Orque dans la Seine, à Jumièges (Seine-Maritime), après s’être perdu dans le fleuve depuis la mer et avoir navigué du Havre à Rouen, le 26 mai 2022 JOHANNA GERON / REUTERS
Un épaulard perdu dans la Seine, la scène est pour le moins atypique. Repéré pour la première fois le 16 mai près du pont de Normandie, il est désormais en grande difficulté entre Le Havre et Rouen. Probablement malade ou blessé, son pronostic vital est engagé. « Elle est très faible et faible. Son corps est couvert de champignons. Mais il est resté stable ces derniers jours”, a déclaré Sophie Ponce, mammifère marin à l’Office français de la biodiversité (OFB).
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Pour venir en aide à l’animal et l’attirer à la mer, la préfecture de Seine-Maritime a organisé une opération de sauvetage prévue samedi matin 27 mai. “Il a été décidé de privilégier un mode d’intervention douce visant à assurer un suivi à distance de l’animal à l’aide d’un drone, coordonné avec une intervention visant à assurer la diffusion de stimuli sonores. [sons émis par une population d’orques] “, a-t-elle expliqué dans un communiqué. “On espère que cela lui enverra des signaux positifs pour descendre la Seine”, a déclaré Sophie Ponce. L’expérience est la première en France, mais a déjà réussi avec un groupe d’orques en Norvège.
Périmètre de protection
Des mesures ont déjà été prises mercredi pour surveiller l’orque, par ailleurs une espèce protégée. Un périmètre de sécurité a été créé avec un avertissement pour la navigation et une interdiction d’approcher l’animal jusqu’à 100 mètres pour les particuliers. Des opérations de surveillance sont également organisées en collaboration avec l’OFB et le Groupement de Recherche Cotentin (GECC).
Personne ne sait si l’opération réussira. “En Norvège, l’expérience a été réalisée sur un groupe moins éloigné de la mer et sur des animaux a priori en meilleure santé. Donc cela complique vraiment la manipulation et rien ne laisse présager de son dénouement”, a expliqué Sophie Ponce. Doué d’une certaine intelligence, l’orc en difficulté peut aussi comprendre le truc et ne pas être attiré par les signaux sonores.
“Un contact prolongé avec de l’eau douce peut causer des problèmes de peau, des infections, des ulcères”, a déclaré Agnes Bennett, MD
“C’est assez difficile d’intervenir car l’orque est un gros animal et la Seine est un espace à part”, poursuit Sophie Ponce. L’intervention doit être la plus douce possible afin de ne pas stresser l’animal. Le cétacé, probablement mâle, mesure entre 4 et 5 mètres et pèserait plus d’une tonne. La préfecture rappelle qu’il s’agit d’un “animal sauvage” à l’instinct grégaire qui pourrait “présenter un risque pour l’homme”.
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