Alors que le TGV 8593 quitte Paris-Montparnasse à 17h27, vers 22h30, un bruit sourd que tous les passagers ne perçoivent pas. Mais le train s’arrête. Il venait de percuter un arbre tombé sur les rails à cause du mauvais temps, entre Aussevielle et Poey-de-Lescar. Une longue attente commence pour les 308 passagers à bord, une nuit sur une galère.
“Au départ, le conducteur a déclaré qu’il devait vérifier son…
Alors que le TGV 8593 quitte Paris-Montparnasse à 17h27, vers 22h30, un bruit sourd que tous les passagers ne perçoivent pas. Mais le train s’arrête. Il venait de percuter un arbre tombé sur les rails à cause du mauvais temps, entre Aussevielle et Poey-de-Lescar. Une longue attente commence pour les 308 passagers à bord, une nuit sur une galère.
“Au début, le conducteur a montré qu’il devait vérifier sa locomotive pour voir si nous pouvions y aller. Mais très vite cette hypothèse a été rejetée et on nous a dit que des bus allaient être loués pour boucler le parcours », raconte un de nos journalistes, directement à bord.
Le TGV, au départ de Paris, a percuté un arbre posé sur les rails entre Aussevielle et Poey-de-Lescar.
Mathieu Wadeck
Puis les passagers assument patiemment leurs problèmes, l’ambiance est calme. Tout le monde a déjà vécu ces désagréments qui, on le sait, peuvent prendre plusieurs dizaines de minutes. Problème d’économie d’énergie, le climatiseur s’est éteint. “A un moment donné, les portes des wagons se sont ouvertes pour rafraîchir l’atmosphère. Mais il est interdit de marcher sur les pistes”, précise notre journaliste. La SNCF distribue de l’eau et appelle les gendarmes, militaires ou agents de voyages de la SNCF à se présenter pour aider à l’évacuation.
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Urgence TER
Finalement, ce ne sont pas les bus qui récupéreront ces sinistrés, mais un train de remplacement. Notre journaliste a appelé le bureau de la SNCF, qui a confirmé la manœuvre : envoyer un train dans le “sens inverse” pour rejoindre le TGV puis transférer les voyageurs. Mais surtout, il faut des autorisations d’évacuation et… trouver un chauffeur. Le TER d’urgence doit arriver à 13h30.
Mais à 2 h 19, les passagers n’avaient pas encore bougé. “Il y a un délai pour sécuriser le dispositif, mais nous ne connaissions pas la durée”, précise notre journaliste. Pendant ce temps, entre fatigue, résignation et agacement, on papote. “Et quand je pense que nous avons couru pour attraper ce train. Si on avait su, on aurait pris le bus », échangent deux jeunes Béarn, partis à Paris pour le match des Bleus. « Qu’est-ce qu’on attend pour sortir ? Nous n’avons pas peur de la tempête ! »
Car la météo au-dessus de leurs têtes n’est vraiment pas encore des plus favorables. Ce qui n’aide probablement pas.
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Enfin, un agent de la SNCF a déclaré que le train de remplacement était en route et qu’une femme enceinte et une personne à mobilité réduite, qui avaient été prises en charge par la Mort et les pompiers appelés, seraient évacuées en priorité. Sinon il n’y a pas de blessé
Évidemment, de nombreux passagers ne sont pas très loin de chez eux. Ils ont réussi à communiquer avec leurs proches et certains se sont même rendus au passage à niveau le plus proche, espérant les retrouver directement sans passer par la case de la gare de Pau. Ils ont tenté de convaincre la SNCF, en vain.
Certaines personnes lâchent prise au passage à niveau
“A 14h23, ces personnes ont été appelées à rejoindre la tête du train. Il semblait que l’attente pour eux était terminée », a déclaré notre confrère, qui doit rejoindre Tarbes.
A 02h52 l’évacuation vers le TER de secours.
Mathieu Wadeck
2h52 du matin : enfin l’évacuation. Les passagers marchent quelques mètres sur les rails pour embarquer dans le train de secours. “Les fonctions sont fatiguées, mais l’ambiance reste calme. Le TER, en revanche, me semble un peu juste pour accueillir tout le monde », estime notre confrère.
Une demi-heure plus tard, le train repart avant de s’arrêter au passage à niveau, où des proches attendent plusieurs galères locales. Puis route vers Pau.
“A bord, certains tentent de faire une micro-sieste, tandis que d’autres plaisantent sur leur accident. Si l’incident en lui-même n’est pas dû à la SNCF, le temps passé à bord pose des questions à de nombreux passagers”, estime notre journaliste.
Si le Béarnais arrive à destination à Gare vers 3h50 du matin, la croisade n’est pas terminée pour les Bigourdans. “Il y a un moment d’hésitation. Finalement, tout le monde descend et la fin du voyage se fera en bus. Mais les passagers sont agacés par les réponses vagues de la SNCF.
Il n’y a pas encore de bus pour Tarbes ! Les passagers sont en colère.
Mathieu Wadeck
Treize heures de voyage
Et ce n’est pas fini. Les bus arrivent… mais uniquement pour les personnes se rendant à Lourdes. La préfecture ne serait pas en mesure d’obtenir plus de bus. C’est en tout cas ce que l’agent SNCF avance face à la colère de Tarbais. Ces derniers se sont « promis » une à une heure et demie d’attente supplémentaire.
Encore une longue attente, cette fois à la gare de Poe.
Mathieu Wadeck
Il arrivera à… 5h43 du matin, après une longue “pause” à Poe Station. “Le soleil devrait bientôt se lever”, a plaisanté notre confrère, lui aussi dégoûté.
Finalement, ces passagers sont arrivés à Tarbes à 6h24, soit près de 13h après avoir quitté Paris. Nous ne doutons pas que leur parcours sera au moins rétabli…
Après presque 13 heures de voyage, Tarbais arrive à destination en bus.
Mathieu Wadeck
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