France

“Tous les débordements sont autorisés”, s’inquiètent les habitants

C’est la première en 30 ans. Des policiers en poste sur l’île de Porquerolles, près d’Hyères, dans le Var, partiront dans la dernière navette, celle qui ramène les saisonniers en métropole après leur service. Il n’y aura alors plus de police pour assurer la sécurité des 4 500 personnes qui y passent la nuit.

Cette décision inquiète Jean Ridolfi, président de la Société de navigation de l’île de Porcaroli : « Le touriste arrive ici en se croyant sur une île permissive. Donc à partir de là tous les débordements sont autorisés. Les bars mettent la musique de plus en plus fort et ça se transforme en boîtes de nuit à ciel ouvert”, dénonce-t-il. Ce haut lieu touristique – 12,54 km2 – connu pour ses eaux turquoises bordées de plages et de pins a réussi à voir passer jusqu’à près de 12 000 visiteurs par jour.

« Nous n’aurons des renforts de la police nationale que jusqu’aux derniers bateaux, c’est-à-dire jusqu’à minuit. Mais notre expérience montre que les débordements et autres abus arrivent tôt le matin.”

Jean Ridolfi

chez franceinfo

La musique, les discussions bruyantes, l’alcool et parfois la drogue sont souvent à l’origine de tensions, voire de bagarres. Les cinq sapeurs-pompiers de garde pendant la nuit ont indiqué qu’ils n’interviendraient plus. “Nous sommes là, nous soutenons, nous travaillons. Mais c’est vrai que les conditions sur le plan humain restent difficiles”, confie l’un d’eux à franceinfo.

“Nos compétences sont d’aider tout le monde, d’aider les gens. Mais en aucun cas pour exercer des représailles, ou pour être en mesure de contrôler toute bagarre ou bagarre générale qui pourrait se produire.

La situation insulaire de Porquerolles complique leur tâche : « Les délais d’intervention des renforts sont allongés car nous sommes une île. C’est au moins une heure ou deux. Cette fois pendant le sauvetage, pendant la transfusion, c’est long”, regrette un militaire des pompiers.

S’il n’y a pas de police sur l’île, selon Jean-Pierre Guiran, maire de Hyères, la commune dont dépend Porquerol, c’est par manque de personnel. Il a appelé des renforts, mais en vain. La force est soutenue par 100 policiers du Home Office alors que la ville de 58 000 habitants se prépare à tripler sa population cet été.