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Sommet de la septième vague | Cours d’automne

Même si la tendance des décès demeure pour l’instant à la hausse, le Québec semble maintenant avoir dépassé le pic de nouveaux cas de COVID-19 dans cette septième vague. C’est maintenant le moment idéal pour bien se préparer à ce qui pourrait arriver à l’automne, disent les experts.

Mis à jour hier à 23h27

Henri Ouellet-Vezina La Presse

Presse Pierre-André Normandin

“Quand on parle de gestion des maladies endémiques, cela signifie ne plus agir comme s’il s’agissait d’une urgence. Maintenant, nous devons trouver des moyens à long terme pour contrer cette maladie”, a déclaré l’épidémiologiste Nima Mashouf lors d’un entretien téléphonique.

Par exemple, elle recommande de “s’attaquer enfin à la qualité de l’air” dans les écoles pour éviter d’éventuelles nouvelles augmentations de la pollution à la rentrée. “Pour moi, la purification de l’air sera le grand héritage de COVID-19, tout comme la purification de l’eau et des eaux usées contre le choléra, par exemple. Il faut se concentrer là-dessus au Québec, on est en retard», insiste l’expert.

“Des mesures telles que le port du masque dans les transports en commun ou dans les espaces clos, si nécessaire, peuvent également être incluses dans ce plan à long terme. C’est une mesure permanente à laquelle nous pouvons facilement nous tenir », ajoute Mme Mashouf. Or, à ses yeux, les mesures permanentes ne sont “pas viables”. “Nous ne pouvons pas restreindre indéfiniment des personnes ou des secteurs de l’économie”, a-t-elle rappelé.

En attendant de trouver des vaccins adaptés, la meilleure solution selon moi est d’avoir ces quelques mesures pour au moins réduire la transmission, sachant qu’on vivra avec de toute façon.

Nima Mashouf, épidémiologiste

Au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), le virologue Benoit Barbeau abonde dans ce sens. “Cette vague a peut-être été contenue sans mesures agressives, mais il faut se rappeler qu’elle s’est produite en plein été. En bon Québécois, je pense qu’il ne faut pas en faire trop et garder à l’esprit que c’est un sérieux avertissement de ce qui nous attend », a-t-il déclaré.

« Nous avons eu moins de décès, mais le réseau de la santé a quand même été durement touché. Cela nous rappelle que nous sommes encore quelque peu à la merci de la COVID-19. Il ne faut pas avoir peur de prendre des mesures si nécessaire cet automne”, ajoute M. Barbeau, évoquant de possibles “complications” compte tenu des activités intérieures qui seront beaucoup plus nombreuses d’ici quelques mois.

Le Dr Matthew Otten, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général juif de Montréal, est d’accord. “Cela nous donne une idée de ce à quoi pourrait ressembler une vague de chute avec les options actuelles. Il faut quand même être très prudent, même si cette septième vague ressemble à un plateau », dit-il.

«Nous savons également que le pic ne signifie pas que la vague est terminée. Et les chiffres peuvent toujours nous surprendre. Je vais donc continuer à être trop prudent”, insiste Otten.

Les décès sont en hausse, les cas et les hospitalisations en baisse

Alors que le nombre de cas de COVID-19 au Québec semble diminuer, le nombre de morts continue d’augmenter. Les quatre nouveaux décès signalés lundi ont porté la moyenne quotidienne, calculée sur sept jours, à 16. Ainsi, la tendance est en hausse de 22 % en une semaine.

Les données sur les hospitalisations montrent une certaine stabilisation. En date de samedi, le Québec faisait état de 2 086 personnes hospitalisées, soit 2 de moins que la veille. La tendance est donc à la hausse de 11% en une semaine, mais montre des signes clairs de ralentissement. Parmi ceux-ci, cependant, 59 patients sont en soins intensifs, 5 de plus que vendredi.

Cependant, le nombre de personnes hospitalisées devrait continuer d’augmenter dans les prochains jours, les admissions dépassant les sorties. En moyenne, il y a 30 patients de plus par jour.

De leur côté, les 1 224 nouveaux cas signalés lundi au Québec ont porté la moyenne quotidienne à 1 825. La tendance est donc à la baisse de 5 % en une semaine. Il s’agit de la première baisse des cas signalés en près de deux mois, signe que le pic de la septième vague est peut-être passé.

En savoir plus

  • 11 000 Québécois administrent en moyenne 11 000 doses par jour. Il s’agit principalement de personnes âgées de 55 ans et plus qui viennent pour leur quatrième dose. À ce jour, 83,6 % des Québécois ont reçu deux doses, mais seulement 52,9 % en ont reçu trois et 16,5 % en ont reçu quatre.

    source : Ministère de la Santé et des Services sociaux