Un policier de 24 ans qui a ouvert le feu sur le Pont-Neuf à Paris dimanche 24 avril a été inculpé mercredi de meurtre avec préméditation. Les juges ont rejeté la légitime défense après la mort de deux hommes. Le casque bleu a ouvert le feu après avoir frappé et pris la fuite.
Un policier qui a ouvert le feu sur un véhicule dimanche soir 24 avril a été inculpé mercredi de “meurtre avec préméditation”. Le casque bleu de 24 ans a fait usage de son arme une dizaine de fois sur le Pont-Neuf à Paris, tuant deux passagers du véhicule et en blessant un troisième.
Qualifiant les faits de meurtre avec préméditation, les juges sont allés au-delà de la réquisition du parquet de Paris et n’ont pas maintenu la légitime défense au profit des Casques bleus. Comment expliquer ce choix, qui a provoqué la colère de plusieurs syndicats de police ?
La question de la proportionnalité de la réponse
Les juges fondent leur décision sur le concept de “réponse proportionnée” à une menace. L’article 453-1 du code de la sécurité intérieure dispose que l’usage d’une arme est autorisé « en cas d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique d’un policier ou d’une autre personne ou lorsque, après deux convocations, les agents s’estiment susceptibles de tuer ou de blesser les personnes visées ».
Selon les premiers éléments de l’enquête, les coups de feu auraient été provoqués par un refus d’obtempérer à un coup et une course du conducteur de la voiture. Le rapport d’intervention, rédigé par des agents de la City Security Company (CSC) – qu’ils ont pu consulter pendant 20 minutes – montre que le véhicule allait “foncer sur l’un des employés qui s’est éloigné pour l’éviter”.
Une position susceptible d’évoluer au cours de l’enquête
Le policier inculpé a alors tiré dix fois avec sa mitraillette. Cinq ou six cartouches ont atteint leur cible, tuant sur le coup le conducteur de 25 ans et blessant mortellement l’un des passagers.
Cependant, la question de la légitime défense n’a pas été définitivement résolue. Parallèlement à cette procédure de “meurtre avec préméditation”, la justice a ouvert une enquête pour “tentative de meurtre avec préméditation sur personne dépositaire de l’autorité publique”. Les enquêtes actuellement en cours par les enquêteurs pourraient modifier la position des magistrats.
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