Le Premier ministre britannique Boris Johnson le 7 septembre 2021. TOBY MELVILLE / AFP
Les démissions se poursuivent au sein du gouvernement britannique. Mercredi 6 juillet, au lendemain du départ retentissant des ministres de la Santé et des Finances, le secrétaire d’État à l’Enfance et à la Famille, le ministre des Normes scolaires et le secrétaire d’État adjoint aux Transports ont annoncé qu’ils quittaient un gouvernement qui affaibli Premier ministre Boris Johnson, empêtré dans une vague de scandales.
Le secrétaire d’État à l’Enfance et à la Famille, Will Queens, a estimé qu’il n’avait “pas le choix” après avoir répété “de bonne foi” aux médias des éléments fournis par le bureau du Premier ministre “qui se sont avérés inexacts”. La secrétaire d’État adjointe aux Transports, Laura Trott, a quant à elle démissionné, affirmant que la confiance avait été “perdue”. Le ministre responsable des normes scolaires, Robin Walker, a expliqué que sa décision découlait de son regret que le Parti conservateur ait été “détourné de sa mission principale par des questions persistantes sur son équipe dirigeante”.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Royaume-Uni : la pression sur Boris Johnson monte après une série de démissions dans son cabinet
Scandales à répétition
Mardi soir, les ministres de la Santé Sajid Javid et des Finances Rishi Sunak ont annoncé leurs démissions à quelques minutes d’intervalle, lassés des scandales à répétition qui secouent le gouvernement depuis des mois.
Ces démissions interviennent après que le Premier ministre vient de s’excuser d’avoir nommé Chris Pincher dans son gouvernement en février, whip en chef adjoint chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs. Ce dernier était accusé d’avoir attouché plusieurs hommes, une information dont Downing Street avait connaissance depuis 2019 mais que le Premier ministre a dit avoir “oubliée” en le nommant.
L’ancien secrétaire du Brexit, David Frost, qui a également démissionné en décembre, a déclaré que leur départ était justifié et a appelé Boris Johnson à démissionner avant que la situation ne s’aggrave. Des ministres qui lui sont fidèles ont confirmé leur soutien, comme Nadine Dorries, en charge de la culture. Il est parfois “facile de partir” mais “beaucoup plus difficile” de mettre en place des réformes dans le pays, a déclaré mercredi Nadhim Zahawi sur SkyNews.
“L’été du mécontentement”
Affaibli mais déterminé à rester, Boris Johnson défendra son poste à midi au Parlement (13h Paris) lors de la séance hebdomadaire des questions au Premier ministre, qui s’annonce électrique. Déjà considérablement affaibli par le scandale de Downing Street du parti pendant la pandémie, il a pourtant survécu à un vote de défiance de son propre camp il y a quelques semaines.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés ‘Partygate’ : Boris Johnson gagne la confiance des députés conservateurs mais manque de vote
Par ailleurs, le contexte économique est particulièrement délicat, avec une inflation au plus haut depuis quarante ans à 9,1% en mai sur douze mois. Après la grève historique des cheminots fin juin, les syndicats ont déjà appelé à un “été de la grogne”, et plusieurs professions – avocats, personnels de santé, enseignants – ont appelé à des mouvements sociaux.
Selon un sondage YouGov mardi soir, 69% des électeurs britanniques pensent que Boris Johnson devrait démissionner. Plus de la moitié (54 %) des électeurs conservateurs en 2019 pensent que le premier ministre devrait démissionner.
Lire aussi Article réservé à nos abonnés Un an de drift au 10 Downing Street
Le monde avec l’AFP
Add Comment