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Un grand acteur du cinéma au bord du gouffre

Montréal Solution Highpoint, acteur majeur de l’industrie québécoise du cinéma et de l’événementiel, traverse en coulisses l’une des pires crises de son histoire, a appris Le Journal.

Suite à une demande de la Banque nationale (BN), le tribunal a ordonné en urgence la nomination d’un administrateur judiciaire, qui a depuis pris le contrôle de l’entreprise, limogé son PDG et mis en vente l’ensemble de ses actifs sociaux.

C’est ainsi que l’entreprise, fondée en 2007 par l’entrepreneur Jean-François Dubet, pourrait être liquidée en tout ou en partie d’ici quelques semaines par Raymond Chabot, la firme retenue dans ce dossier pour agir à titre de séquestre.

Situé dans le quartier Anjou de Montréal, Highpoint se spécialise dans la location et l’installation d’équipements de gréage pour les studios de cinéma et de télévision de la région de Montréal.

Les équipes de films et de séries (X-Men, Transformers, Three Pines, etc.) produites par Netflix, Sony et Amazon font souvent appel à ses services.

Plus récemment, elle a élargi sa gamme d’offres en louant des scènes et des infrastructures pour des événements majeurs, comme le Grand Prix de F1, le Festival de Jazz de Montréal ou le Festival d’été de Québec.

Créances irrécouvrables et comptabilité

En mars 2021, Highpoint a annoncé l’introduction dans son actionnariat du Fonds d’investissement pour la culture et les communications (FICC) – un fonds de capital-risque rare exclusivement dédié aux industries culturelles -, ainsi qu’un financement de 4,35 millions de BN.

Cette injection, comme il était écrit, devait lui permettre “d’acquérir de nouveaux équipements et d’offrir une gamme de services plus large aux productions locales et étrangères”. Apparemment, la suite ne se passe pas comme prévu. Dix-huit mois plus tard, la société serait aux prises avec des dettes d’environ 15 millions de dollars, dont plus de 11 millions de dollars dus à BN.

Inquiète, l’institution financière a affirmé devant la Haute Cour avoir également constaté des versements injustifiés – près de 900 000 $ – effectués à son insu, entraînant une détérioration importante et rapide des liquidités de l’entreprise.

Ainsi, sur les trois premiers mois de 2022, le fonds de roulement de l’entreprise a fondu de 2,3 millions de dollars, explique le rapport de l’administrateur judiciaire consulté par Le Journal.

De plus, ce dernier suggère directement que la direction a tenu une “fausse comptabilité” conduisant à induire le créancier en erreur quant à ses résultats financiers réels.

D’actionnaire à créancier

“Je trouve tout cela très malheureux. […] Parfois, il y a des choses que vous apprenez après coup », a répondu le directeur général du FICC, Robert Chartier, affirmant qu’il avait récemment démissionné d’un pieu.

“Nous faisons désormais partie des créanciers”, dit-il, refusant de divulguer l’ampleur des pertes anticipées.

Jean-François Dubet, évincé de la présidence (avec son vice-président aux finances, Claude Dubet), n’a pas répondu hier à notre demande d’interview. Il en va de même pour les représentants de Raymond Chabot.

Les investisseurs intéressés par tout ou partie des actifs de Highpoint ont jusqu’au 12 septembre pour se manifester. Si tout se passe comme prévu, tous ces actifs – y compris les contrats – trouveront des utilisateurs d’ici octobre.

SOLUTION POINTS FORTS

  • Fondé en 2007
  • Fondateur : Jean-François Dubet
  • Chiffre d’affaires : 12 millions de dollars en 2022
  • Parmi les actifs : 19 M$ en équipement de location, 3 M$ en roulottes, roulottes et matériel roulant
  • Entrepôts à Montréal, Laval et Québec