France

Transition énergétique : une occasion manquée

L’urgence de la transition énergétique s’est à nouveau manifestée au niveau européen ce mardi 26 juillet avec l’adoption d’un objectif coordonné par les Vingt-sept de réduction de 15 % de leur consommation de gaz d’ici mars 2023. Cet accord vise à répondre à l’inévitable de réduire les approvisionnements en provenance de Russie. Il s’agit clairement d’un geste de solidarité, car tous les pays ne sont pas également dépendants du gaz russe. L’économie allemande est l’une de celles qui seraient les plus vulnérables à une pénurie. Mais compte tenu de son poids dans le commerce de l’UE, son affaiblissement aurait des conséquences importantes dans d’autres pays.

Dès lors, même si la Hongrie n’a pas signé l’accord, le principe d’une coordination des efforts à l’échelle européenne était essentiel tant politiquement pour s’opposer à Vladimir Poutine qu’économiquement pour limiter au maximum l’impact d’un arrêt total du gaz russe.

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La crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine doit être abordée comme une opportunité pour accélérer la transition énergétique qui, au-delà des impacts géopolitiques du conflit, est essentielle pour l’UE dans la lutte contre le réchauffement climatique. C’est cet objectif qui doit maintenant primer. La France, malheureusement, semble avoir du mal à s’en accommoder. Par crainte de perturber une croissance devenue très fragile, son gouvernement s’est tourné tardivement vers la sobriété, fixant un objectif de réduction de 10 % de la consommation d’énergie en deux ans. La Première ministre Elizabeth Bourne vient d’envoyer une circulaire aux administrations leur demandant de montrer l’exemple. Mais la plus grande partie de la bataille concerne les Français eux-mêmes, et rien dans leur état actuel ne les prépare à la révolution, nécessairement douloureuse, qu’ils auront à faire.

Des difficultés indéniables

Les débats tendus à l’Assemblée nationale autour des mesures de préservation du pouvoir d’achat et de leur financement en sont une illustration éclatante. Pour amortir l’impact de la flambée des prix des carburants et de l’essence, le gouvernement a développé des mesures ciblant les ménages les plus pauvres. Son objectif était de limiter le coût des subventions aux énergies fossiles à l’heure où toutes les politiques publiques doivent viser à économiser et à développer les énergies propres.

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Toutefois, le droit a été obtenu pour que le rabais, porté à 30 cents le litre d’essence, continue de s’appliquer à tous les consommateurs, peu importe leurs revenus, à la rentrée. Avec le soutien du RN et des Nupes, il a également voté, contre l’avis du gouvernement, un plan de sauvetage de 230 millions d’euros destiné à aider les ménages à faire le plein de carburant, quels que soient leurs revenus.

Après une campagne électorale presque entièrement axée sur le pouvoir d’achat, il est compréhensible que chaque groupe d’opposition soit incité à surenchérir sur la question. Les difficultés rencontrées par les ruraux sont indéniables, qu’ils soient actifs ou retraités, qu’ils tractent de grosses roues ou non. Tout comme les personnes à faible revenu qui ont besoin d’être aidées. Mais la transition écologique est une affaire trop sérieuse pour être ainsi négligée. Plus les subventions pétrolières perdureront, plus il sera difficile de modifier les modes de consommation. Dommage que, pour des raisons purement électorales, la représentation populaire ait fait semblant de l’ignorer, ratant l’occasion d’un moment pédagogique essentiel.

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