Des employés d’une entreprise de nettoyage parcourent les plages des Îles-de-la-Madeleine avec un tracteur, avec des équipements de protection, une pelle et une fourchette à la main, pour ramasser des oiseaux morts, principalement des lapidaires nordiques.
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C’est la triste tâche des employés des Lavages Industriels Vigneau, une entreprise locale autorisée par le ministère de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique (MELCC), ces jours-ci.
Adele Arseno / AGENCE QMI
En moins de deux jours de travail, plus d’une centaine d’oiseaux ont été collectés, principalement des Ganedes du Nord.
Ainsi, une soixantaine de kilomètres seront nettoyés, dispersés sur les 17 plages les plus visitées.
Les différentes autorités ont mis du temps à s’entendre sur la façon de sortir les oiseaux des plages, alors les cadavres se sont entassés pendant plusieurs jours.
D’où la nécessité d’utiliser un équipement tel qu’un tracteur pour les enlever.
Adele Arseno / AGENCE QMI
Si à la mi-mai il y avait plusieurs dizaines de cadavres sur les plages des Îles-de-la-Madeleine, il y en a maintenant plusieurs centaines autour de l’archipel. Le ministère en comptait environ 300 deux semaines plus tard. Mais les biologistes et les insulaires pensent qu’il y a plus.
Premier cas
Ce sont les premiers cas de cette grippe aviaire virulente à être trouvés à Lachs au Canada, bien que cette souche de cette espèce spécifique ait été enregistrée pour la première fois en Irlande.
Adele Arseno / AGENCE QMI
Les citoyens ont été les premiers à informer les autorités des nombreuses carcasses d’oiseaux, explique le biologiste Arian Masse.
Cinq spécimens ont été analysés au Centre de santé de la faune de Québec, Saint-Hyacinthe, pour une autopsie complète. Après les tests génétiques et les tests sur écouvillon, tous les tests sont positifs pour le virus.
Fragilité
Jean-François Rail, biologiste au Service canadien de la faune, ministère fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, étudie les populations d’oiseaux marins depuis près de 30 ans.
Le balbuzard pêcheur est une espèce qui a du mal à trouver de la nourriture depuis dix ans, entre autres, lors de sa nidification, explique-t-il.
L’imposant oiseau, d’une envergure de deux mètres aux ailes déployées, se nourrit de poissons plus gros, comme le hareng et le maquereau, poissons devenus rares dans la baie du Saint-Laurent. Elles doivent donc de plus en plus parcourir plusieurs kilomètres pour apporter de la nourriture à leurs petits. Parfois, ils sont absents pendant quatre à cinq jours, ce qui compromet la survie des jeunes et le succès reproducteur de l’espèce.
Cependant, il n’est pas prêt de dire le lien entre les difficultés alimentaires et leur fragilité à succomber au virus. Pour l’instant, il a l’impression que certaines souches de grippe aviaire sont plus virulentes que d’autres.
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