France

Tickets restaurant, aide carburant… L’Assemblée approuve plusieurs augmentations

via Associated Press Les gros titres des restaurants, les aides au carburant… L’Assemblée approuve plusieurs améliorations ce vendredi 22 juillet.

POLITIQUE – L’Assemblée nationale se lance ce vendredi 22 juillet dans une nouvelle course risquée, celle de l’examen du budget rectificatif, après déjà quatre jours et autant de nuits de débats houleux sur le projet de loi pro-pouvoir d’achat, voté en première lire tôt le matin.

“Notre assemblée est peut-être le bruit et la fureur”, mais “je propose qu’elle soit la lumière du mois d’août”, a songé en début d’après-midi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur le deuxième volet d’un paquet de mesures contre l’inflation galopante.

Le projet de loi de finances rectificative 2022 prévoit le maintien de la ristourne sur les carburants et du bouclier tarifaire de l’énergie, une revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires, le financement de l’OPA pour la renationalisation d’EDF et la suppression de la redevance audiovisuelle.

Assemblée divisée sur les profits excédentaires

Les échanges devraient se poursuivre jusqu’à samedi soir voire dimanche. Le gouvernement a déjà blanchi, au moins en partie, plusieurs entités. Alors que la pression monte, même majoritairement, pour taxer les “plus-values” des grands groupes, la pression s’exerce sur TotalEnergies et le géant maritime CMA CGM notamment.

Le premier a opportunément annoncé ce vendredi matin une remise à la pompe de 20 centimes le litre entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, puis de 10 centimes le litre le reste de l’année. CMA CGM va baisser ses tarifs de fret de 750 € par conteneur de 40 pieds (environ 67 m3) vers la France métropolitaine et les DOM-TOM.

“Il y a eu d’intenses négociations qui ont eu lieu”, a souligné Bruno Le Maire sur RMC/BFMTV, saluant ces gestes. La députée LREM Stella Dupont a également retiré son amendement, estimant que sa “vigilance” avait “payé”.

Mais la gauche et les membres de la majorité restent mécontents, estimant que le geste de Total est bien loin des “milliards” de profits excédentaires accumulés. Thierry Benoit (Groupe Horizons) a déclaré à l’assemblée qu’il “apprécie (a) le geste de Total” mais qu’il n’en est “pas content”.

Allocation de carburant

Plus ouvert aux propositions de la droite, le ministre accepte une augmentation des aides de l’État, qui s’élèvent actuellement à 18 centimes le litre de carburant. Le soutien LR devrait aboutir au vote de ce projet de budget sans compter sur les votes RN.

Les eurodéputés ont déjà approuvé vendredi une augmentation du plafond de défiscalisation des heures supplémentaires pour 2022, de 5 000 € à 7 500 €.

Ils ont également voté le doublement de l’abattement fiscal que les entreprises peuvent verser à leurs salariés pour couvrir leurs frais de carburant, faisant passer le plafond de 200 € à 400 €. Il est passé de 200 à 600 pour les DOM par un changement de députés du groupe d’opposition LIOT. Bruno Le Maire a confirmé qu’il sera possible de cumuler avec la gestion de l’abonnement des transports en commun.

Les eurodéputés ont également adopté un autre amendement à la LREM, qui vise à encourager une augmentation du “forfait mobilité durable” payé par les employeurs : le plafond du cumul avec les abonnements transports passera de 600 € à 800 €.

Augmenter le plafond des coupons alimentaires

Ils ont également approuvé une mesure favorable à la hausse des titres-restaurant, prévoyant la revalorisation des exonérations pour les employeurs. Le ministre de l’Economie a indiqué plus tôt dans la journée qu’il était favorable à l’augmentation du plafond journalier des titres alimentaires de 19 à 25 euros.

Dans le projet de loi “urgence” sur le pouvoir d’achat, les revalorisations des retraites et des prestations sociales, le relèvement du plafond de la “prime Macron” et encore, dans un rare moment d’harmonie, le découplage de l’allocation adulte handicapé.

Pour le vote général, obtenu par 341 voix contre 116 et 21 abstentions, le gouvernement a reçu le soutien des élus LR et RN, qui ont timidement salué quelques “avancées”, tandis que la gauche s’indignait d’un projet en forme de ” déclaration de guerre aux salaires ». Les socialistes se sont majoritairement abstenus, contrairement au reste des Nupes qui ont voté contre.

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