Quarante-cinq ans après la fin de sa diffusion à Télé-Métropole, Symphorien revient, plus drôle que jamais, au Théâtre du Vieux-Terrebonne jusqu’au 14 août.
Dès l’ouverture du rideau, les téléspectateurs auront la surprise de retrouver un décor similaire à celui de la série mythique. La porte d’entrée ornée de vitraux colorés, l’escalier des chambres, la petite table ronde au milieu du hall et le salon avec lavabo sont identiques. On se croirait à la fin des années 70.
La nouvelle version, écrite par Pierre Huet et Louis Saia, reprend avec succès les codes installés par l’auteur original, Marcel Gamache, et se veut le 270ème épisode de la saga.
MARIO BEUREGARD/AGENCE QMI
On retrouve sur scène les personnages hauts en couleur habitant la maison de Madame Sylvain (Michel Labonte), où Symphorien (François Chenier) travaille comme portier, toujours entouré de son frère Ephrem (Martin Hérault).
Alors que le beau Dr Jetet prend sa retraite, Mademoiselle Lespérance (Natalie Malet) reste une vieille fille et désespère de trouver l’amour, même si Oscar Belmare (Patrice Coquero), le roi des pompes funèbres, la courtise toujours aussi assidument, malgré son dos. douleur.
Madame Sylvain, quant à elle, entretient une relation ambiguë avec le curé de Dolbeau, un ancien amour de jeunesse, tandis que la maussade Agathe Lamarre, belle-mère de Symphorien, s’installe à la maison avec son chat après une liposuccion des jambes. .
Comme dans la série, l’intrigue est mince et on reste dans le festival du jeu de mots simple et élémentaire, mais qui marche à tous les coups : « Vous avez de bonnes conditions de travail. Tu es payé si tu travailles ! », « On ne peut pas se permettre d’être pauvre » ou encore « Je boirai du lait quand les vaches mangeront du raisin » sont parmi les répliques mémorables de la soirée.
MARIO BEUREGARD/AGENCE QMI
L’intérêt de la production réside avant tout dans la performance exceptionnelle des acteurs qui ont pénétré l’essence même de la série originale. Nathalie Mallet incarne Mademoiselle Lespérance, plus libidineuse que jamais, avec un sens du timing parfait. Chaque apparition est délicieuse.
Patrice Coquero donne aussi une performance étonnante, tant dans le burlesque d’Oscar Belmare que face aux traits enjoués d’Agathe Lamar, à laquelle il donne un caractère encore plus caustique et vengeur.
Quant à François Chenier, il est tout simplement époustouflant dans sa ressemblance avec Gilles Latulip, qui incarnait ce personnage dans la série. Tout y est : sa démarche, son habitude de se balancer sur ses pieds, ses mains dans ses poches, ses gestes et sa façon de parler.
La mise en scène de Louis Saya et Pierre Seguin est efficace et sans temps mort, même si l’histoire s’éternise parfois un peu.
Les fans nostalgiques trouveront leur chemin. Les plus jeunes ou ceux qui n’ont pas connu la série seront éblouis par tant de talent.
La pièce de théâtre Symphorien est définitivement un incontournable de l’été.
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