Le cancer du poumon est causé par l’exposition aux particules fines PM2,5, celles issues notamment des gaz d’échappement ou des incinérateurs de déchets. Si ce lien était établi depuis longtemps, des scientifiques britanniques ont compris comment la pollution de l’air provoquait le cancer dans le corps humain et ont présenté leurs résultats, samedi 10 septembre, lors du Congrès européen du cancer, qui se tient à Paris.
Ce cancer se développe autour d’un gène présent dans le corps humain, plus précisément une mutation du gène EGFR, décrypte le Dr Suzette Delaloge, oncologue à l’Institut du cancer Gustave Roussy à Villejuif : “Ce qu’ils démontrent, c’est que sur du tissu normal avec un EGFR mutation, que l’intervention des petites particules du polluant PM 2,5 va créer un micro-environnement, l’inflammation, qui va favoriser le cancer. Conceptuellement, c’est une démo assez simple, et nous avions encore peu à faire à ce niveau.”
Si les mécanismes sont déjà connus, il est intéressant de noter que tout le monde ne possède pas ce gène EGFR muté. “Plus nous vieillissons, plus nous avons de mutations, et nous en avons en fait beaucoup. Les mutations de l’EGFR sont présentes dans 30 % des poumons normaux si on fait des biopsies », explique le Dr Suzette Delaloghe. “C’est un peu une coïncidence qu’à un moment donné, vous allez avoir cette mutation et être exposé à des polluants.”
“Ainsi, par exemple, si vous n’avez jamais de mutation EGFR dans vos tissus normaux, vous ne développez pas de cancer lié à la pollution, même lorsque vous êtes exposé.”
Dr Suzette Delalogue, oncologue
chez franceinfo
Cette découverte ouvre des perspectives de recherche sur le cancer du poumon lié à la pollution. “On devrait être en mesure de bien mieux détecter ces cancers dans les années à venir”, ajoute le Dr Suzette Delaloghe. Les attraper signifie à la fois les trouver tôt et les traiter. Cela signifie que nous aurons en fait des médicaments qui empêcheront les polluants d’agir sur les poumons et préviendront potentiellement le cancer.”
L’étude ne dit pas combien de temps vous devez avoir été exposé à la pollution par les particules fines ni dans quelle proportion. Mais en Asie, où ces cancers du poumon se développent souvent chez des non-fumeurs fortement exposés à la pollution, ils débutent généralement chez des patients d’un peu moins de 50 ans.
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