Une semaine où le pauvre cétacé s’échoue dans la Seine. La présence extraordinaire d’un béluga de quatre mètres et d’environ 800 kg dans le fleuve, à 70 km de Paris, suscite depuis un grand intérêt. Et ce au-delà des frontières françaises, avec un afflux de dons de fondations, d’associations et de particuliers pour tenter de sauver les cétacés.
Une opération de récupération de l’animal marin est prévue ce mardi soir, selon la préfecture de l’Eure, l’animal est coincé dans le bassin de la Seine à Saint-Pierre-la-Garenne. Un membre de l’équipe de Marineland à Antibes (Alpes-Maritimes), arrivé sur place lundi soir, a indiqué que l’opération serait “inhabituelle”.
Quel est ce béluga dans l’histoire de Sena ?
Mardi dernier, un animal marin, rapidement identifié comme un béluga, a été repéré dans la Seine, près d’une écluse, à environ 70 km de Paris. Il s’agit “d’une espèce de cétacé protégée, vivant normalement dans les eaux arctiques, subarctiques et dans l’embouchure du fleuve Saint-Laurent au Québec”, a indiqué la préfecture dans un communiqué. Dès le départ, l’état de santé des cétacés, qui semble avoir dérivé, a été jugé “préoccupant” par différents services comme les sapeurs-pompiers, la SNSM (sauveteurs en mer), l’Office français de la biodiversité (OFB), l’Office des cétacés du Cotentin Groupe de Recherche (Geec) et le laboratoire Pelagis. Le béluga montre “des changements de peau et est émacié”.
Comment le cétacé a-t-il été sauvé jusqu’à présent ?
L’urgence est alors “de la nourrir pour lui éviter le même sort que l’orque retrouvée morte de faim” dans la même rivière fin mai, a rapidement expliqué le président de l’association de conservation des océans Sea Shepherd. , Lamya Esemlali. “L’environnement n’est pas très accueillant pour le béluga, la Seine est très polluée et les cétacés sont extrêmement sensibles au bruit, mais la Seine est très bruyante avec sa navigation très importante”, a-t-elle ajouté.
La Préfecture de l’Eure a indiqué que « Sea Shepherd France a proposé (…) d’organiser des sauvetages et des tentatives de nourrissage » (harengs morts ou truites vivantes) et que « le Préfet de l’Eure (…) a décidé de soutenir et d’assurer ces actions dans le respect de la l’animal et ses besoins ». Pour autant, l’animal reste “très insaisissable”, “même si on essaie de l’approcher avec beaucoup d’attention, c’est difficile”, a souligné Gérard Mauger, vice-président du Geec. Les cétacés n’ont pas non plus répondu aux “tentatives de ciblage”, selon la préfecture, indiquant que “les services engagés seront désormais les plus intrusifs possibles” pour éviter le stress.
L’animal, qui refusait de manger, a finalement été isolé dans l’écluse de Notre Dame de la Garenne près de Vernon, à 70 km au nord-ouest de la capitale. “L’euthanasie du béluga est hors de question”, a déclaré Lamya Esemlali, alors que l’ouverture du sas était prévue pour qu’il puisse finir sa vie “comme quelqu’un de très malade”. Le tirage au sort était l’option retenue, il aura lieu ce mardi soir.
Pourquoi cette opération de sauvetage est-elle “extraordinaire” ?
Ce mardi, la préfecture de Yure a finalement annoncé une tentative de récupération du béluga. “Une opération de transport du béluga perdu dans la Seine sera tentée dans la soirée”, selon la préfecture qui pilote l’opération de sauvetage de l’animal, qui se déroule habituellement en eaux froides. L’opération s’annonce “extraordinaire”, selon Isabel Brasseur, membre de l’équipe de Marineland à Antibes (Alpes-Maritimes), arrivée sur place lundi soir. Dans ce cas, “l’insolite, c’est le lieu”, note-t-elle. Les berges de Seine sont “vraiment inaccessibles aux véhicules” à cet endroit et “tout doit être transporté à la main”.
Le béluga sera transporté par route vers un lieu non précisé. Pour le spécialiste, “la priorité est de le remettre en eau de mer”. L’animal doit ensuite être laissé plusieurs jours dans une écluse d’eau de mer, le temps du traitement, avant d’être sorti en mer pour être relâché.
Dans ces manipulations, “on s’assurera lors des différents examens qu’il n’y a pas de temps mort, de temps perdu (…) le vétérinaire procédera d’abord à un examen visuel, puis à un prélèvement sanguin, à un prélèvement d’haleine, etc. “, a précisé Isabel Brasseur. Interrogée sur la faisabilité d’une telle opération compte tenu de la taille et du poids du béluga, elle a indiqué que Marineland s’était occupé par le passé de la récupération et du transport d’animaux plus gros, comme un épaulard né à Antibes et transporté aux États-Unis.
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