environnementale de leurs activités numériques, selon un expert présent à la neuvième édition du Sommet de l’innovation de Montréal (SMI), intitulée « Entre Terre et techno, ça clique ?”.
“Nous avons cette vision du numérique comme quelque chose d’illimité, mais ce n’est pas, c’est limité”, a déclaré Martin Deron, chargé de projet pour le Défi numérique Chemins de transition à l’Université de Montréal.
Cet événement SMI a permis de s’attaquer à “l’angle mort”, à savoir le fait que la technologie pollue plus qu’on ne le pense. En effet, l’industrie numérique représente 4 % des gaz à effet de serre mondiaux, soit plus que l’aviation, a déclaré Guillaume Pitron, journaliste, réalisateur et auteur de Digital Hell : A Journey to the End of LIKE, intervenant lors de l’événement.
“Pour un téléphone qui pèse 40 grammes, il a fallu mobiliser beaucoup de matériel, peut-être 100 ou 200 kilogrammes, mais on ne le voit pas”, a déclaré Martin Deron en entrevue avec Les Affaires. “Même si l’appareil est très petit, c’est beaucoup de matière et donc beaucoup d’énergie et un grand impact. [sur l’environnement]”
Par conséquent, en reportant le moment où l’entreprise met à jour sa flotte, elle peut retarder le moment où le matériel sera jeté. “En général, il ne sera jamais possible de compenser [les effets sur l’environnement de la fabrication]mais plus on garde [un appareil] plus c’est long, plus les effets sont atténués », ajoute le chef de projet.
Promouvoir l’occasion
Bien qu’il n’y ait pas de chiffres magiques pour la durée de vie recommandée, certaines mesures peuvent être prises pour entretenir le matériel. “Il faut développer des réflexes pour réparer des appareils et, si possible, voir si l’appareil dont on a besoin est d’occasion sur le marché de l’occasion”, explique Martin Deron.
Dans le cas où l’achat de nouveaux équipements est incontournable, l’expert recommande aux entreprises de se tourner vers des appareils plus durables et donc plus faciles à réparer. “Il existe des produits, qu’il s’agisse d’ordinateurs ou de smartphones, qui sont beaucoup plus réparables que d’autres”, a-t-il déclaré.
Martin Deron ajoute que la certification environnementale est aussi un bon élément à garder en tête pour réduire son empreinte lors de l’achat. “Il y en a plusieurs, dont l’EPEAT”, précise l’expert.
Les entreprises peuvent également prendre des mesures proactives pour s’assurer que les appareils ne sont pas affectés par le vieillissement planifié. “Si vous vous abonnez à une suite de produits comme Microsoft Office ou Google, vous êtes dépendant du service technique et de la durée pendant laquelle votre appareil peut le prendre en charge”, explique Martin Deron. Il recommande donc de se différencier de ces outils pour adopter des logiciels libres.
Économie circulaire
Au-delà des actions concrètes, les experts présents au SMI ont appelé à un changement des business models. Ils soulignent que le rythme actuel de consommation, de production et d’extraction des ressources nécessaires à la production des technologies numériques ne diminue pas. Ce serait même incompatible avec nos visions environnementales et l’Accord de Paris.
Guillaume Pitron prône une économie circulaire dans laquelle les produits numériques peuvent être recyclés. “[Présentement]le recyclage des matériaux est difficile, le prix est cher et donc l’occasion coûte plus cher que le neuf », explique-t-il.
Plus généralement, des experts proposent également des formations et des sensibilisations auprès des salariés sur l’impact des technologies numériques sur l’environnement, comme la pollution générée par l’envoi d’emails avec pièce jointe, qui enlèverait cette image de numérique illimité.
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