France

Un seuil “sûr et rigoureux” de 15 ng/m3 pour les émissions d’arsenic

Horne Foundry risque de devoir réduire significativement ses émissions d’arsenic suite à un avis de santé publique déposé mercredi, a confirmé le secrétaire à l’Environnement, sans avancer sur le nouveau seuil qui sera exigé.

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“La fonderie doit se conformer à ce qui sera exigé afin de ne pas compromettre la santé de la population”, a déclaré mercredi le ministre de l’Environnement Benoit Charette à sa sortie du conseil des ministres, précisant qu’il n’avait pas encore eu le temps de lire une annonce détaillée. sur la santé publique.

Elle recommande un seuil transitoire qui permettrait à la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda d’émettre 15 nanogrammes d’arsenic par mètre cube d’air (ng/m3), un chiffre qui demeure cinq fois supérieur à la norme québécoise. L’entreprise dispose actuellement d’un droit acquis qui lui permet d’émettre jusqu’à 100 ng/m3 par an.

“S’il s’agit d’une demande de santé publique, vous comprendrez avec la logique de ne pas compromettre la santé des personnes que ce sera une valeur de référence de notre côté”, a assuré Benoit Charette, qui n’a toutefois pas voulu confirmer que la norme fixée dans un nouveau certificat sera de 15 ng/m3.

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L’ajout d’une norme journalière, d’objectifs intermédiaires et de capteurs pour mesurer la qualité de l’air sont d’autres éléments qui sont “susceptibles d’être formalisés” dans la prochaine attestation gouvernementale, a ajouté le ministre, qui n’écarte toujours pas le scénario d’une fermeture de l’usine si elle ne répond pas aux exigences de l’État.

Le seuil de 15 ng/m3 proposé par la Santé publique est en fait une « norme temporaire » que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) propose de mettre en pratique « le plus rapidement possible » jusqu’à ce que la fonderie puisse atteindre la norme actuelle de Québec fixé à 3 ng/m3.

“C’est un seuil de sécurité serré et sérieux et nous sommes très confiants de le présenter ici sur le chemin qui devrait aller aux trois.” À ce niveau, nous aurons la protection attendue, souhaitée et nécessaire pour l’ensemble de la population», a déclaré le Dr Luc Boileau, directeur national de la santé publique du Québec, lors d’un point de presse mercredi. Il a également admis que la situation actuelle était “inacceptable”.

Dans un communiqué écrit, la direction de Fonderie Horne s’est dite mercredi « sensible » aux préoccupations des citoyens de Rouen-Noranda et « plus que jamais déterminée à minimiser […] empreinte gouvernementale » de la société.

Elle travaillerait actuellement sur un projet de “transformation majeure” qui permettra à la fonderie d’être plus efficace. Glencore prévoit également de dévoiler un plan d’action complet dans les prochains jours pour répondre aux préoccupations soulevées jusqu’à présent.

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Une limite temporaire de 15 ng/m3 quadruplerait la probabilité de développer un cancer du poumon dans la région, pour un risque de 3 cas pour 100 000 personnes pour 70 ans d’exposition.

« C’est la première étape à franchir. Atteindre la norme, qui se situe à 3 ng/m3, est toujours un objectif pour nous. Nous nous attendons à ce que ces niveaux que nous proposons soient pris en compte dans la poursuite des démarches que le gouvernement entreprend auprès de la fonderie », a insisté le Dr Boileau.

Le risque actuel est de 12,3 cas pour 100 000 personnes, alors qu’il serait de 2 pour 100 000 à une norme de 3 ng/m3.

Cette limite protégerait également les enfants des effets nocifs sur le développement, tandis qu’une concentration trop élevée d’arsenic pourrait faire chuter leur QI d’un point au cours de leur développement précoce.

Bien qu’aucun échéancier n’ait été fixé pour atteindre ce plafond temporaire ou atteindre la norme nationale, la Santé publique se contente d’affirmer que ces objectifs doivent être atteints “le plus rapidement possible”.

« Honnêtement, nous ne savons pas. Nous croyons qu’avec l’échange auquel nous sommes exposés entre le gouvernement et l’entreprise, un effort important, très coûteux et très complexe doit être fait pour réduire progressivement cela », a admis le Dr Boileau.

Cependant, il s’est dit “confiant” que cela pourrait être fait en des temps “urgents”, tout en reconnaissant que la situation ne pourrait pas changer en quelques semaines ou quelques mois.

Dans un document obtenu par Radio-Canada en juillet dernier, l’entreprise indiquait toutefois que d’ici 2027 elle pourrait au mieux atteindre un cap de 20 ng/m3, compte tenu de ses capacités technologiques et financières.

L’INSPQ n’a pas tenu compte des capacités de l’entreprise, mais a plutôt proposé son seuil d’impact sur la santé publique pour la protéger.

« Nous ne sommes ni métallurgistes ni ingénieurs. Nous reconnaissons qu’il y a des enjeux importants et nous comprenons que le gouvernement fait des efforts pour s’assurer que tout ce qui peut être fait sera fait », a déclaré le Dr Boileau.

Pour rappel, en juin dernier, Radio-Canada révélait qu’en 2019, le Dr Horacio Arruda, alors directeur national de la santé publique, avait empêché la diffusion de données sur le cancer du poumon, dont les risques seraient plus élevés à Rouen-Noranda. La fonderie Horne est largement tenue pour responsable de cette situation.