France

“Suffren”, premier sous-marin nucléaire français de nouvelle génération, entre en service actif

Un officier quitte le “Suffren”, le nouveau sous-marin pour une attaque nucléaire de la Marine nationale, sur la jetée du port de Toulon, le 6 novembre 2020 NICOLAS TUCAT / AFP

La France a officiellement mis en service, vendredi 3 juin, à Brest (Finistère), son premier sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de nouvelle génération. Baptisé Suffren, il est le premier d’une série de six SNA destinés à remplacer les sous-marins Rubis d’ici 2030, en service depuis 1980. Il permet à la France de faire un véritable saut militaire dans le domaine de la guerre sous-marine. A cette occasion, le nouveau ministre des Armées Sébastien Lecornu a fait le déplacement à Brest, où il a bénéficié d’une visite individuelle.

L’entrée en service actif d’un nouveau sous-marin est toujours au centre des préoccupations, mais celui de Suffren prend une importance particulière en raison du conflit ukrainien, alors que les tensions actuelles poussent la France à renforcer sa position en matière de dissuasion nucléaire. Le Suffren est un monstre technologique de près de 100 mètres de long, pesant 5 300 tonnes et fabriqué à Cherbourg (Manche) par Naval Group et TechnicAtome. Présenté comme plus rapide, plus discret et capable de naviguer plus longtemps, il est aussi plus armé que ses prédécesseurs. Il peut embarquer jusqu’à 20 torpilles et missiles – y compris des missiles anti-navires – le double de la charge transportée par Rubies. Le Suffren est aussi le premier sous-marin français à disposer de missiles de croisière, des missiles à longue portée, qui dans son cas peuvent atteindre des infrastructures terrestres situées à 1 000 km.

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Autre nouveauté : le « sas à air » pour les nageurs de combat. Ce petit hangar mobile permet aux nageurs de sortir plus facilement du sous-marin et de ne plus avoir à passer par le tube lance-torpilles. Dans ce sas, les baigneurs ont accès à un pousseur, ce qui facilite alors l’accès à la rive. Des capacités que d’autres pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni ont, mais que la France n’avait pas. Ainsi, ces équipements permettaient à Suffren d’effectuer des opérations avec des commandos que les équipages de sous-marins de la classe Rubis ne pouvaient pas se permettre.

Des fonds marins de plus en plus contestés

Un SNA comme Suffren englobe des opérations de reconnaissance et permet à la France de projeter une force, comme en 2021, lorsqu’un autre SNA a été envoyé dans l’Indo-Pacifique pendant sept mois. Suffren peut également protéger des bâtiments tels que le porte-avions Charles de Gaulle ou des sous-marins lanceurs d’engins balistiques (SNLE) emportant des missiles nucléaires. Avec la guerre en Ukraine, la France, pour la première fois depuis la crise des euromissiles (1977-1987), a porté à deux – voire trois selon les sources – le nombre de PLARB stationnés en permanence en mer pour assurer le nucléaire français. dissuasion.

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