Les insultes ne sont pas rares dans la salle bleue.
Surtout en dehors du micro. Je vous entends dire : « Ah, quel jardin d’enfants ! »
Sans vouloir s’excuser auprès des parlementaires, discuter de questions de société réchauffe l’esprit, ça atteint les tripes, surtout dans le contexte des rapports de force entre partis.
Intérieurement, vous pouvez vous dire que si vous étiez en politique, cela ne vous serait pas arrivé ! Mais à vous voir nombreux “débattre” avec des insultes, dans ma boite mail et sur les réseaux sociaux, j’avoue que je suis sceptique.
Libre
Pourtant, l’insulte de François Lego au libéral Pierre Arcan hier était condamnable car déraisonnable.
On comprend pourquoi il a retiré ses propos puis s’est excusé publiquement.
« Il n’est pas mort, n’est-ce pas ? a plaisanté le premier ministre lorsque le député du Royal Royal devait prendre la parole.
Arkand n’avait pas encore accusé le gouvernement de trop dépenser en publicité santé (une question légitime posée plus tard).
Pierre Arcan n’est pas connu pour ses scandales ou ses coups de gueule blessants. Il semble avoir été vacciné contre ce type de propos lors de sa première entrevue en tant que candidat libéral en février 2007. Puis il a dérapé : Mario Dumont, selon lui, est « Jean-Marie Le Pen du Québec », hostile aux « communautés culturelles ». ” !
Il a depuis prouvé qu’il était un politicien aimable. (Un chef sortant, il avait même de meilleurs sondages que l’actuel chef libéral!)
gentilhomme
C’est donc un gentleman que le premier ministre a condamné sans raison; car il semble être sensible à l’âge.
Ses “explications” ont aggravé son cas. Il fallait bien comprendre, jura Lego, qu’il s’agissait d’une critique du chef libéral qui n’avait pas assez « utilisé » son collègue !
Certes, Pierre Arcand a été relevé de ses fonctions au sein du groupe après un voyage aux Bahamas en pleine vague Covid, fin 2020. Mais le premier ministre semble être en retard sur la nouvelle : dès mai 2021, M. Arcan revient au pouvoir dans l’ombre de l’opposition officielle et préside le caucus. Il a posé quelques questions dans le hall, encore récemment.
Domination
La mauvaise blague du premier ministre aurait semblé anodine si elle n’était pas survenue à un moment où l’on craint une possible domination quasi absolue de la CAQ, après le 3 octobre.
Avec environ 90 voire 100 députés, comment va-t-il se comporter ? Dès 2018, fort de sa “brillante victoire” de 74 députés (2 ajoutés depuis), François Lego multipliait les mises en garde à ses ouailles (et à lui-même) : “On peut être tenté de gouverner comme bon nous semble. »
Cette situation a forcé les élus de son parti à « s’élever au-dessus des considérations partisanes, dans le meilleur intérêt du Québec » et de ses « concitoyens ». Le travail, a-t-il insisté, doit être fait avec « humilité ».
Des principes qu’il juge bon de répéter le 12 avril, après la victoire partielle de Marie-Victorine : « C’est important de rester humble, c’est important de gagner chaque jour la confiance du peuple québécois. On ne gagne jamais éternellement, alors sans arrogance, on reste modeste. “C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là.
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